CHAPITRE CIKQtJJÈME* M
en parlement ; mais il se rendît sur une proclamation, et fut întroduît dayant Richard à Cbwaïihtre. 11 soutint battement scinmnoeence contre son accusateur [S3 féyj ; et, fléchissom le genou, \\ dit au roi : « .Mon cher seigneur, avec voire permission, si je puis répondre '& votre cousin , je dië que Henry de Lancaster est un menteur; et que dans ce qu’il a dit et dira de moi, il ment comme un faux traître qu’il est. » [19 mars ] Richard ordonna d'arrêter les deux parties; et se rendit a Bristol, où, avec l'assentiment de son comité du parlement, il prononça sur les causes et publia des lois dans la même forme que si les deux chaibbres eussent siégé, 11 décréta même que ces nouveaux statuts auraient une autorité égale h celle des statuts votés dans le dernier parlement : que quiconque chercherait h les faire annuler ou rapporter subirait les peines de la trahison; et que tout prélat, avant de recevoir son temporel, tout tenancier de la couronne, nvnnl d'être mis en possession de ses terres , prêteraient serment d’observer toutes les lob, les ordonnances et les jugements, tant ceux faits par le roi au dernier parlement que ceux faits depuis k dissolution avec ^assentiment du comité, de s'opposer a toute entreprise pour les modifier ou révoquer, et de poursuivre de tout sou pouvoir tout homme qui les enfreindrait, jusqu’à ce que le coupable eut subi le châtiment de sa trahison* En même temps on décida que la contestation entre les deux ducs serait renvoyée ïi une haute cour de chevalerie1*
A eel effet, les barons, les bannerets et les chevaliers de l'Angleterre furent convoqués a Windsor* L'appelant et l'intimé funml amenés devant eux [29 avril] : Hereford persista dans l'accusation ; et Norfolk, tout en reconnaissant qu'il avait parlé irrespectueusement de certains lords, nia toutes les expressions qui paraissaient outrageantes pour le roi. Comme ou m pouvait appeler aucun témoin, et que îa confrontation des parties ne faisait pas ressortir k vérité, ou résolut de remettre la décision au jugement dé Dieu ; et, par sentence de ta cour, on reçut les gages t o bataille, et on arrêta que le combat aurait lien h Coventry le
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ÎVtë HISTOIRE D\\ EXCEPTE P HE.
16 septembre. \ u jour marque, tes 'combattants entreront dans In lien, en présence tiu roi, du comité du parlement et d un immense concours do peuple. Hereford fil solennelle ment le signe de la croix , Norfolk s'écria ; « Dieu aide au bon droit ! » Le premier, poussant en avant son bouclier et ni citant sa lance eu arrêt la pointe dirigée vers son adversaire, avança quelques pas le dernier resla lui mobile a sa place ; et le roi, jetant son bfitoUj prii, selon le langage du lumps, la bataille dans ses propres mains. Il no pouvait, dit-il t tolérer un combat, qui, quelle qu’en pût Être Pissue, sur deux personnes qui lui étaient alliées par le sang et qui portaient ses armes, en couvrirait une dune tache indélébile1 . Les combattants furent alors recoud ni ts h leurs places, et al tendirent dans l'anxiété la détermination du roi, qui était occupé H se consulter avec le comité du parlement. A la tin, le bon plaisir du roi fut annoncé d'abord l\ rappelant, et ensuite à Tin* limé. Pour maintenir la tranquillité publîqbe et prévenir les querelles entre les deux parties ru leurs adhérents, le duc de Hereford reçut Tordre de quitter le royaume dans l'espace de quatre nu iis, et de rester en exil pendant dix ans : mais en même temps on déclara qu'il avait fait honorablement son devoir en poursuivant Tappèl , jusqu'il ce que le mi eût pris la bataille dans ses propres mains. Le jugent dpi du duc de. Norfolk fut plus sévère. Jî eut ordre de quitter le royaume a la mémo époque, d'aller en pèlerinage h la terre sainte, et do rester banni pour le reste de scs jours en Allemagne, on Hongrie ou en Bohême; non qu'il n’ eût fait honorablement son devoir contre son adversaire, mais parce qu’il avait, de son propre aveu, entrepris d'exciler la dissension parmi les grands seigneurs, et s'était, en public et en particulier, opposé h k révocation des actes du parlement de Gloucesler. De plus, comme il avait été coupable de négligence dans «ion gouvernement de Calais, et qu'il devait au roi des arrérages considérables, on décréta que tontes ses terres seraient remises aux mains du roi pour être appliquées au payement de ses dettes, h la réserve de mille livres par an pour son propre usage. Enfin, on leur défendit a tous deux, sous peine de trahison, d'avoir mienne communication avec Thomas, cx-archevêque de Cunlerlmry,
1 Ctnu u volt vti* reçois, et pour los raisons 'iiu.1 donna BirWdt pttrJPayttel envoyé du roi de France. Ses instructions e Client de répr&eflto? qu* le dtet dur dé Ëterfort «st fort proche de lu wurofü* dTAn|îkiterre , comino bis de h h do îluv et eut ùiiïsi dfsctiiidü île la rouLsi'ni fie Franco, ot le diet two de Xtirtiolr iw k nmiwn d1 Artfllerèrro Thrf't* ühtrt. (îC.
aum'ÉE crNOnÈME.
ou l'un avec Vanité duraU! leur exil1. Avant Leur départ* ils obtinrent chacun quelques faveurs du roi, et en particulier la permission par lettres patentes de nommer des procureurs pour prendre possession des héritages qui pourraient leur survenir en leur absence /.quoiqu'ils ne pussent pas actuellement prêter hommage ni jurer fidélité. Hereford se rendit a Paris : Norfolk, après une courte résidence en Allemagne, visita Jérusalem, et a son relonr mourut de chagrin à Venise 2 (29 sept. 1H99J.
Richard triomphait de tous ses ennemis. Le dernier des lords appelants avait été banni ; et ses oncles même, par affection ou par crainte * secondaient toutes ses mesures. Il avait atteint ce qui semble avoir clé pendant quelque temps l’objet principal de sa politique : il s'était mis au-dessus des lois. L'octroi cf un subside b vie Lavait affranchi de la nécessité do convoquer son parlement ; h Laide de son Comité, dont les membres se montraient les ministres obséquieux do sa volonté, il pouvait rendre les nouvelles ordonnances qu'il lui plairait ; et une déclaration antérieure des deux chambres , portant qu'il était aussi libre qu'aucun de ses prédécesseurs, fut interprétée de manière è le dégager des obligations imposées par les sfgtuls qu’il regardait connue hostiles a la prérogative royale. Mais il avait perdu la popularité qu'il avait acquise dans les dix dernières années; et la sécurité h laquelle il se livrait le poussa îi d’autres actes de despotisme, qui le conduisirent inévitablement à sa perlé. 11 se procura de Far-
gent par emprunts forcés; il obligea les juges a expliquer les lois Sfton ses préjugés ou son caprice ; il contraignit les anciens partisans de Glmicosler a acheter et à radie ter des chartes de pardon; et afin d'obtenir uno moisson plus abondante d’amendes d d arnerdmeuls, il mil a la fois dix-sep t comtés hors la protêts- <îon do la loi, suus prétexte qu'ils avaient favorisé ses ennemis 'la ns la rencontré de Radcolbridge. (3 fév.] Le duc de Lancaster ne survécut pas plus de trois mois au bannissement de son bis; et 1 exilé s'attendait a hériter par ses procureurs dos vastes du- J naines de son pore. Mais Richard découvrit alors que son bannissement, rumine mise hors la loi, le reudail incapable d'hériter é aucune propriété, [18 mars,] Dans un grand conseil, dont le co-
1 . f t rj ^ , PtirJmX\K% £to*i. Je ruj suis étendu sur .sentences, parce quitte s erpUu'tem pldnenwai les cuusi^ du cotte üïafiârit* ijik* t|UaUnic.H écrivains modernes 'JJU mi r uni prendre, Les raisons dit bannissement de Norfolk *ont prolmblt^ï nl Sus roeik-s; celles du brunissement île Hereford ne parfussent \ni$ telles. Lt nH ltl1 eavojH il Cal iils un présent de 1000 marcs. PcH Records, Sol,
l'hldL #72, Uynt. Vtri, 47— VS .
3 HISTOIRE ÜtàNGLETEÎIRE.
mité dit parlement faisait partie , on soutint que les lettres patentes octroyées h lui et k son antagoniste étaient illégales, et par conséquent milles; et on fit jurer h tous les membres présents de maintenir cette décision K [23 avril] Henri Bowel, qui avait obtenu les lettres patentes pour le duc de Hereford, fut mémo condamné pour ce délit imaginaire a subir la peine do la trahison ; mais, à cause de sa bonne réputation, on bit ÏU grâce de la vie, h condition de quitter pour jamais le royaume2. Cette mesure inique paraît avoir épuisé la patience de la nation. Henri (<) la mort de son père il avait pris le litre de due de Lancaster) était depuis longtemps lïdole du peuple; et te concours volontaire des milliers de personnes qui raccompagnèrent li son départ do Londres, durait dil avertir le roi de rapproche du danger. Le sentiment de leurs propres injures avait éveillé en elles un esprit de résistance; la nouvelle injustice faite à leur favori le leur désigna pour chef. On tint des consultations ; on forma des plans ; on sonda les dispositions des grands seigneurs; et toute la nation parut en ferment ü lion. Cependant ce fut en ce moment si gros de péril que le monarque infatué se détermina h quitter son royaume. Son cousin et héritier, le comte de Mardi, avait été surpris et tué par un parti d1 Ir&ndais [1398J ; et dans son ardeur h venger la perte d’uu parent, il dédaigna l’avis de ses amis, et ferma volontairement les yeux sur les desseins de ses ennemis.
Après avoir nommé son oncle , le due d’York, régent en son absence, le roi entendit une messe solennelle à Windsor, chanta lui-même la collecte, et lit son offrande. A la porte de l'église, il prit du vin et des épices avec la jeune reine ; cl Fenlevaut dans scs bras, il Fern brassa plusieurs fois, en disant : « Adieu, madame, adieu , jusqu’au revoir. » Do Windsor, accompagné de plusieurs seigneurs, U se rendit b Bristol, ou des rapports do complots et de conspirations lui parvinrent et furent reçus avec mépris. [29 mal] 11 rejoignit son armée a Millord-llàven, et sVmbarquanL sur une Hotte de deux cents voiles, il arriva en quelques jours [31 mai] au port de WalerfimL Son cousin, le dued Albemarle, avait reçu l’ordre de le suivre avec cent voiles de plus ; et trois semaines se passèrent h attendre ce seigneur, dont le délai fut ensuite attribué a uno secrète intelligence avec les ennemis du roL Enfin Ri-
1 Mot. Pari. 372. 373. Ici t’iicoru le roi fit appel au peuple» qui tciuoipiiaioti HSKtiiUmum en lovant les nMus. Quelle chose feust Mie et ussentu* par tout poaplo ostennt?. en présente du roy. tbi<L