‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 6 sur 563 · Rym. ii · texte numérisé non relu

Rym. ii

2. Alexandre, roi d'Ecosse, conformément à la sommation du roi, assistait au couronnement. Richard I" était convenu que toutes les fois que les rois d'Ecosse viendraient à la cour d'Angleterre en conséquence d'une sommation à cet effet, ils seraient reçus et accompagnés de la même manière que l'avaient été leurs prédécesseurs, par l'évoque, le shériff et les barons de chaque comté durant leur voyage, et qu'il leur serait alloué cinq livres par jour pour leurs dépenses en route, et trente shillings par jour tant quils resteraient à la cour du roi, avec vingt-quatre pains, quatre sexterces du meilleur vin et huit de qualité inférieure, quatre flambeaux de cire, quarante chandelles des meilleures et quatre-vingts de

* moindre qualité, deux livres de poivre et quatre livres de cannelle. Rym. i, 87. Mais il parait que maintenant ils recevaient les cinq livres par jour pendant tout le temps, et probablement ils achetaient eux-mêmes leurs provisions. Alexandre, dans la circonstance présente, toucha cent soixante-quinze livres. Rym. n, 42. On n'est pas d'accord sur la manière dont il fit hommage, mais Edouard n'en fut pas satisfait, et en 1278 il le décida à faire hommage une seconde fois, et cela simplement et sans réserve. Voyez la note (A).

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désarmer sa colère, cl sa témérité semblait justifiée par le succès. Dans la dernière contestation avec les barons, il avait prouve la solidité de son jugement et la résolution de son esprit, et sa réputation avait été établie, parmi les admirateurs de la chevalerie, par ses prouesses dans les batailles, dans les tournois et dans son expédition en Palestine *. En ambition il ne le cédait à aucun de ses prédécesseurs ; mais le but de son ambition était tout différent. Ils avaient épuisé leurs forces à tenter sur le continent des conquêtes qui pouvaient leur être enlevées en tout temps par un heureux voisin : il aspira à réunir dans ses mains la souveraineté de toute l'île de la Grande-Bretagne ; et son espoir ne fut pas entièrement déçu. Le pays de Galles fut incorporé à l'Angleterre , et l'indépendance de l'Ecosse chercha un asile au milieu des marais, des forêts et des montagnes. 1. La soumission de l'un , 2. et la tentative faite pour soumettre l'autre, formeront les événements les plus intéressants de son règne.

1. Après la mort de Henri, Llewcllyn, comme les autres vassaux du trône anglais, avait été requis de jurer fidélité au nouveau monarque. Pendant l'absence d'Edouard , on avait fermé les yeux sur le refus des Gallois : après son couronnement, la sommation fut réitérée trois fois et aussi souvent éludée. Ce n'était pas que Llewellyn niât le droit du roi, ou sa propre obligation ; mais une clause du dernier traité, qui défendait à aucune des deux parties de donner asile aux ennemis de l'autre, lui fournissait un prétexte plausible de se plaindre et de réclamer satisfaction. Quand ce prétexte lui fut enlevé, il chercha à se retrancher sur les dangers que lui ferait courir la malveillance de ses ennemis en Angleterre. Edouard s'avança jusqu'aux frontières de Galles et lui offrit un sauf-conduit ; mais il éleva ses prétentions et demanda des conditions dont l'extravagance prouvait qu'elles n'étaient proposées que pour qu'on les rejetât. La vérité est que le prince aspirait a l'honneur d'assurer l'indépendance de son pays, et avait résolu de ne pas reconnaître de supérieur, à moins d'y être contraint par le sort des armes. D'abord les prélats et les barons anglais intercédèrent en sa faveur : ses excuses et ses délais épuisèrent leur patience ; ils le déclarèrent rebelle et accordèrent un quinzième pour les dépenses de la guerre 2. L'hiver fut employé par le roi à tenter la fidélité des Gallois. David, que

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