‹ Histoire d' AngleterreChapitre 49 sur 307 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

nopoles, et l'argent produit par des emprunts forcés, qui, selon que le remarque Naunton, la conduisirent à laisser plus de dettes , au moyen de ses sceaux privés , que ses ancêtres n'en avaient fait, ou n'en auraient pu (aire, dans les cent années qui précédèrent son régne (1).

Les historiens qui célèbrent les jours filéa d'or et de soie d'Élisabelh ont peint de couleurs éclatantes le bonheur du peuple qui vécut sous sa domination. On pourrait leur opposer le triste tableau de la misère nationale, fait par les écrivains catholiques de la même époque. Mais les uns et les autres ont considéré les choses sous un point de vue» trop resserré. Us dissensions religieuses avaient divisé la nation en partis opposés, de nombre presque égal, les oppresseurs et les opprimes. Sous l'action des lois pénales, plusieurs familles anciennes et opulentes avaient été entièrement détruites; de nouvelles familles s'étaient élevées à leur place, et celles-ci, qui partageaient le fruit du pillage, vantaient naturellement le système d'où venaient leurs richesses et leur influence. Mais leur prospérité n était pas la prospérité de la nation, c'était celle d'une moitié du peuple obtenue aux dépens de l'autre.

Il est évident que ni Élisabeth ni ses ministres ne comprenaient les bienfaits de la liberté civile et religieuse. Les prérogatives qu elle estimait si haut ont depuis longtemps disparu; le code sanguinaire qu'elle institua contre les droits de la conscience a cessé de souiller les pa^es du livre des statuts, et le résultat a prouvé que l'abolition dn despotisme et de l'intolérance n'ajoute pas moins à la stabilité du trône qu'au bonheur du peuple.

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