CHAPITRE DEUXIÈME
abus et le bannissement immédiat du favori. 11 promit de rendre réponse dans le parlement qui devait se tenir après Pâques, et en même temps il s'efforça, mais en vain, d'adoucir leur ressentiment. Gaveston était toujours Tunique dispensateur des faveurs royales ; il éclipsait tous ses rivaux par la splendeur de ses vêtements et par le nombre de ses gens; dans différents tournois, soit bonheur, soit adresse, il avait désarçonné les comtes de Lancaster , Hereford , Pembroke et Warenne ; et , enflé de sa supériorité, il continuait a mépriser et à ridiculiser ses adversaires. Ceux-ci, toutefois, étaient fermes dans leur résolution : leur vanité avait été trop cruellement mortifiée pour se soumettre au triomphe et aux railleries d'un homme qu'ils considéraient comme im étranger et un parvenu. Au parlement ["28 avril], leurs demandes furent renouvelées dans des termes qui n'admettaient ni refus ni délai : des lettres-patentes furent signées en conséquence [18 mai] ; Gaveston lui-même fut forcé de jurer qu'il no reviendrait jamais, et les évêques prononcèrent contre lui la sentence d'excommunication dans le cas où il violerait son serment [1 juin]. Edouard, pour consoler son favori, lui fît de nouveaux dons de terpes en Angleterre et en Guienne , écrivit en sa faveur au pape et au roi de France, et l'accompagna jusqu'à Bristol. La Gaveston quitta l'Angleterre [26 juin] ; mais ses ennemis avaient à peine eu le temps de se féliciter de sa chute, qu'a leur étonnement et a leur indignation ils surent qu'en vertu d'une ordonnance royale il avait pris le gouvernement de l'Irlande l.
En Irlande, Gaveston déploya la magnificence d'un prince, et se distingua dans plusieurs engagements heureux contre les indigènesVEn Angleterre, le roi assembla son parlement et sollicita une aide. L'année précédente, il avait obtenu un vingtième des lords et des chevaliers , un quinzième des citoyens et des bourgeois : le renouvellement de la requête en ce moment [27 avril 1309] enhardit les communes à attacher a leur vote d'un vingt-cinquième la demande sans précédents que leur pétition pour le redressement des griefs fut accordée au préalable. Cette pétition mérite l'attention du lecteur, parce qu'elle énumèreles abus qui pendant plus d'un siècle continuèrent, avec différentes modifications, de fatiguer et d'irriter le peuple. On se plaignait : 1° de ce que les pourvoyeurs du roi prenaient toute espèce de provisions
1. Rym. in, 63, 80, 87-93. Trokel, 5, 6. Mons. Malm. 99, 100. Moor, 593 Wal. 96. Trivet, Cort. 4. New Rym. n, 36. Pari. Write, n, 74.