‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 100 sur 327 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

par l'injure, et de maintenir flumucur et l'indépendance de la Castille. Çetle réponse détruisit tant espoir de paix, et les deux armées so préparèrent au combat pour le lendemain K Le tendemiün matin ! 3 avril], les deux armées couvrirent les plaines situées entré Nav&relte et Na j or a, Henri amenait soixante mille hommes d'infanterie T trente mille de cavalerie , dix mille archers, et quatre mille chevaliers et écuyers français, qui avaient suivi dn Giiesclin en Espagne pour venger la mort de Blanche de Bourbon. L'armée du prince ne s'élevait pas b trente mille hommes ; mais la disproportion était pluLÔfc dans le nombre que dans la force réelle. ; car les fantassins espagnols, bien qu'ils pussent à distance incommoder la cavalerie avec leurs frondes, étaient peu utiles daus un combat corps h corps ; cl les hommes d'armes du prince étaient des vétérans depuis longtemps habitués h vaincre. Dès la première attaque, Telia, frère do Henri, s'enfuit avec sa division ; mais le combat se soutint avec opiniâtreté par les efforts de Henri même, et -fuir le courage de du Guesclin. Enfin ce dernier fut fait prisonnier : les hommes d'armes français furent dispersés; leurs adversaires a (laquèrent les Espagnols en liane; et Henri, montant sur sou genut, s’enfuit à Calahorra, et de lè se rendît h Valence, auprès de son ami le roi d'Aragon2. Les ennemis laissèrent six mille hommes sur le champ de bataille. Les prisonniers montèrent à deux mille3, et le sanguinaire don Pèdre SO préparait h les immoler a sa vengeance. Cependant, h la requête du prince, requête qu'îl n’osa refuser, il leur pardonna , exceplé h. Gômez Carillo, accepta leur hommage, et alla prendre possession do Burgos, qui ouvrit immédiate ment ses portes. Dans le cours de quelques semaines, les députés dos différentes provinces jurèrent fidélité b leur ancien souverain ; mais il n'eut pas plus tôt recouvré sa couronne, que ses alliés Tassa il lirait de demandes auxquelles il n'avait pas le pouvoir, peut-être pas le désir de satisfaire. Il amusa néanmoins le prince par ses protesta lions do bonne foi: lui persuada de mettre l'armée en cantonnement dans le voisinage de YalkdoUd, et promit d'aller h Sé-

1 Rym, yi, âSi-^îïï^Ltts îettres du ns Kmssarï Mont tr^s-difFérentes des léUreK reelléapiibliées par Ryiner. Cet omusnni écrivain rocudÏMt ses ienseigneiuents dû rive yolïs et par conséquent étrit souvent dupe des narrateurs ignorants ou tu »!□ Leurs.

3, Jivm. ti, 557, Enyglm ÿüSlK Mur. 130. Kreiss, c. 389, Bu Gue&riîà pom iui),ut!tJ doubles iVor [jour su rançon. Thrcs des Ghort. 304 U avuit déjà été [iris i me fois par sir John Ch&ndos, et avait alors payé 40.0U0 francs d’or. Ibid,

ç. Wilkins, cou. tu, ti7.

2lfi HISTOIRE ïfffllLETERR E,

ville j H d'en revenir pour la Pentecôte avec l’argent nécessaire pour remplir sef engageraentB 'tf juin]. La Pentecôte arriva ; ou laissa écouler trois semaines dû plus, et cependant on n'avait aucunè nouvelle de don PMre. Edouard commenta à s'alarmer : il voyait son armée dépérir par la chaleur du climat , et souffrir du manque de provisions, et ii envoya quelques chevaliers découvrir le rot d'Espagne ot le forcer de foire droit b ses demandes [36 juin h Ils te trouvèrent à gévillo, et revinrent avec une réponse qui convainquit le prince qirïî n’y avait aucun fond a faire sur la foi de P ingrat Castmàn. Aussitôt il fil mettre son armée eu marche, et retourna sur son territoire par le royaume de Navarre. Ainsi Unit cette glorieuse mais irès-malhéiireuse expédition, connue la suite le prouva. Le tyran recouvra son trône aux frais de sou allié; et le prince revint a Bordeaux avec un trésor épuisé et une eonstilution ruinée L

Le lecteur sait qu’aucune des renonciations stipulées par la paix de Bréttgny n’avait jusqu'alors été Unité par les parties. U est difficile aujourd'hui de déterminer sur qui doit en retomber le blâme. Les écrivains français raitrilment a Edouard, qui avait néglige d'envoyer ses messagers à Bruges au temps marqué; et qui peut-être désirait de conserver ses prétentions sur la couronne de France, jusqu’à ce qn’ü vit tous les articles du traite fidèlement exécutés. Les Anglais, au contraire , accusent le rot de France de mauvaise foi; et il faut avouer qu i) y a dans sa conduite bien des choses qui auraient besoin d’explication. Le fut on vain qn' Edouard demanda tes arrérages de lu rançon de Jean , le renvoi des prisonniers qui avaient violé leur parole, et de nouveaux triages en remplacemens do ceux qui élaîènl morts. Toutes des réclama lions furent artificieusement éludées. Charles semblait attendre une occasion de recouvrer les avantages perdus par son père; elles circanüânèéS étaient de nature à le Lia lier de l’espoir du succès. Les habitants des provinces cédées, et ifinôme beaucoup de ceux de la Gu jeune, exprimaient à haute voix leur mécontentement du gouvernement des Anglais, dont l’ avarice accaparait tous les emplois lucratifs, et dont F arrogance réclamait te mérite de tous les engagements heureux, La vigueur qui jadis distinguait le roi avait commencé à drsparmtre , et un dépérissemuni graduel venu à la suite des années affaiblissait égale me ni son esprit et son corps. Le prince Noir, dont le nom seul frappait

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