‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 493 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

la maison de Lancaster, avait toujours favorisé les amis de Henri, mais qui maintenant, par des motifs de politique, recherchait une alliance avec Edouard comme protection contre son adversaire le roi de France. Warwick, qui était devenu a la cour de Bourgogne l'ennemi déterminé de Charles1, condamna ce projet et conseilla un mariage avec un des princes français [22 mars 1466]. A ses objections on opposa les avantages qui résulteraient de F alliance projetée, pour le roi en ce qu'elle lui ferait un ami de l'ennemi de sa famille, et pour la nation en ce qu'elle donnerait plus de facilité aux relations commerciales entre l'Angleterre et les Pays- Bas. Cependant Edouard, peut-être pour se délivrer d'un conseiller impérieux . chargea Warwick de traiter avec le roi de France [6 mai 1467], qui le reçut à Rouen avec tous les égards dus à un prince souverain, lui donna pour résidence la maison voisine de la sienne, et par une porte dérobée lui rendit en secret de fréquentes visites pendant l'espace de douze jours2. En Angleterre, quaud le parlement s'assembla, le chancelier ne fut pas présent, pour cause de maladie réelle ou feinte; mais Edouard, dont les soupçons avaient été éveillés par les conférences de Warwick et du roi de France, vint chez le prélat avec une suite nombreuse [8 juin], le requit de rendre les sceaux, et, en vertu d'un acte de reprise passé a cette époque, lui retira deux manoirs qu'il avait jadis obtenus de la couronne3. Vers le même temps [30 mai] arriva le bâtard de Bourgogne, ostensiblement pour se mesurer en lice avec le lord Scales, qui l'avait défié ; mais le soupçon public lui attribuait un but plus secret et plus important, la négociation du mariage projeté. Le tournoi eut lieu4 [11 juin] ; mais peu de jours après [15 juin] le duc de Bourgogne mourut, et le bâtard partit immédiatement avec sa suite [21 juin]. Warwick revint alors [1er juillet], amenant des ambassadeurs français dont la mission était d'empêcher l'alliance d'Edouard et de Charles. Leurs instructions étaient d'offrir au roi, de la part de Louis, une pension annuelle, et de consentir à ce que ses prétentions sur la Normandie et l'Aquitaine fussent remises à la décision du pape, qui serait tenu de rendre son jugement sous quatre années. Mais

1. Cont. Uist. Croyl. 551. Capitali odio prosecutus est homiaem illum, scilicet Carolum. Ibid.

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