‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 210 sur 327 · CHAPITRE SIXIÈME, w · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME, w

succçssiveSj il eut la jouissance des droits de tonnage et do pesage, Je ceux sur la laine et les cuirs* durant tout son règne; et dans le cours de quatorze années il reçut huit dixièmes et huit quinzièmes des laïques, et un nombre proportionné de dixièmes du clergé. Ses besoins, cependant, fournirent aux communes Toccasion de continuer et d'étendre les privilèges qtT elles avaient nouvellement acquis. Elles eurent soin d'insérer dans leurs concessions que le roi ne pourrait lever légalement de pareilles aides sur son peuple sans [’ assentiment préalable des lords et des communes T. Dans la seconde année de son règne, elles firent mie tentative hardie pour s’affranchir du principal frein que la couronne avait î< leur opposer, et demandèrent qu'on répondît à leurs pétitions Avant qu’elles accordassent les subsides. Henri vit sur-le-champ leur but; il consulta les lords, ei le dernier jour de la session il répliqua : « qu'une telle manière de procéder u’éiait pas connue sous le règne de ses prédécesseurs, et qu'il ne souffrirait aucun changement aux bonnes coutumes des anciens temps » Durant la minorité do Richard H, on leur avait permis de temps h autre jd1 approprier les subsides a des services particuliers. Elles voulurent maintenant eu faire un droit; et le rot, pour éviter, sans les offenser, la reconnaissance formelle do leur prétentieux offrît de lui-même ce qu'au trement elles auraient réclamé j Eu il ordonna de placer sous leurs yeux les éva¬

luations do Tannée courante, promit der soumettre sa maison aux reglements des lords, et propos?* que les fonds publics fussent reçus et pavés par des trésoriers nommés en parlera eut de Taris des deux chambres *. A dater de cette époque, elles déterminerent généralement remploi du subside, h V exception d’une certaine somme laissée à la disposition du roi; elles l'exhortèrent Muvrmt è modérer ses dépenses , demandèrent et obtinrent à œ sujet le renvoi de quatre personnes de sa cour4, et le bannissement de îa plupart des serviteurs étrangers de la nouvelle reine 5;

In ^ îl lie S®1\ t>cir coïtons des seiginjEirs «1 communes de voïtrn t-oyatme, co qe rmuvd L fiTan te n faire en plein parlement. îlot, Part, m , 403, 547.

*■ fat. Pari, ni, m 3- Ibi.L 553, 559.

Il A déclatu en parlaient qu'il ne connaissait ai ni me raison pour laquelle '{L,]tter son service; mais hué, comme il émit convaincu que ce que ,]în J «nuinuu» rép&Ét êtiüt pour luv.mtusîc? dn roy uune, il com-

jïHP Personne» susdite."? dé quitter sa. maison* Citaient mn con-

cW&e. frjf P<t r J m ^rhard Utirlmm «tCroMb y, l uu de set voleta de

htt r^îne était J eau ne doNÊivarré^duche^e douairière de Bretagne.

m msrOLKi* lyANüLKTKKKE.

ni luî reprochèrent a mainte reprise >on assentiment h de nom- j hreux articles de réforme dans le gouvernement de sa maison ci do loui le royaume. Une fois elles demandèrent Tétai des recettes et dépenses du dernier subside : mais Henri répondit « que les rois n'avaient pas coutume de compter avec leurs sujets 1 ; » une autre fois» les comptes furent accordés, mais avec 1 observation que ce n’était point a la requête des communes, mais parce que c'était la volonté du conseil2* En somme, sous ce règne les conV*. nu mes paraissent avoir fermement établi leur droit a voter I urgent de la nation, è l’approprier b des services! particuliers cl a s'enquérir de imites les pratiques qui tendaient a appauvrir la couronne, ot de tous les obus qui pouvaient accroître les charges j du peuple,"

Avant de clore co sujeL, je dois prendre noie d'une singulière discussion , qui montre que la chambre basse avait appris h apprécier sa propre importance, et savait nia in tenir ses libellés. Le roi avait appelé les lords devant lui, leur avait exposé ses besoins, et avait obtenu leur assentiment à un généreux subside.

Il fit venir ensuite une députation des communes, et 1 informa qu’il s'attendait a "une preuve semblable d'affection de leur part. Le rapport de la députation mit toute ki chambre en fermen* talion ; elle prétendit que le plus précieux de ses privilèges avait été envahi, et interrompit pendant quelque temps le cours des affaires publiques. Henri eut la sagesse do céder, et ordonna d’enregistrer sur les rôles la déclaration suivante : « qu il serti légal pour les lords, dans ce parlement et dans tout parlemeni à venir, de conférer ensemble, en l'absence du roi, touchant l’étu du royaume et les remèdes nécessaires: et qu’il sera légal pour les communes de conférer ensemble do semblable manière sur 1rs mêmes étal et remèdes; pourvu toujours que ni les lords de leur côté, ni les communes du leur, no fassent aucîm rapport nu roi d'aucun subside concédé par les communes et approuvé parles lords, ni des commun ica lion s des deux chambres Louchant lamie concession, jusqu’il ce que les mêmes lords cl coin mu ucs soient d'un seul avis et accord a cet égard; et qu1 alors ce soit dans la manière et la forme accoutumées, e’esl-b-dire, par la bouche de

L Re* brcvifc&r respoüdébai. , quud regesuon solnbunt computum dure. Wili Cûth\ in „ S®3. Nous devons supposer ne&ûmolna qu’il oéda ; car le même écrivain nous Ad que les laïques ne voulurent aeconltr aucun subside sans avoir ces comptes, et nous voyons,, d'après tes rôles, qu’ils en accordèrent Un.

-2. Bàilk à, mesmes les communes, de la voluntee des dite seigiirs du counsci^ et nient h V in st mure ne requeit des dît? communes. Ko/, Pari ni, 609.

CIIAHTKK SI \ I i'Ml, h*<

l'orateur desdile? rommimos, a celle iln que et le* lords et le* commîmes puissent avoir leurs reiuercîments du roi* » Par cette déclaration, Henri paraît avoir abandonné toute prétention de la pari de la couronne l\ intervenir dans les débats relatifs nus: subsides, et avoir laisse les deux chambres soi' un pied iF égalité parfaite à cet égard; quoique après qu’elles s'étaient, mises d’accord ii la suite de communications entre elles, Fargent fût dit être « accordé par les communes avec Fassent i ment des lords K >*

Ce règne oiïre le premier exemple d’une exécution capitale pour le crime i Idéologique d’hércsîe. Etait-ce qu'on refusait de distinguer entre le fait et F opinion, ot qu’en conséquence on appliquai! h une persuasion erronée le même châtiment qu’à une action criminelle? la chose n’est pas facile a décider: mais nous voyons malheureusement que, dans presque lous les pays, quelle qu'ait élé la croyance religieuse du souverain el de la législature, les peines les plus sévères oui été fréquemment, el jusqu’à une époque fort récente, portées contre les dissidents qui s'écartaient des doctrines reconnues par les lois. Sir Edward Coke, la grande lumière du barreau anglais sous le règne d’Elisabeth, nous enseigne «tue l’hérésie n’est si extrêmement et si terri blu men t punie, que parce que c’est un crime non contre la majesté humaine* ruais contre la majesté divine ; que c’est une lèpre contagieuse de Fânie ; et qu'il finit en conséquence l'extirper, de peur qtFelle ne répande son infection ’2* Ce furent peut-être de métaphoriques et captieux raisonnements de ce genre qui persuadèrent aux premiers empereurs chrétiens 3o classer Y hérâîê parmi les délits passibles do punition civile : ce fut certainement leur exemple qui entraîna les princes des nations du nord à adopter, après leur conversion, de semblables règlements. En 1215, le quatrième concile de La Iran décréta que les personnes convaincues d’hérésie « seraient abandonnées au pouvoir séculier pour être traitées selon les formes de la loi; » mais eo ré était pas F introduction tl un nouveau système, c’était simplement une reconnaissance de ce qui était alors la loi commune de tous les pays de F Europe*

Durant les trente dernières années, le clergé anglais avait élé irrité par toute espèce de provocations, ei cependant avait montré

1- Mat. Purl . iir» Cil . Il tuc semble que le motif de la plainte deg t-ommunes ® viaii pnjs que la question relative à la cmjcession du subside eùi clé présentée (rabord ;i la dmikhre dei lords, niais seulemem que. le mi fût person utilement Inimeuu dans cotte affaire. Sa réponse laisse les deux ebam ht es libres de débattre tüim stqeis eu son absence lu u tes les fols qu1 elles le croiront convenable*

S, Coke, htftft Ttïf ii*

iu m

la patience la plus exemplaire. Sa modération semblait encourager et rendre plus vives les attaques de ses adversaires. L’cspril de Wycliffe n’avait rien perdu de son âpreté première en passante ses successeurs. Ses prédira leurs ambulants en appelaient toujours aux passions et aux préjugés du peuple contre les richesses, le luxe et les vices dos ecclésiastiques, qu’ils décrivaient comme les disciples et les compagnons de Satan ; comme des bergers mercenaires dont le but était de tondre Je troupeau dans colle vie, et de le conduire h la perdition dans Tau Ire; comme les Usurpateurs du patrimoine des pauvres et des revenus du royaume; comme la cause réelle des taxes votées par le parlement, et conséquemment de la pauvreté des basses Classes *. On aurait peut-être méprisé ces déclamations, si elles notaient conduit It des induclions et h des tentatives d'une tendance dangereuse* L’avis et mémo l'ordre était donné au peuple de ne pas payer les dîmes ; et des plans tramés avec adresse et poursuivis avec opiniâtreté Visaient à obtenir la confiscation générale des biens du clergé. Dès son avènement, Henri s’était proclamé protecteur de l’Eglise eonLre les attaques des lollards. Dans le premier syuuds tenu sous son règne, un message royal avait fait connaître ses intentions au clergé ; è l’ouverture du second, les commissaires du roi, le comte de North mnbcrland e! Erpingham, brd cltafr bèflaü, exhortèrent les prélats et leurs procureurs h prendre des mesures pour la suppression des erreurs semées par les prédis tours ambulants, et leur promirent la laveur et t'assis ta ncfi royales dans la poursuite d'un objet si salutaire3. Dans le partement qui entra en séance h la même époque, r intention quVfuï ln roi de soutenir la religion établie fut annoncée du haul ifo

1. Wilk. CW» lu, 30B, 948, 3-iu cl stiiv. Kny £ht. 9657-2061). Rnyghtrm, qtk pur curiosité, assista à qudqu&s-una<? de leurs ré unions, mm informe que, â'ni'àf bar o&serüoo . tous les homme* de bien embrassaient leur saete ; que lus n»é charnu seuls elles réprouvé* jTy rcfuüaient, Us shmitul lent les Trais prédieiitiMir' ovïuipréliques (véros prèdicÂtore* eL eVm^ReUoos1, m appelaient tours advetantrti ries donneurs de feus enseipoeinioiLH cl dm? ennemis de lu loi de Dite, l! fut Mir pris do voir avec quelle promptitude lus disciples adopte umt le iitrgon des nia** 1res, et hommes et femmes se rnettalërtt h enseigner ln doctrine r van ciéKiju® ( m eu ni moàum statua loque ku mirubÜItor habuerurU* Dori ores evaupelicts doçtrinæ tam viri quant mtülëfes subitii eQeeü suut t. Voyez Kuÿghlon, 306 1, Quoique tous ces prédicateurs semblent 'avoir étudie a l'école de Wydilfe, rr* pendant chacun dVux se dlnÜuuuoh par quoique doctrine partie ullère Lu plj^ part de leur*? dotîuies étaient dirigés contre les doctrines et les possession# «c nÊfillseetablk- : d'mUres étaient subversifs du bieri-ètre de lu société. Plaslear* paraîtront altfflifàfrs h tout Un: leur rabomuible ; el quelques-uns sont trop gfû* «iers pour être cités» Voyez Wilk» p. 348, 345» KnyghL 30 6 fl. Wtils, 367*

Page 1