‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 502 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

combien il était contre nature à lui de combattre son frère, et de soutenir la cause d'une famille dont la prospérité dépendait de la destruction de la sienne. Ces suggestions ne furent pas perdues pour un esprit déjà disposé à les recevoir ; et le duc trouva, dit-on, le moyen d'assurer a Edouard, que, lorsque l'occasion s'en offrirait, il se montrerait sujet loyal et parent affectionné *.

La conduite de ce prince, durant cet intervalle, est presque inexplicable. Si nous exceptons l'exécution de quelques-uns des partisans de Warwick et le bannissement de quelques autres, il ne prit aucune précaution pour détourner l'orage qui s'approchait, il ne fit aucun préparatif pour l'affronter. Son temps se passa en galanteries et en amusements ; les deux frères de Warwick rentrèrent en faveur; et l'un d'eux, le marquis Montague, fut honoré de la confiance royale 2. Dans de pareilles circonstances, nul autre que l'infatué monarque ne doutait du résultat, si Warwick effectuait un débarquement. Ce seigneur avait toujours été le favori du peuple, son exil l'en avait rendu l'idole ; il n'y avait de populaire dans les villes et les villages que les ballades qui retentissaient de ses louanges ; et chaque spectacle ou exposition publique faisait allusion à ses vertus et à ses malheurs. Mais si Edouard était indolent, son beau-frère, le duc de Bourgogne, était actif. Il envoya des émissaires à Calais pour surveiller la conduite de Vauclerc; se plaignit au parlement de Paris de la réception qu'on avait faite a son ennemi ; chercha par des menaces et des préparatifs de guerre à intimider Louis ; saisit toutes les marchandises françaises sur son territoire comme indemnité des prises faites par Warwick ; et envoya une puissante escadre bloquer l'embouchure de la Seine. Mais une tempête dispersa les vaisseaux bourguignons ; et le lendemain matin, les exilés, sous la protection d'une flotte française, levèrent l'ancre, et traversant la Manche, débarquèrent sans opposition à Plymouth et a Dartraouth3 [13 sept.].

L'imprudent Edouard avait été attiré jusqu'à York par l'artifice du lord Fitzhugh, beau-frère de Warwick, qui feignit d'cx-

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