‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 443 sur 563 · Rot. Pari v · texte numérisé non relu

Rot. Pari v

2. On dit qu'il fut accusé dans le conseil d'exécutions illégales , et de s'être injustement enrichi aux dépens de la couronne. Il parait, d'après un singulier instrument dans Rymer, qu'il avait été forcé de résigner quelques possessions en Bretagne; lesquelles furent immédiatement données à Jean de Foix, qui avait épousé une nièce de Suffolk : deux circonstances de nature à irriter un esprit fier et ambitieux. Rym. xi, 147, 22 août 1446.

3. Nous ne savons quelle preuve en avait le roi ; mais rien ne put lui persuader que son oncle fût innocent. Whethamstcde, 367.

HlSTOllU: D'ANGLETEKKt.

armes ; on mit sur pied les soldats de Suflblk ; on plaça des gardes nombreuses autour de la résidence du roi, et des patrouilles surveillèrent pendant la nuit toutes les routes qui menaient a la ville. Le duc de Gloucester quitta son château de Devizes, et fut présent à l'ouverture du parlement [10 février 1447]; le lendemain [11 février], il fut arrêté à son logis, comme accusé de haute trahison , par le lord Beaumont , connétable d'Angleterre ; et dix-sept jours après [28 février], on le trouva mort dans son lit, sans aucune marque extérieure de violence. On répandit le bruit qu'il était mort d'apoplexie ou de chagrin ; mais le soupçon général fut qu'il avait été secrètement assassiné1. Plusieurs chevaliers et écuyers a son service , la plupart gallois, s'étaient assemblés a Greenwich le jour même de son arrestation , et se proposaient de le rejoindre a Bury. Mais ils furent faits prisonniers, et cinq d'entre eux furent mis en jugement [8 juillet], et condamnés comme ayant formé le complot de délivrer dame Eléonore, de venir en armes au parlement, de tuer le roi et d'élever Gloucester au trône 2. Mais l'humanité de Henri ne permit pas leur supplice. Il avait été très-touché d'un sermon du docteur Worthington , célèbre prédicateur, sur le pardon des injures, et il déclara [14 juillet] qu'il ne pouvait mieux prouver sa reconnaissance de la protection que lui avait accordée le Tout-Puissant, qu'en pardonnant, d'après le précepte divin, aux personnes qui, à ce qu'il croyait, avaient comploté sa mort3. Dame Eléo-

1. Je penche à croire qu'il mourut de mort naturelle, sur l'autorité de Whethamstede, abbé de Saint-Alban's. Cet écrivain, qui avait reçu maint bienfait du duc, était fort attaché à sa mémoire, qu'il venge en toute occasion, et non moins prévenu contre ses ennemis, qu'il appelle « canes, scorpiones, impii susurrones, » p. 366. Et cependant, quoiqu'il écrivît lorsque le parti du roi était à terre, et qu'il n'avait par conséquent rien à craindre de son ressentiment, il avance à plusieurs reprises que le duc tomba malade immédiatement après son arrestation, et mourut de sa maladie. « Fecit eum arrestari, ponique in tam arta custodiâ, quod pr» tristitiâ decideret in lectum œgritudinis , et infra paucos dies posterius 6ecderet in fata, > p. 365. En conséquence il ne pouvait pas être en parfaite santé le soir qui précéda sa mort, comme le disent quelques écrivains. "Whethamstede dit encore: «Ce grand guerrier et second David, prœ tristitiâ modo deposuit arma sua, recessitque ad regionera illam, ubi pax est et tranquilla requies sine inquietudine ulla, » p. 360. Aussi Hardyng, 100.

a. Rym. xi, 178. Ellis, »■ sér. i, 108.

8. Ils furent néanmoins garrottés, puis détachés sur-le-champ, dépouillés et marqués pour être démembrés par le couteau de l'exécuteur. A ce moment, Suffolk leur annonça le pardon du roi. Stow, 386. Ce pardon toutefois a été représenté, sur de simples conjectures, comme un artifice de Suffolk pour diminuer l'odieux qu'il avait encouru par le meurtre de Gloucester. Mais il est bien connu que l'humanité de Henri abhorrait la peine infligée ordinairement pour trahison. Un jour voyant le quartier d'un cadavre de supplicié, exposé sur la Tour, il s'écria : « Retirez-le. C'est une honte de traiter si cruellement un chré-

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