Waver. 235. Slat. of Realm
2. Au Rcy ki serf il est. Stat. of Rcahn, i, -2-21. Proprium catallum nostruin. New itym/,, 51.
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l'approbation du roi. Leur seule occupation était de prêter de l'argent, soit sur des gages, que le propriétaire perdait s'il ne les rachetait dans l'espaco d'un an et un jour, ou a un intérêt, a certain taux par semaine , le plus élevé qu'ils pouvaient arracher à la détresse de l'emprunteur *. De cette manière ils faisaient d'énormes prolits : car les rentes et amendes des tenures féodales, les aides et tailles imposées par le gouvernement, et le besoin d'argent pour les expéditions de la Terre- Sain te , leur fournissaient des occasions de prêts, tandis que l'idée que les paroles de l'Ecriture interdisaient aux chrétiens d'exiger aucun intérêt les affranchissait de toute concurrence. Dans cette occupation favorite, ils reçurent toute espèce d'encouragement de la couronne. Le roi les prit comme ses serfs sous sa protection spéciale; il établit pour eux des bureaux où, dans des coffres a trois serrures, ils déposaient leurs billets et sûretés, leur argent, leur argenterie et leurs gages ; il les enleva à la juridiction des cours chrétiennes et de tous les tribunaux ordinaires, et les plaça sous la surintendance de trois ou quatre personnes appelées gardiens ( wardens), qui avaient pouvoir d'entendre et de décider toutes les causes dans lesquelles l'une des parties était juive, celle-ci plaidant au nom du roi, et devant un jury choisi en nombre égal dans les deux religions. De cet appui, qui ne lui coûtait rien, le roi so payait amplement par des amendes, des confiscations et des reliefs; par une capitation annuelle de trois pence sur tout juif, mâle ou femelle, de l'âge de douze ans ; par l'usage d'imposer des tailles sur le corps entier a volonté et à n'importe quel taux; par le droit fréquemment exercé d'exiger, de vendre ou de remettre, en considération d'un présent, l'argent dû à un juif, et par la facilité de lever, n'importe à quel moment, une somme considérable en transférant au prêteur les profils de la juiverie pour un certain nombre d'années. Cependant le soin de son propre intérêt apprit au roi en ces occasions à agir avec précaution. La source d'où on tirait tant de richesses pouva'it se tarir, et pour cette raison des commissaires étaient chargés de temps en temps d'ouvrir les coffres des chirographes , comme on les appelait, et de faire des inventaires de tous les billets et trésors des juifs, afin que le conseil pût s'assurer des charges qu'ils pouvaient supporter, et quelle portion de leurs profits le roi pouvait s'ap-
1. D'après l'amusant récit de Richard d'Anestv dans Palgrave, lxxxiv, il paraît qu'ils exigeaient de H à 3 et 4 d. par semaine pour livre, c'est-à-dire de 43 lj3 à 65 et 86 2/3 pour cent par aunée.
proprier en toute sûreté. Il semble n'être jamais venu à Vidée que, si un chrétien ne pouvait pas pratiquer lui-même l'usure, il ne devait pas l'encourager dans les autres a son profit ».
Quant a la masse du peuple, les juifs, dans toute cette époque, furent pour elle un objet d'exécration. Elle les regardait comme des hommes dont la principale étude était de réduire les familles à l'indigence par leurs extorsions, comme des démons qui se délectaient dans les souffrances des chrétiens, comme une race maudite qui, en persistant dans la religion de ses pères, professait son assentiment à leur grand crime. 11 circulait continuellement des récits de blasphèmes proférés, et de cruautés exercées par eux en dérision du culte chrétien. Aussi la protection du souverain ne les préservait pas toujours de l'insulte et de Toppression, et dans les temps d'émeute ou de sédition, beaucoup d'entre eux tombaient victimes de la fureur de leurs ennemis. Mais vers la fin du règne de Henri 111 , une nouvelle accusation contre eux fut présentée à l'attention du monarque, à savoir qu'en prêtant de l'argent sur garantie de rentes, ils étaient, dans beaucoup de cas, arrivés à posséder de la terre, au détriment des héritiers du tenancier et au grand préjudice de son seigneur. Comme remède, le roi arrêta [25 juillet 1272] que puisqu'ils étaient incapables de posséder des propriétés immobilières, h l'exception des maisons d'habitation et de leurs dépendances, ils rendraient les terres en question au propriétaire, sur le remboursement du prêt sans intérêt, ou que, s'il déclinait l'offre, il en traiterait avec quelque autre chrétien aux mêmes termes '2. Edouard, a son couronnement [1276], fut assailli de nouvelles plaintes de leurs ennemis. 11 consulta son parlement, et publia une ordonnance dans laquelle, après avoir reconnu les avantages que ses prédécesseurs avaient tirés des juifs, il leur défendait de prêter dorénavant de l'argent à intérêt, les exhortait a chercher leur existence par des moyens honnêtes et légitimes, et, dans ce but, leur permettait de travailler pour des maîtres chrétiens, d'acheter et de vendre toute espèce de marchandises sans payer de péage, et les autorisait à prendre des terres à bail pour tout terme qui n'excéderait pas dix ans. Mais il y en eut peu, s'il y en
1. J'ai recueilli ces détails de divers actes dans le New Rymer, 51, 95, 151, 152, 27?t, 293, 315, 337, 484, 503; des Statuts du Royaume, 221 , 222 : de Hoveden, 668, 745 ; et des Placita de ann. Reg. Henrici , filii Reg. Joannis, m° et iv\