‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 506 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

l'engagea à imiter la dissimulation et le parjure do ce monarque. Il produisit un prétendu sauf-conduit du comte de Northumberland, protesta qu'il ne venait pas réclamer le trône, mais l'héritage de feu son père, le duc d'York, porta a son bonnet une plume d'autruche, emblème d'Edouard, prince lancastrien de Galles, et ordonna aux siens de crier « Vive le roi Henri ! » dans chaque village et ville par où ils passeraient. Aux portes d'York, et ensuite a l'autel de la cathédrale, il fut forcé d'abjurer sous serment, en présence de la commune et du clergé , toutes ses prétentions à la couronne [18 mars]. Une telle réception n'était pas faite pour flatter ses espérances ; mais il jouait sa vie sur le résultat : il résolut de pousser en avant , et la hardiesse et la décision qui distinguèrent sa conduite, et qui contrastaient avec l'inactivité, la timidité et l'irrésolution de ses adversaires, justifient le soupçon qu'il avait des ressources et était encouragé par des promesses que nous ignorons. A Pontefract était le marquis Montague, avec une armée suffisamment nombreuse pour écraser les envahisseurs. Une courte correspondance s'établit entre Edouard et ce commandant. Le premier passa à quatre milles du quartier général de son adversaire [20 mars], et pas une épée ne fut tirée pour empêcher ou retarder sa marche. Mais le ruisseau, dans son cours , se grossissait des tributs de torrents sans nombre : à Nottingham , l'exilé se vit à la tête de plusieurs milliers d'hommes, et dans ses proclamations il prit le titre de roi, et somma tout sujet loyal d'accourir au secours de son souverain. Garence jeta aussi le masque. 11 avait levé un corps nombreux d'hommes en vertu d'une commission de Henri ; il leur ordonna de porter la rose blanche sur leur gorgerin l, et rejoignit son frère près de Coventry, où les comtes de Warwick et d'Oxford avaient concentré leurs forces. La bataille et la réconciliation qu'offrait Edouard furent obstinément refusées , et les yorkisles se dirigèrent en diligence sur la capitale , qui avait été confiée aux soins de l'archevêque. Ce prélat commençait déjà à chanceler. Le matin [11 avril] , il conduisit Henri , décoré des insignes de la royauté, dans les rues de la cité : l'après-midi, il ordonna à l'assesseur Urswick d'admettre Edouard dans les murs par une poterne. Il fut allégué à sa justiûcation que le parti de la maison d'York avait pris le dessus parmi les citoyens ; que les plus riches marchands étaient créanciers d'Edouard ; que son affabilité et ses 0

Page 1