‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 92 sur 563 · Ryni. m · texte numérisé non relu

Ryni. m

3. Rym. m, 927, 931, 934, 937-940. Knyghton, 2540. Lel. Coll. n, 464. Ce fut à Pontefract qu'au retour d'Edouard du sié^e de Berwick, le comte et ses hommes sortirent du château et se moquèrent du roi comme il passait. Acclamaient in ipsum regem vilissimè et conterauûbiliter. Rym. m, 938. Wals. 116.

d'Edouard. Il ne pouvait oublier le sang de Gaveston et les outrages qu'il avait essuyés personnellement ; et l'expérience lui avait appris qu'il devait écraser l'audace de ses adversaires, ou se résigner à n'être qu'une marionnette entre leurs mains. 11 ne pouvait espérer un moment plus favorable ; car leur liaison criminelle avec le roi d'Ecosse leur avait fait perdre la sympathie de la nation. Le comte de Lancaster, comme chef du parti, fut choisi pour première victime [22 mars]. Il fut mené devant le roi , six comtes et les barons royaux : sa culpabilité n'était pas douteuse. On lui dit qu'il était inutile de parler pour sa défense, et il fut condamné à être traîné, pendu et' décapité. En considération de son extraction royale , Edouard lui fit grâce de la partie la plus ignominieuse de la peine ; mais les spectateurs et les agents de la justice eurent soin d'étaler leur loyauté en accablant d'affronts leur infortunée victime. Comme on le menait au lieu de l'exécution , sur un bidet gris sans bride , avec son confesseur, un frère prêcheur a son côté, on lui jeta de la boue, et on lui donna le titre dérisoire de roi Arthur, qu'il avait pris dans sa' correspondance avec les Ecossais 1 : « Roi du ciel, s'écria-t-il, accorde-moi merci, car le roi de la terre m'a abandonné ! » La cavalcade s'arrêta sur une éminence en dehors de la ville , et le comte se mil à genoux, le visage tourné a l'est. Mais on lui ordonna de le tourner * au nord, afin de regarder du côté où étaient ses amis ; et c'est dans cette posture que sa tête fut tranchée par un exécuteur de Londres.

Dans l'escarmouche de Boroughbridge , il n'avait péri avec le comte de Hereford que quatre personnes de distinction : avec Lancaster , cent et un chevaliers et quatorze bannerets furent faits prisonniers. Quelques-uns , qui n'avaient pas encore rejoint les confédérés, arrivèrent et se rendirent; et six environ passèrent la mer. Le roi avait maintenant le parti entier à sa merci. Un choix fut fait. Tous les bannerets et quatorze des chevaliers pris les armes à la main furent condamnés et exécutés ; quelques autres , parmi lesquels étaient les deux Mortimer, oncle et fils, reçurent leur sentence de mort, qui fut commuée en emprisonnement perpétuel; les plus riches de ceux qui restaient composèrent pour garder leurs domaines, et donnèrent sûreté pour leur conduite ; les autres prêtèrent serment d'allégeance , et furent acquittés « par charité et pour l'amour de Dieu »

Page 1