CHAPITRE SEPTIÈME
différente de leur intention primitive. En réponse, le roi accorda que, « dorénavant, il ne serait statué sur les pétitions de ses communes rien de contraire à leur demande, par quoi elles pussent être liées sans leur assentiment, sauf toujours pour lui-même sa prérogative royale d’octroyer et rofusor ce qu’il lui convenait de leurs pétitions et demandes susdites1. » 11 leur donna ensuite une autre preuve d'intérêt et de condescendance, en soumettant h leur examen et approbation les articles du traité qu'il avait conclu avec l’empereur Sigismond2. Henri, comme ses prédécesseurs, fut obligé à plusieurs reprises de demander des secours pécuniaires; mais ses victoires tenaient la nation dans le délire de la joie, et les deux chambres accédèrent libéralement h ses requêtes. Quoique l’exemple de Richard il eût prouvé le danger de rendre le souverain indépendant du parlement , elles lui accordèrent pour la vie le tonnage et le pondage, avec les droits sur la laine14; et pour le mettre à même d’anticiper par emprunt sur le produit des taxes, elles offrirent la garantie du parlement à ceux qui refuseraient d’avancer de l’argent sur la seule sûreté de la couronne l. Par ces moyens, et avec les dixièmes accordés par le clergé, le roi fut en état de lever des armées, et de porter la guerre avec succès au cœur de la France; quoique, en même temps, s’il en faut croire le compte qui lui fut soumis par les oftlciers de son trésor, le revenu ordinaire de la couronne fût à peine suffisant, si tant est qu’il le fût, pour la dépense annuelle5.