‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 507 sur 563 · Fenn, n · texte numérisé non relu

Fenn, n

gracieuses manières lui avaient fait beaucoup d'amis, et que les sanctuaires contenaient deux mille de ses adhérents , prêts , au premier signal, à tirer Tépée en sa faveur. Quoi qu'il en soit,

I archevêque s'assura du pardon pour lui-même, et ruina la cause de ses frères 1 . Warwick et Montague suivirent leur adversaire, espérantle trouver campé devant la capitale; mais Edouard, craignant les lancastriens qui étaient au dedans des murs , la quitta immédiatement [13 avril], et emmenant Henri, il s'avança jusqu'à Barnet à leur rencontre. Clarence, qui éprouvait quelques remords du rôle qu'il avait joué, envoya offrir ses services comme médiateur entre son beau-père et son frère. « Allez dire à votre maître , répliqua le comte indigné , que Warwick , fidèle à sa parole, est un homme meilleur que le faux et parjure Clarence. »

II en avait appelé à son épée : il ne voulut admettre aucun autre arbitre entre lui et ses ennemis2.

Ce fut le soir de la veille de Pâques que les deux armées se trouvèrent en présence : avant le lever du soleil, le lendemain, leurs chefs les avaient rangées en bataille [i/i avril]. L'action fut plus remarquable par ?cs conséquences pour les partis rivaux que par le nombre des morts ou l'opiniâtreté des combattants ; mais ce serait prendre une peine inutile que de vouloir la décrire d'après les relations incomplètes et contradictoires qui nous sont parvenues. On convient qu'elle dura six heures; que l'aile gauche des yorkistes fut mise en fuite, et que la nouvelle de leur défaite totale fut portée à leurs amis dans la capitale. Le sort de la journée, s'il faut en croire quelques écrivains, changea quand Edouard fit avancer sa réserve; suivant d'autres, par suite d'une fatale méprise du comte de Warwick, dont les gens chargèrent ceui du comte d'Oxford, les prenant pour les ennemis, et les forcèrent de crier à la trahison et de s'enfuir du champ de bataille*. Warwick fut tué, soit en combattant dans la mêlée , soit en essayant de se

1. « Il était double (à ce qu'on suppose ) envers le roi Henri, et le tint à Londres, quand il aurait voulu être à Westminster. Il avait des lettres du roi Edouard, pour tenir Henri hors de sanctuaire. » Lel. Coll. n, 508. Il jura allégeance à Edouard sur l'hostie le matin avant que le roi quittât Londres pour Barnet. Rym. xi, JW- Cependant il fut enfermé quelques jours à la Tour, ou pour cacher sa trahison, ou par méfiance. Fènn, n, 64. Son pardon comprend toutes les offenses commises avant la veille de Pâques. Rym. xi, 709.

i. Cont. Croyl. 554. Speed, 881. Commines, ni, 7.

3. Les soldats des différents partis se distinguaient par les emblèmes de leurs chefs, qu'ils portaient sur la poitrine et sur le dos. Ce jour-là, Edouard avait choisi pour son emblème un soleil avec des rayons , et Oxford une étoile avec des rayons. 11 était aisé de prendre l'un pour l'autre. Lcl. Coll. u, 504.

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