Rym. xi, 6-8. Beckington's Journul, ih
5t2 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
deux royaumes. Le soin de conduire la négociation fut confié h William de la Pôle, comte de Suftolk, qui s'en chargea avec une répugnance réelle ou feinte. Il déclara qu'il se croyait au-dessous de sa tâche. Peut-être craignait-il le ressentiment de Gloucester, qui était opposé à la mesure ; peut-être était-il inquiet des menaces d'un acte du parlement, passé sous le règne de Henri V, qui punissait de mort tout homme qui concluerait une paix avec Charles, sans le consentement préalable des trois états des deux royaumes. Pour lui tranquilliser l'esprit, le roi signa et le parlement approuva un acte singulier, qui autorisait le comte à conduire le traité de son mieux, et lui pardonnait a l'avance toute erreur de jugement dans laquelle il pourrait tomber1. 11 eut une entrevue avec le duc d'Orléans h Tours [20 février IkliU] : on conclut une trêve, en attendant la paix, et on discuta à plusieurs reprises la question du mariage. Le négociateur français n'éleva aucune objection ; mais plusieurs difficultés alarmantes se présentèrent à l'esprit de l'Anglais. Le père de la princesse , malgré tous ses titres sonores, n'était qu'un pauvre en réalité. Ce roi nominal de Jérusalem et de Sicile ne possédait pas un pouce de terre dans ces deux pays; ses duchés du Maine et d'Anjou étaient, et depuis longtemps, au pouvoir des Anglais, et son territoire de Bar était engagé au duc de Bourgogne pour le payement de sa rançon. Suftolk consentit a prendre la princesse* sans dot. Mais on demanda si le roi d'Angleterre pouvait songer a épouser la fille, tandis qu'il tenait le père exilé de ses états patrimoniaux. Le comte sentit la force de l'objection ; mais il prévoyait le danger de les restituer. A la fin, il céda : on stipula que le Maine et l'Anjou seraient rendus; et, à son retour, il parvint à faire approuver sa conduite par la majorité du conseil. Dans une promotion générale de la haute noblesse, il fut créé marquis de Suffolk (r;28 oct.] ; et, revenant sur ses pas, il épousa solennellement, pour Henri, Marguerite dans la cathédrale de Nancy. Huit jours de joutes et de tournois attestèrent la joie de la cour [18 avril Charles escorta sa belle parente a quelques milles delà ville, et se sépara d'elle avec des larmes. Elle fut accompagnée de son père jusqu'à Bar-le-Duc. Elle débarqua à Porchester, épousa Henri à Titchfield, et fut couronnée à Westminster, avec le cérémonial d'usage2 [31 mai].
Si Henri s'était flatté que son mariage serait suivi de la paix,