II
[24 janvier 1308.] Edouard aborda à Boulogne , où il trouva Philippe le Bel, roi de France. Il fit hommage pour la Guienne et le Ponthieu ; et le jour suivant , en présence de quatre rois et de trois reines, il épousa Isabelle , fille du monarque français, à qui il avait été fiancé quatre ans auparavant, et qui passait pour la plus belle femme de l'Europe. Quelques jours furent donnés aux festins et aux réjouissances ; et, à son retour [7 février], Edouard fut accompagné ou suivi par les deux oncles de la mariée et un grand nombre de seigneurs étrangers qu'il avait invités à être témoins de son couronnement. En route, ils rencontrèrent le régent et les barons anglais ; et, a l'étonnement général, le roi, .sans faire attention aux autres, se jeta dans les bras de son favori, l'embrassa et l'appela son frère. Le couronnement se fit avec une magnificence extraordinaire [25 février] 1 ; mais les démonstrations extérieures de joie s'accordaient mal avec le mécontentement qui couvait secrètement dans le cœur des nobles les plus puissants. Non-seulement les offices , dans cette cérémonie , avaient été distribués sans égard aux droits de l'hérédité ou aux précédents des règnes antérieurs ; mais ce qui était un grief général , la place d'honneur, le privilège de porter la couronne et de marcher dans le cortège immédiatement devant le roi , avait été accordée à Gaveston, qu'ils considéraient comme un aventurier étranger [février]. Cette préférence réveilla toutes les anciennes préventions contre lui. Trois jours après, les barons s'assemblèrent dans le réfectoire des moines à Westminster , et envoyèrent h Edouard une pétition pour le redressement des
le contraire est prouvé par le don que fit le roi à Gaveston et à Marguerite , sa femme. Rym. m, 87.
1. Voici le serment prêté en cette circonstance : — « Sire, voulez-vous accorder et garder, et confirmer par votre serment, au peuple d'Angleterre, les lois et coutumes à lui accordées par les anciens rois d'Angleterre , vos prédécesseurs, vertueux et dévots à Dieu, et nommément les lois, coutumes et franchises accor- . dées au clergé et au peuple par le glorieux roi, saint Edouard, votre prédécesseur? » « Je les accorde et veux les garder et les confirmer par serment, » « Sire, v oulez-vous garder à Dieu et à la sainte Eglise , et au clergé et au peuple, paix et harmonie en Dieu, selon votre pouvoir? » « Je veux les garder. *
« Sire, voulez-vous faire observer dans tous vos jugements égale et droite justice et discrétion, en miséricorde et vérité, selon votre pouvoir? » « Je veux les faire observer. » « Sire, accordez-vous que les lois et justes coutumes que la communauté de votre royaume aura choisies, seront gardées et observées? Et voulez-vous les défendre et les fortifier à l'honneur de Dieu, selon votre pouvoir? » « Je l'accorde et le promets. » Rolls, m, 417. Stat. of Realm, i, 168. Npw Rymer, n, 33, 36. 11 parait que la doctrine de cette époque était que le parlement avait le droit d'ajouter au serment toutes autres conditions qu'il croyait justes. Car dans les Rolls se trouve jointe l'indication suivante : « Adjiciantur (pieprœdictisinterrogationibusquœjustafuerint. » Rolls, ibid.