Lel. Coll. il
2. Il est question de la mort de Henri dans deux écrivains contemporains, l'historien de Croyland , et celui qui narre la manière dont Edouard recourra la couronne (Harl. Mss. 543), tous deux au service d'Edouard, l'un étant doc» teur en droit canon et membre de son conseil, l'autre une personne qui avait
dynastie suivante, non-seulement proclament le meurtre, mais attribuent ce forfait aux avis, sinon au poignard du plus jeune des frères du roi, Richard, duc de Gloucester *. De Saint-Paul, le corps de Henri fut transporté par eau à Chertsey, pour être enterré, sous une escorte de soldats appartenant à la garnison de (lalais2. Les amis de la maison de Lancaster vénérèrent le monarque défunt comme un martyr. Le bruit courut bientôt qu'il s'était opéré des miracles sur sa tombe, et Richard III, redoutant l'impression que ce bruit pourrait faire sur l'esprit public, fit porter ses os de Chertsey à Windsor. Henri VII les plaça ou eut l'intention de les placer dans les tombeaux de ses ancêtres, à l'abbaye de Westminster 3.
Avant de continuer le règne d'Edouard, il ne sera peut-ôlre pas hors de propos de tracer l'histoire des partisans encore vivants de Henri. — 1 . Marguerite fut enfermée d'abord à la Tour, puis à Windsor, et enfin h Wallingford, avec une allocation de cinq
vu une grande partie de ce qu'elle avance , « et qui savait le reste par la relation sincère de ceux qui étaient présents. » Or le premier emploie des termes qui non-seulement prouvent sa conviction que Henri fut assassiné , mais il semble donner* à entendre que ce meurtre fut ordonné, sinon commis par un des frères. « Parcat deus, et spatium pœnitentiaa ei donet, quicumque ta m sacrilegas m a nus in Christum domini ausus est immittere : undè et agens iyranni, patiensque gloriosi martyris titulum mereatur. » Con. Croyl. 556. L'autre dit simplement, ce qu'avaient dit les amis d'Edouard, que Henri mourut de « pur déplaisir et mélancolie. » Mais ce qui lui ôte du crédit, c'est qu'il parait dans d'autres cas avoir supprimé ou déguisé des faits nui compromettaient gravement la réputation de son patron, particulièrement le parjure d'Edouard à York et l'assassiifat du prince après la bataille de Tewksbury.
1. M. Laing , dans sa dissertation à la fin de Y Histoire de Henri (xn, 393), entreprend d'absoudre Richard du meurtre de Henri , en donnant pour raison qu'il ne mourut pas à l'époque qu'on assigne, mais beaucoup plus tard. La preuve est que, comme Malone le fait observer (Shakspeare, xi, 653), « il appert à la première inspection des comptes publics alloués à l'échiquier pour l'entretien de Henri VI et de ses nombreux serviteurs dans la Tour, qu'il vécut jusqu'au 12 juin, vingt-deux jours après l'époque assignée pour son prétendu assassinat. » Ces comptes se trouvent dans Rym. xi, 719. Mais ils ne fournissent aucune preuve que Henri vécut jusqu'au 12 juin. La dernière date de dépense particulière est celle de William Sayer pour l'entretien de Henri et de dix gardes pendant quinze jours, commençant le 11 mai, et comme de raison finissant le jour où l'on dit que le roi tut enterré. L'erreur vient de ce que Malone a
{>ris le jour du mois où les comptes furent alloués à l'échiquier, pour le jour où es dépenses cessèrent : ce qui est si loin d'être le cas, que ce compte appartient même à une année différente à 1472 et non à 1471 ; comme il parait d'après les deux comptes suivants, qui, bien qu'alloués le 24 juin, se rapportent aux dépenses de septembre et d'octobre de 1471. Voyez-les dans Rym. xi, 713, 714.