‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 81 sur 563 · Annal. Hib. ann · texte numérisé non relu

Annal. Hib. ann

2. On peut les excuser de supposer que leurs rois se sont succédé pendant quatre mille ans ; mais il est singulier qu'ils ne se soient pas aperçu de l'anachronisme qu'ils commettaient en taisant vivre Adrien après le meurtre de l'archevêque, quoiqu'il soit mort douze ans auparavant.

3. Les lois dont il se plaignait principalement sont, 1. que bien que les cours du roi fussent ouvertes à tous ceux qui intentaient une action à un Irlandais, cependant, si c'était un indigène qui fut le plaignant, le fait même de sa naissance était accepte comme un obstacle suffisant à sa réclamation ; 2. que si un Irlandais était assassiné , quel que fût son rang dans l'Eglise ou dansPétat, aucune

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d'extirper les vices des indigènes, et ils avaient introduit parmi eux une race d'hommes plus pervers qu'il n'en existait dans aucun autre pays du monde; des hommes dont la rapacité était insatiable, qui employaient indifféremment la force ou la trahison pour accomplir leurs desseins, et qui enseignaient publiquement que le meurtre d'un Irlandais n'était point un crime *. C'était pour se délivrer de l'oppression de ces tyrans qu'ils avaient pris les armes : ils n'étaient point rebelles au roi d'Angleterre, car ils ne lui avaient jamais juré fidélité : ils étaient des hommes libres faisant une guerre mortelle à leurs ennemis ; et, afin d'avoir un protecteur, ils avaient choisi Edouard de Bruce, comte de Carrick, pour leur souverain. Ils concluaient en exprimant l'espoir que le pontife approuverait leur conduite, et défendrait au roi d'Angleterre et h ses sujets de les molester à l'avenir2. Ce mémoire paraît avoir fait une profonde impression sur l'esprit de Jean, qui écrivit au roi3, et chargea ses légats de lui parler en faveur des Irlandais. Pressés par leurs remontrances réitérées, Edouard tenta de se justifier en déclarant que, «'ils avaient été opprimés, c'était à son insu, et contre son intention ; et il promit de les prendre sous sa protection, et d'avoir soin qu'ils fussent traités avec douceur et justice4.

[1318.] Cette promesse était à peine faite quo la guerre d'Irlande se trouva terminée. Le gouvernement du pays avait été confié à sir Roger Mortimer, et pendant l'année de son administration, quoiqu'elle n'eût été signalée par aucune vicloire signalée, il avait peu a peu confirmé la supériorité des Anglais. Les barons accusés de favoriser les Ecossais, particulièrement les Lacy, furent tradui ts en justice ; le comte d'Ulster, qui avait été emprisonné par l'officieuse loyauté des citoyens de Dublin, fut relâché ; et les O'Brien et les Archbold furent admis h la paix du roi. Les gens du Connaught servirent, par leurs dissensions, la cause de leurs ennemis ; et il n'en périt, dit-on, pas moins de huit mille dans

cour ne voulait se charger de punir l'assassin ; 3. qu'aucune veuve, si elle était indigène, n'était admise à réclamer son douaire; et 4. que les dernières volontés des indigènes étaient déclarées nulles, et qu'on disposait de leur propriété à l;i volonté de leurs seigneurs. Ford, xn, 28.

1. A l'appui de cette charge ils produisent quatre cas de trahison et de meurtre. Ford, xn, 29, 30. Nous devons toutefois nous rappeler que ce sont les accusations d'un ennemi. On en mentionne trois dans les annales, mais sans indiquer ni les causes ni les auteurs réels. Annal, ad ann. 1277, 1282, 1305.

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