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b?4 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
fut encore plus malheureux. De Brecon, il avail marché à travers la foret de Deaoe jusqu'à la Sevein ; mais les ponts étaient rompus, et la rivière tellement grossie , que les gués n'étaient plus praticables. 11 revint vers Weobley, résidence du lord Ferrers; mais les Gallois qui l'avaient suivi se débandèrent, et la nouvelle de leur désertion engagea les autres corps d'insurgés à pourvoir à leur propre sûreté. Ainsi le roi triompha sans tirer l'épce. Weobley fut surveillé de près, d'un côté par sir Humphrey Stafford , de l'autre par le clan des Vaughan , qui, pour leur récompense , avaient reçu la promesse du pillage de Brecon. Morton se sauva sous un déguisement dans l'île d'Ely, et de là passa sur la côte de Flandre ; le duc , vêtu de môme , atteignit la cabane de Banisler, un de ses serviteurs, dans le Shropshire, où il fut trahi par la perfidie de son hôte. S'il espéra son pardon en considération de ses anciens services, il s'était mépris sur le caractère de Richard. Ce prince avait déjà atteint Salisbury avec son armée : il refusa de voir le prisonnier, et ordonna de lui trancher immédiatement la tête sur la place du marché [2 nov.]. De Salisbury, il se rendit dans le Devonshire. Les insurgés se dispersèrent : le marquis de Dorset et Courtenay, évêque d'Exeter, traversèrent la Manche , et abordèrent en Bretagne ; les autres trouvèrent un refuge dans la fidélité de leurs voisins et le respect qu'on avait encore pour les sanctuaires. Au nombre des prisonniers se trouvait Saint-Léger, chevalier qui avait épousé la duchesse d'Exeter, sœur de Richard. Mais ce fut en vain qu'on fit valoir cette parenté en sa faveur, et qu'on offrit pour sa rançon une forte somme. Par ordre du roi, il fut exécuté avec les autres à Exeter *.
Quand le vainqueur eut traversé les comtés du sud , et puni par des exécutions multipliées ceux de ses ennemis qui étaient tombés dans ses mains, il revint dans la capitale, et convoqua un parlement. Cette assemblée, comme celles du dernier règne en pareilles circonstances, prouva sa loyauté par son empressement à aller au-devant de tous les désirs du monarque *. [11 nov.] Elle adopta et confirma la célèbre pétition présentée à Richard pendant son protectorat ; le déclara « incontestable roi de ce royaume d'Angleterre, aussi bien par droit de consanguinité et d'hérédité que par légale élection, consécration et couronnement, » et elle assura la couronne à sa postérité directe , particulièrement a son