CHAPITRE HUITIÈME. bi
de ses compagnons, et à livrer Talbot et plusieurs autres chevaliers en otage comme garantie de l'accomplissement fidèle de ses engagements [4 nov.] l.
Enfin le ministère anglais fit une faible tentative pour secourir le duc, qui avait fixé a Caen son quartier général; et sir Thomas Kyriel, ayant débarqué avec trois mille hommes [1er avril 1450], • et tire des garnisons voisines environ autant de soldats, s'avança pour rejoindre ce commandant. Mais près de Fourmigny,*il fut coupé par le comte de Clermont; et, après un combat de trois heures, ses troupes s'alarmèrent de l'arrivée d'une nouvelle armée sous les ordres du connétable de France. Quelques-uns trouvèrent leur salut dans la fuite : le reste, après une sanglante résistance, fut tué ou fait prisonnier. Comme c'étaifla première victoire qui, depuis bien des années, eût été remportée sur les Anglais en rase campagne, la nouvelle en fut habilement répandue dans toute la France, et fut reçue partout avec les plus vives acclamations de joie. Avranches, Bayeux, Valognes ouvrirent immédiatement leurs portes ; le duc fut assiégé dans la-ville de Caen, qui se rendit après qu'on y eut fait plusieurs brèches [5 juin] ; et on conclut une capitulation pour la citadelle, si elle n'était pas secourue dans un temps donné [i*T juillet]. Cherbourg restait seule aux Anglais : elle fut prise après un siège de courte durée [12 août] ; et dans l'espace d'un an et six jours, la Normandie, avec ses sept évêchéset cent forteresses, fut entièrement recouvrée par le monarque français 2.
Charles, toutefois, ne se contenta pas de la conquête de la Normandie ; aussitôt que Cherbourg se rendit, son armée se mit en marche vers la Guienne. Les habitants.étaient attachés par principe au descendant de leurs anciens ducs ; mais l'absence de secours et la menace d'un danger immédiat décidèrent les plus riches à se soumettre, comme le seul moyen de conserver leurs honneurs et leurs propriétés. L'Angleterre n'envoya pas un homme à la défense du duché ; on ne livra pas un combat pour expulser les envahisseurs ; pas un gouverneur ne dîsputa aux ennemis le dépôt qu'il avait en garde. Toutes les forteresses se rendirent l'une comme l'autre, dès qu'il se présenta une force respectable. Avant Noël tout le territoire des rives de la Dordogne était tombé au pouvoir de Charles ; au mois d'août suivant, la