CHAPITRE DEUXIÈME
part, les comtes ne prêteraient jamais assistance a aucune expédition contre l'Ecosse, mais qu'ils feraient de leur mieux pour que Bruce jouît en paix de ses états1. Dans l'intervalle, le roi, instruit de ces menées, avait rassemblé ses troupes [15 janvier] : les seigneurs des Marches avaient pris Gloucester ; mais à son approche ils s'étaient enfuis vers le comte de Lancaster, qui, bien que prévenu par le roi des conséquences de cette démarche, les prit sous sa protection [8 février]. Le château royal de Tickhill fut assiégé aussitôt par l'armée unie des confédérés. Il résista a leurs efforts jusqu'à l'arrivée d'Edouard; alors les insurgés prirent possession de Burton-sur-Trent, et pendant trois jours en défendirent le pont. Mais les royalistes passèrent la rivière a gué [10 mars] ; et Lancaster, ayant mis le feu à la ville, se retira à la hâte dans le Yorkshire. A Pontefract, il écrivit en son propre nom, et au nom de Hereford et de ses confédérés, au roi d'Ecosse 2 ; puis il continua sa retraite avec sept cents hommes de cavalerie, dans l'espoir de rencontrer l'armée de ses alliés. A Boroughbridge , sa marche fut arrêtée par sir Simon Ward et par sir Andrew Harclay, les gouverneurs d'York et de Carliste, qui avaient réuni des forces considérables de l'autre côlé de la rivière. Hereford essaya de franchir le pont [16 mars] ; mais il fut tué par un Gallois posté au-dessous, qui, par une crevasse, enfonça sa lance dans les entrailles du comte. Lancaster avait conduit ses hommes à un gué ; * mais ils furent repoussés par les archers de la rive opposée. 11 tenta de corrompre Harclay, qui refusa ; puis il sollicita une trêve jusqu'au lendemain matin. Unjaible rayon d'espérance animait encore son courage. Il était possible que les Ecossais arrivassent pendant la nuit. Mais cette espérance fut déçue : au point du jour il ne put plus douter de son sort; et lorsqu'il reçut sommation de se rendre, il se retira dans la chapelle ; et, regardant le crucifix, il 's'écria : « Mon bon seigneur, je me rends a toi et me mets à (a merci ! » Les vainqueurs le conduisirent par eau à York, et de là à son château de Pontefract3. En général, lorsque nos rois avaient triomphé de leurs barons réfractaires , ils s'étaient contentés des punitions féodales de la confiscation et de l'exil ; mais cette douceur ne s'accordait ni avec la politique ni avec le ressentiment