‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 547 sur 563 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

fils Edouard, prince de Galles, dont les lords spirituels et temporels s'engagèrent à appuyer la succession. Puis suivit un bill de condamnation qui , toute commune qu'était celte mesure dans ces temps de troubles, fut , dit-on , sévère et étendu au delà de tout précédent. Un duc, un marquis, trois comtes, trois évêques, avec beaucoup de chevaliers et de gentilshommes, furent privés de leurs domaines , honneurs et droits. Les confiscations furent employées, partie a augmenter le revenu de la couronne, partie à rémunérer les partisans du roi au nord, qui furent ainsi transplantés dans les comtés du sud, et convertis en espions des mauvaises dispositions de leurs voisins. Au nombre des condamnés était la comtesse de Richmond. Mais on lui fit grâce du supplice , à l'intercession de son mari, le lord Stanley, qui avait convaincu Richard de sa propre loyauté, et qui, sur sa promesse de surveiller la conduite de sa femme, fut autorisé a conserver, sa vie durant, les domaines qu'elle possédait i.

Comme le mariage d'Edouard IV et d'Elisabeth Grey avait été déclaré nul par l'approbation donnée à la pétition présentée au château de Baynard, leur fils fut officiellement appelé « Edouard le bâtard, anciennement nommé Edouard V ; » sa mère fut désignée sous le nom d'Elisabeth, ancienne femme de sir John Grey, et on annula les lettres patentes par lesquelles elle avait droit à son douaire comme reine d'Angleterre 2. Cependant le roi était toujours sérieusement alarmé à l'idée d'un mariage entre le jeune comte de Richmond et L'aînée des filles d'Elisabeth. A la dernière fête de Noël, il avait été tenu une réunion à Redon en Bretagne, où Henri avait solennellement juré de l'épouser aussitôt qu'il aurait triomphé de l'usurpateur, et les exilés, au nombre de cinq cents, lui avaient, à cette condition, prorais fidélité et fait hommage comme à leur souverain.- Ce n'était pas que Henri eût par lui-môme à faire valoir aucun droit à la couronne. Du côte de son père, il descendait d'Owen Tudor et de Catherine, veuve de Henri V ; du côté de sa mère , de John Beaufort, comte de Somerset, fils naturel de Jean de Gand et de Catherine Swynford. Somerset, il est vrai, avait été légitimé ; mais le lecteur sait qu'un acte du parlement l'avait expressément exclu, lui et sa postérité, de la succession a la couronne. 11 existait encore en Espagne et en Portugal des princes et des princesses de la maison de Lancaster ;

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