‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 89 sur 563 · CHAPITRE DEUXIÈME. 1IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. 1IT

qui sollicitaient des concessions de la couronne ; et il concluait en ces termes : « C'est pourquoi , nous, pairs du pays, comtes et barons, en présence de notre seigneur le roi, nous ordonnons que Hugh le Despenser fils, et Hugh le Despenser père, soient déshérités pour toujours et bannis du royaume pour n'y jamais rentrer, à moins qu#cc ne soit avec l'assentiment du roi et avec l'assentiment des prélats, comtes et barons dûment convoqués en parlement ; et qu'ils quittent le royaume par le port de Douvres avant la prochaine fête de Saint-Jean Baptiste; et que s'ils restent en Angleterre passé ce jour, ou s'ils y rentrent jamais, qu'ils soient traités en ennemis du roi et du royaume. » Les prélats protestèrent par écrit contre cette sentence : mais le roi et les barons de son parti, intimidés par. la présence des hommes armés, donnèrent leur assentiment : le bannissement des deux Spenser fut dûment enregistré, et un pardon général fut accordé au comte et à ses alliés pour tous les délits commis par eux ou leurs troupes depuis le mois de février 1 [20 août].

Le roi ressentait l'outrage fait à son autorité ; et deux mois ne s'étaient pas écoulés , qu'il trouva l'occasion de le venger. La reine , en allant à Canterbury, se proposa de passer la nuit au château royal de Ledes [13 oct.]. La garde du château avait été confiée par Edouard a lord Badlesmere, homme qui tout récemment avait livré aux confédérés les secrets de son maître, et avait obtenu par leur entremise un pardon spécial pour ses offenses'2. Il était absent ; mais lady Badlesmere refusa d'admettre la reine [15 oct.]; et dans l'altercation plusieurs des serviteurs du roi furent tués. Isabelle se plaignit hautement de cette insulte ; les sentiments chevaleresques de la nation s'éveillèrent ; et le roi se trouva en position de demander et d'exiger réparation. Badlesmere prit fait et cause pour sa femme, et les seigneurs des Marches s'avancèrent à son secours ;maisEdouard s'empara du château [31 oct.] , fît pendre Colepepper, le gouverneur, et onze de ses chevaliers, envoya les autres dans différentes prisons, et enferma dans la tour lady Badlesmere et ses femmes3.

Cet acte de vigueur remonta les amis du roi : beaucoup vinrent offrir leurs services ; et les deux Spenser entrèrent succès-

1. Statut. 181. Rot. Pari i, 364.* Pari. Writt, n. App. 163-167.

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