CHAPITRE PREMIER
des forces anglaises, de se retirer encore une fois dans les montagnes *.
Quelque légers qu'ils fussent, les succès de son antagoniste furent pour Edouard une source continuelle de tourments. En juillet, il éprouva une amélioration sonsible dans sa santé, et ordonna a son armée d'avancer en Ecosse. Mais rien que l'effort de monter h cheval le rejeta dans son premier état de faiblesse ; en quatre jours, il ne put faire que six milles; et le lendemain soir, il expira à Burgh, au bord de la mer, dans la soixanteneuvième année de son âge, et dans la trente-cinquième de son règne 2.
Edouard s'était marié deux fois. Sa première femme était Eléonore de Casiille, fille de Ferdinand lll, et après la mort de sa mère, héritière de Ponthieu. Eléonore mérita et posséda l'affection de son mari. On la dépeint comme élégante dans sa personne et douce dans ses manières; pieuse, prudente et charitable ; s'abstenant de toute intervention dans les affaires d'état , et employant son autorité a soulager les opprimés et à réconcilier ceux qui étaient en discorde. Elle donna à Edouard quatre fils et onze filles , dont plusieurs moururent en bas âge, et dont on ne connaît pas plus de trois qui aient survécu a leur père. Elle mourut près de Lincoln, en 1290. Le roi suspendit son expédition d'Ecosse, afin de suivre le convoi à Westminster, et partout ou le corps s'arrôta la nuit, il fit ériger une croix magnifique en mémoire d'elle 3. Sa seconde femme fut Marguerite de France, dont il eut une fille qui mourut enfant, et deux fils qui lui survécurent.