‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 539 sur 563 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

d'Angleterre. » Ensuite on cite la condamnation du duc de Clarence, par laquelle ses enfants furent exclus de la succession ; et de la on infère que le protecteur est le plus proche héritier de Richard, dernier duc d'York. « Et là-dessus, continue la pétition, nous désirons, prions et requérons humblement votre noble grâce, conformément à cette élection faite par nous, les trois états de votre terre, comme par votre véritable héritage, d'accepter et de prendre sur vous ladite couronne et dignité royale, avec toutes les choses y annexées et appartenantes, comme vous revenant de droit, aussi bien par héritage que par élection légale *.

Le protecteur eut soin de ne pas contester la vérité de ces assertions. Mais il répondit avec modestie qu'il n'était point ambitieux ; que la royauté n'avait pour lui aucun charme ; qu'il était très-attaché aux enfants de son frère, et résolu à conserver la couronne, afin qu'elle pût orner le front de son neveu. « Monsieur, repartit le duc de Buckingham, le peuple libre de l'Angleterre ne pliera jamais sous la loi d'un bâtard, et si l'héritier légitime refuse le sceptre, nous savons oîi trouver qui l'acceptera avec joie. » A ces mots, Richard feignit de réfléchir ; et après un court silence, il répliqua « qu'il était de son devoir d'obéir a la voix de son peuple ; que, puisqu'il était l'héritier légitime et avait été choisi par les trois états, il accédait a leur pétition, et prendrait sur lui, à dater de ce jour, la dignité royale, la prééminence et la régie des deux nobles royaumes d'Angleterre et de France ; l'un a dater de ce jour pour le gouverner par lui et ses héritiers, l'autre pour le reprendre et le soumettre par la grâce de Dieu et leur bon secours 2. »

Ainsi finit cette scène d'hypocrisie. Le lendemain [26 juin], Richard se rendit en cérémonie à Westminster, et prit possession de son prétendu héritage, en se plaçant sur le siège de marbre dans la grande salle, ayant à sa droite le lord Howard, depuis duc de Norfolk, et le duc de Suffolk à sa gauche. Il exposa aux assistants qu'il avait voulu commencer son règne en ce lieu,

1. Bot. Pari, vi, 240, 241. Cont. Croyl. 567. Mais a-t-il jamais existé une dame Eleanor Butteler, fille du vieux comte de Shrewsbury? On sait si neu de chose d'elle, que son existence a été mise en question. Cependant lord Snrcwsbury a en sa possession une généalogie enluminée par Glover en 1580, où elle est nommée comme l'ainec d'un second mariage du premier comte ( avec une fille de Beauchamp, comte de Wanvick), et comme femme de sir Thomas Butler, lord Sudeley. Si cette généalogie est exacte, il devait y avoir une différence de quinze années au moins, et probablement davantage, entre son Age et celui d'Edouard.

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