‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 528 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

les lords et les communes, au lieu de lutter, comme leurs prédécesseurs, pour raffermissement de leurs droits et l'abolition des abus, firent leur principale étude de se conformer au bon plaisir du roi *. Il était aussi soupçonneux que cruel. Tous les officiers du gouvernement, tous les intendants de ses manoirs et de ses fermes, étaient occupés à espionner la conduite de ceux qui les entouraient ; ils faisaient régulièrement au roi des rapports sur l'état de leur voisinage, et telle était la fidélité de sa mémoire, qu'il était difficile de faire mention d'un individu de quelque importance, môme dans les comtés les plus éloignés, dont il ne connût pas exactement le caractère l'histoire et l'influence2. Aussi, tout projet d'opposition à son gouvernement était presque aussitôt réprimé que formé, et Edouard aurait pu se promettre un règne long et prospère, si des excès continuels n'eussent énervé sa constitution et semé les germes de la maladie qui le mit au tombeau dans la quarante-unième année de son âge. Il futenterré avec la pompe accoutumée dans la nouvelle chapelle de Windsor 3.

Le roi laissa deux fils, Edouard, âgé de douze ans, qui lui succéda, et Richard, âgé de onze ans, duc d'York et comte maréchal. Ce jeune prince avait été marié, dans sa cinquième année, à Anne, fille et héritière de John Mowbray, duc de Norfolk, et acquit ainsi des droits aux biens immenses de ce seigneur. Cinq des tilles d'Edouard lui survécurent. Quatre d'entre elles, qu'il s était donné tant de peine pour placer sur des trônes étrangers, trouvèrent des maris en Angleterre. Elisabeth, fiancée au dauphin, épousa Henri VII; Cécile, destinée au prince d'Ecosse, le vicomte Welles; Anne, qui avait été promise a Philippe de Bourgogne, Thomas Howard, duc de Norfolk; et Catherine, la future de l'infant d'Espagne, William Courtenay, comte de Devon. Bridget ou Brigitte se fit religieuse au couvent de Dartford.

1. On chercherait en vain sur les rôles des pétitions semblables à celles que les communes présentèrent au trône sous les règnes précédents ; mais il se fit une amélioration durable, celle de rédiger les pétitions sous la forme d'un acte du parlement : amélioration qui empèchu de taire aux statuts aucune des altérations dont les communes se plaignaient anciennement.* Les clercs n'avaient, plus qu'à copier les termes de la pétition, et à y ajouter que le roi avait donné son assentiment.

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