CHAPITRE IWUVIÈM*:. tttf
divisant l'armée royale en trois corps, assiégea m même temps les trois forteresses, qui firent une brave et opiniâtre résistance4. Enfin Bamborough et Dustanburgh se rendirent [24 déc], a condition que leduc de Somerset, sir Ralph Percy et quelques autres, prêteraient serment de fidélité à Edouard, et recouvreraient leurs domaines et honneurs, et que le comte de Pembroke, le lord.Ross et le reste des deux garnisons, seraient conduits sains et saufe en Ecosse 2. Alnwick continuait de braver les assiégeants , et une armée de lancastriens s'avançait comme pour la secourir [5 janvier 1468]. Warwick rangea toutes ses forces pour les recevoir; mais le lord Hungerford , fils de Brézé , et quelques chevaliers s'étant frayés on chemin jusqu'à leurs amis dans une sortie, l'armée de Marguerite se retira , et la garnison , abandonnée de ses chefs, capitula. Edouard fut satisfait de la conduite de Somerset et de Percy en cette occasion. 11 révoqua leur condamnation du consentement du parlement, leur rendit leurs terres, accorda une pension à Somerset, et rétablit Percy dans la possession de Bamborough et de Dunstanburgh. Mais Alnwick fut donnée à sir John Ashley, au grand déplaisir de sir Ralph Grey, partisan des yorkistes, qui l'avait jadis conquise pour Edouard, ^t s'attendait à la posséder encore 3.
L'ardeur et l'activité de Marguerite l'exposèrent, durant cette campagne d'hiver, à des privations et des dangers nombreux. On dit qu'un jour qu'elle traversait secrètement à cheval, aveeson fils et le sénéchal, un canton sauvage et montagneux, ils furent surpris par une troupe de bandits qui les dépouilla de leur argent, de leurs joyaux et de tout ce qu'ils avaient de quelque valeur. Il est probable que la reine leur cacha sa qualité, autrement des captifs aussi distingués eussent été gardés avec plus de soin. Les brigands se querellèrent pour le partage du butin ; des menaces furent proférée^, et des épées tirées ; et alors Marguerite, profitant de l'occasion, saisit son fils par le bras, et s'enfonça dans le plus épais du bois. Elle n'était pas bien loin lorsqu'un autre voleur fit son apparition. La reine, avec l'intrépidité du désespoir, marcha à sa rencontre, et prenant le jeune Edouard parla main, «Ami, » dit-elle, « je confie à votre loyauté le fils de votre roi. »