‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 25 sur 327 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

résolut dû faire un effort sérieux pour reprendre la Guyenne; et afin de couvrir les frais de la prochaine cïîmpagiie, il eut recours à un expédient hardie niais despotique, Des commissaires furent chargés de fouiller les trésors de I oui es les églises et do Luus les monastères : les sommes qui s’y trouvèrent déposées, soit quelles fussent la propriété des corporations monastiques et dcHcales, soit qu’elles eussent clé placées la pour plus de sûreté par des particuliers, furent enregistrées aux rôles de Féçhiquier; et les plus considérables furent emportées, sous la dénomination demprurit, pour l' usage du roi. Quelques mois après, par prières et par menaces, on décida les citoyens de Londres, assemblés en conseil do commune, h accorder un sixième de leurs biens meubles; et on envoya des Commissaires a toutes los autres cités ei aux bourgs pour les presser d'imiter la capitale. Les lords et les chevaliers des provinces donnèrent à contre-cœur un dixième [12 uov.]; mais il harangua lui- même les membres du clergé, et Unit par requérir la moitié de leur revenu, tant de leurs fiefs laïques que de leurs bénéfices- A cette demande sans précédents, Us furent remplis d 'étonnement. Ou était menacé d’une vigoureuse apposition ; mais leur chef, l1 archevêque de Canterbury, avait précédemment quitté le royaume; le doyen de Saint-Paul, qu’ils avaient envoyé faire des représentations au roi, expira subitement en sa présence; et uu chevalier, sjr John Havering, cnnant inopinément dans la salle, leur adressa ces paroles : « Révérends pères, s’il en est un parmi vous qui ose contredire la volonté royale, qu’il s’avance, afin que sa personne soit connue et notée comme celle d'un homme qui a rompu la paix du roi, » A cette menace, ils se soumirent; cl le succès do cette expérience engagea le roi h la renouveler Farinée suivante. Les représentants des cités et des bourgs furent alors convoqués en parlement 27 nov, 129a], et volèrent un septième, Los lords accostèrent un onzième. Aux membres du clergé, il demanda un tiers ou im Lpiart. IDaUéguèreiillourinsuffisanco, mais olTrirenl un dixième, qui, après un refus dédaigneux et un délaide deux mois, finit par cire accepté1. Alarmes de si lourdes et de si fréquentes exactions, ds Commencèrent b chercher protection. Edouard avait rëceni-

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ment employé l’autorité du pape pour contraindre au paiement j ps dixièmes destinés Jf la guerre saints ■ ils eurent recours 4 ta même aètorilé pour se garantir des extorsions du roi ; et Boniface VIH, h leur prière, publia une bulle [Vt février 129b] qui défendait aux membres du clergé de tous les pays chrétiens m concéder d des laïques les revenus de leurs bénéüeus sans la permission du saint-siège l. Sous ce prétexte, au mois de novembre suivant [3 nov/j, ils résistèrent b la demande que Cil le roi il un cinquième; et obtinrent un répit jusqu'en janvier, durant lequel te sceau royal fut apposé sur leurs granges. Au jour marque (IA janvier 1297), des commissaires furent envoyés pour demander leur réponse ; et rarchevêque, se levant, leur parla en ces mois : « Vous savez, mes sieurs, que sous Dieu toul-p uissa lit, nous avons deux soigneurs, T un spirituel, P autre temporel. Obéissance est duo b tous deux, mais plus au spirituel. \üus sommes disposés a faire tout ce qui est en nôtre pouvoir, et nous enverrons b nos frais dos députés pour consulte lo pape. N mis vous prions de porter celte réponse au roi, car nous posons 1m parler neus-mémes. » Edouard avait déjà pris sa résolution. Il consulta les pairs Laïques, publia une proclamation (12 février) qui mettait hors la loi les membres du clergé tant rcgüher que séculier, et prit possession de tous leurs ûofs laïques, de loin s biens ji effets mobiliers au profil do la couronne*, Lo lord chef de justice du banc du roi en annonça ainsi les conséquences eu cour plénière : <t Vous qui êtes ici présents,; procureurs et 1 ondes de pouvoir des archevêques, évêques, abbés, prieurs et autres du clergé, sachez cl faite» savoir h vos maîtres que dorénavant aucune sorte de justice ne leur sera faite dans aucune des cours du roi, pour aucun dommage quelque grave qàSl soit; mais que justice sera obtenue contre eux par tout plaignant qui la requerra

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[6 février.] Avant que les ordres du roi eussent etc publies,

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