CHAPITRE ONZIÈME. fttt
assassinats, massacres, vols, exhéréda lions, qui eussent jamais été vus dans aucun royaume chrétien : — c'est pourquoi, le roi voulait que tous ses sujets, en bons et vrais Anglais, rassemblassent toutes leurs forces pour la défense de leurs personnes, de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs bienset héritages, et de même que lui, en prince diligent et courageux, vouerait sa royale personne a tous les travaux et peines nécessaires en cette circonstance, au bien-être et a la sûreté de ses fidèles sujets, de même il commandait à sesdits sujets d'être prêts, dans leur meilleur équipement de défense, à faire service de guerre a son altesse, quand par proclamation publique ou autrement il leur commanderait de le faire, pour résister auxdits rebelles, traîtres et ennemis du roi *. »
Après avoir donné ses instructions h ses amis des comtés maritimes, et avoir établi des postes de cavalerie sur les grandes routes pour la plus prompte transmission des nouvelles [24 juillet] , Richard envoya chercher le grand sceau et fixa son quartier général à Nottingham. Il y était plus près de ses partisans du nord, sur la fidélité desquels il comptait principalement, et de la, comme d'un centre , il pouvait surveiller les extrémités du royaume. Le 1er août, son compétiteur partit de llarfleur : le 7, il débarqua au port de Milford, et dirigea sa marche à travers les districts du nord des Galles, contrée qui était dans les intérêts des Stanley. Il rencontra peu d'opposition et peu d'encouragement : si les chefs gallois n'arrêtèrent point sa marche, peu d'entre eux se rangèrent sous son étendard; et quand il prit possession de Shrewsbury, son armée ne dépassait pas quatre mille hommes. Il s'écoula une semaine avant que Richard sût qu'il avait débarqué ; mais il expédia aussitôt Tordre a tous ses sujets de le rejoindre a Leicester, y joignant les plus effrayantes menaces contre les réfactaires. Le duc de Norfolk obéit avec les hommes des comtés de Test, le comte de Northumberland avec les levées du nord, le lord Lovet avec celles du Hampshire, et Brakenbury avec celles de Londres; mais l'homme qu'il redoutait le plus, le lord Stanley, répondit qu'il était retenu au lit par la suette. Cette feinte ne pouvait tromperie roi; et lord Strange, craignant pour sa vie, tenta de s'échapper. Il fut découvert, pris, et forcé d'avouer que lui, son
1. Fcnn, il, 318-3%. J'ai abrégé la proclamation, mais j'en ai autant que
f)ossibU> conserve les ternies, afin que le lecteur puisse remarquer combien le angage se rapproche de celui d'aujourd'hui. Elle est datée du sM juin, unno '2, ce que Fenn traduit par 1 18-1 : mais comme Richard ne commença son règne que le 36 de ce mois, ce devrait être 148ô.
ouele William Stanley, chambellan des Galles du nord, et sir John Savage, avaient pris rengagement de rejoindre les envahisseurs; mais il protesta que son père ignorait leur intention, et qu'il était déjà en route pour rejoindre l'étendard royal. On lui permit d'écrire à lord Stanley, et de l'informer qu'il devait accélérer sa marche, s'il voulait sauver la vie de son fils !.
A Leicester, le roi se trouva à la tête d'une armée nombreuse et bien équipée, qui, si elle eût été attachée a son chef, eût foulé aux pieds les forces méprisables qui suivaient la bannière de son compétiteur [20 août]. Mais Henri, rassuré par les promesses de ses partisans secrets, continua de pousser en avant, comme s'il eût été déterminé a courir de lui-même à sa perte. 11 passa la Severn a Shrewsbury : à Newport les tenanciers des Taibot se joignirent h lui; à Straflbrd il eut une conférence secrète avec sir William Stanley, et consentit, afin de sauver, s'il était possible, la vie de lord Strange, à ce que les Stanley continuassent de garder une apparence d'hostilité, et reculassent constamment devant lui à mesure qu'il avancerait. Le 21 août, Richard partit de Leicester, la couronne en tête, et campa a deux milles environ de la ville de Bosworth. Dans la nuit, Henri s'avança de Tamworth à Atherston, où il rejoignit les Stanley, et fut encouragé par l'arrivée continuelle de déserteurs de l'ennemi. Le matin [22 août], les deux armées (celle de Richard était plus nombreuse du double) s'avancèrent à Redmore ; et les avant-gardes, commandées par le duc de Norfolk et le comte d'Oxford, engagèrent le combat. Richard fut effrayé de voir les Stanley contre lui, le comte de Northumberland qui restait inactif a son poste, et ses hommes chancelant et sur le point de fuir, ou passant à son compétiteur. Etant venu a apercevoir Henri, il résolut de remporter la victoire, ou de périr dans la tentative. Piquant donc des deux et s'écriant « trahison ! trahison ! trahison I 2 » il tua de sa main sir William Rrandon, le porte-étendard ennemi, renversa sir John Cheney, et porta à son rival un coup desespéré; mais il fut accablé par le nombre et jeté à bas de son cheval et tué sur la place. Lord Stanley, ramassant la couronne, la mit sur la tête de Henri, et le vainqueur fut salué aussitôt des cris de « vive le roi Henri ! » Dans la bataille et dans la poursuite, le duc de Norfolk, le lord Ferrers, quelques chevaliers, et environ trois mille hommes,