‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 61 sur 327 · CHAPITRE DEUXIÈME, l · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME, l

rompit I0 bâton do son ofücé.el déclara que toutes les personnes engagées au service royal étaient congédiés ».

Au bout de trois jours, ta députation revint do Kenilworth, et le lendemain matin [2ii janvier] l’ avènement du nouveau souverain, qui élail dans sa quatorzième année, fut proclamé dan^ cette forme inusitée : «Attendu que sir Edouard, dernier roi » d’Angleiertv, de sa propre bonne volonté et du commun avis y> et assentiment; des prélats, comtes, barons et autres nobles, et » de toute la communauté du royaume, s'est démis du gouvra- » nement du royaume, et a accordé et voulu que le gmivnrne- » mem dudit royaume vînt î» sir Edouard, son lils atné et sou » heritier, et qu'il gouvernât le royaume et fut couronné roi, eu w raison de quoi tous Iqs seigneurs lui ont fait hommage; nous » crions et publions la paix de notre dit seigneur sir Edouard « le (ils, et de sa part commandons et enjoignons, sous peine et « péril d' exhérédation, et de perte de vie et membre, que nul ne » rompe la paix de notre dit seigneur le roi ; car il est et sera » prêt à faire justice h tous et à chacun dudit royaume, aux pe- » Lits comme aux grands, en lentes choses cl contre tous. Et si » quelqu’un a une réclamation h taire contre uu autre, qu’il pro- » cède par voie judiciaire, et non par violence ni force. » Celle m une assert ioh, que le rot avati abdiqué de sa propre et libre volom mbc II consentement de soit parlement tut impudemmenî répétée au .cpuronneMeiat du jeune prince février] Edouard de Çarnarvon (car c'est ainsi que nous devons rappeler maintenant ) était destiné à augmenter la longue liste des princes pour qui la perte d’une couronne n'a été que te prélude dn la perle de la vie. L'attention du comte de Lancaster a alléger les souffrances de son captif ne s'accordait point avec les vues de la reine et de son amant. Il fui donné en garde à sir John de Msl- (ravers, homme qui, par tout ce qu’il avait souffert prétiddemmenl, avait prouvé son attachement au parti. Pour cachet le lieu do la résidence d Edouard, il transféra successivement le prison mer de Kenilworth h Bristol et h Berkeley [fi avril IL et

a force d'aiTroms ei de rigueurs, il s’efforça de le priver de sa raisoTi ou d’abréger sa vie Ce fui en vain que le monarque déposé sollicita une entrevue avec sa femme, ou demanda h jouir do la compagnie de ses enfants, Isabelle n’eut pas le courage de

L WfM,r’ Ul)1 w«ds, li& ÜJivgln, J3549, Twusden, &Ï50.

9 tiynu iv, $13-21.ri.

I hh HISTOIRE D'ASGLETEIlftE.

regarder eu face i’épnux quelle avait si çfueUvmoni outragé, ut ne voulut pas risquer rie mettre ses filsen présence de leur pcre. Quoique en possession tin souverain pouvoir, elle était assaillie des phis sombres appréhensions. On savait qu'il oxislait dans plusieurs parties du royaume des Associations dont le but avoue était de délivrer le captif : sa liaison scandaleuse avec Mortimer était notée publiquement par les ecclésiastiques dans leurs sermons ; et il y avait lieu de craindre que l'Eglise uo la forçât par ses censures à cohabiter avec son époux. Pour Pem pécher, elle eut recours h son expédient ordinaire. Pendant que son (ils conduisait une année contre les Ecossais, elle convoqua a Stomford ’2B avril j une assemblée de prélats et de barons , leur exposa ses \ né tendues raisons de craindre la vengeance sanguinaire de son époux, et les décida h déclarer que, lors mémo quelle le désire* rait, ils ne lui permettra lent pas de retourner vivre avec Edouard de Carnarvou h

Thomas, lord Berkeley, possesseur du Château de Berkeley, fut alors adjoint à sir John Maltrovors, et. chargé de garder avec lui le monarque captif ['Il sept. . 11 arriva que le premier fut retenu à son manoir de Bradley par une dangereuse maladie, durant laquelle le soin de veiller sur le roi retomba sur deux de ses officiers, Thomas Gourney et William Ogie. Une nuit, qiTEdouard était sons leur surveillance* les habitants du château furent alarmés par des tris qui sortaient de son appartement. Le lendemain matin, les gentilshommes du voisinage et les citoyens do Bristol furent im ités a venir contempler son cadavre. Extérieurement il ne présentait aucune marque de violence ; mais la contraction des traits trahissait l’horrible agonie dans laquelle il avait expiré ; et h courut un bruit sourd qu’on l avait fuît mourir en lui introduisant un fer rouge dans- Tes entrailles- On ne fil pas d’ autre investigation; et le cadavre fut enterré sans pompe dans l’église abbatiale do Saint-Pierre b Gloncesler*.

L Afol. Ad DM* 2107. ivt Jfld. Mouiï Ml.

*1 Rut, ParLïU oî, M . Rym. tVj 312- Knyght ml. Murîm. UK 71. Mooi G03. Motif attribue l’idée de fu, mort du roi à ürktuti ; mai# L accusation probablement MU# fondement, car il était depuis plusieurs mois bw* du royaume en .tiuhmmdr à l« rôtir du p»po (B} m. iv, 976':. où il fut pntte île son .•vèçl.ç, mais finit mr obtenir en rempbicüineût le siège de \S orntsu r .lnÿ. pne: J» y . *

h dît :uksï, sur rnutoriié de Moüi% que les meurtners reels ytniept Multruvcra et ( ï otimcv ; mais MnUtuvers» bien que condamné par le meme r.arloimmt qui condamna tas meurtriers, le fut pour un crime différent, ce qm fait presomer qu il était innocent de celui-ci (Rot. Pari uT 5*). Selon lé jugement de lu chambre dea jiaira eu Iîi30, Mortimer commanda le meurtre iil le ceafessa avant de mou-

LUANT'ItL DEUXIÈME.

Le premier Edouard avait été tyran par caractère. Toutes les fois qu il l osa, il foula aux pieds les libertés de ses sujets, uu s empara de leurs biens; et pourtant il mourut dans son lit. resperie de ses barons et admiré de >es eonLeniporaiiis. Son fils, Ldoôïird Jl, était moins impérieux de sa nature : ses plus grands ennemis ne lut imputèrent aucun acte ^injustice ou d'opprossièn : cependant il fut renversé du Irène et assassiné dans mie prison, ("est dans les mœurs et le caractère de leur siècle qu il faut chercher l’explication de celle différence entre k des- Hnce du père et celle du lits, Tous deux régnaient sur des nobles factieux, jaloux de leurs libertés, mais sans égard pour les libeiMés des autres ; et qui, bien qu ils respectassent le pouvoir arbitraire d un monarque aussi hautain et avisai violent qu’eux, méprisèrent. 1 administration plus douce et plus équitable de son successeur. Le successeur, naturellement débonnaire et indolent, ami des plaisirs de la table et des amusements de la chasse, laissait yûIüeliers à d autres les soins et les travaux du gouvernement. Mais h une époque ou l’on ne connaissait point encore l'expédient moderne de la responsabilité d un ministre, les barons considéraient élévation d un favori comme leur propre abaissement, sou pouvoir comme une infraction a leurs droits. Le résultat fut, comme nous I avons vu, une suite d'associations, ayant primitivement pour objet d'éloigner de la personne du prince les mauvais conseillers, comme on les appelait, mais par degrés envahissant Les dmîis légitimes de la couronne, et se terminant par la déposition et l’assassinat du souverain. Quant au rôle qu’l gabelle jcma dans cotte tragédie, il est sans excuse. Ses craintes pour sa vie, sous lesquel U* s elle chercha a cacher ses desseins réels, étaient d’une

üSIl“ k’ c°niaiifem Martimw- vyini la mort; les deux lYV* H l Um-IlL fïULÜS du rOVilLÎIU? ; r~: £L‘ -- - * - • ■

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ÏSft iSP* !wSÏ'^ S3PSei»t *1” m.V!,k Poaf r.ingltitww ■, Rvm n, J UH. \m, J , Quant ii lord Berkeley,- il Fut nitftirogo iisupropre demanda. dérant ^‘dm1 KncqmttÉî. Le- roi uéminmins ordonna qull serait mï* Knns a gante du sjir Ralph Neviile jusqu'au pnKhaiu paiement, pu ur avoir placé pris d« 0,1 pure ÿa officiers mal famffc liot, ParL ùt ;>V. Mai dm* ce ïWkmK U la rcqueU* de* lords, an Je remit eu liberté jusqu'à ve qu'on ptitfcivair U vérité tH tie* ^ ii’êtait ^int encore atrivê d*Es-

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nature trop frivole pour en imposer aux pins dévoués do s©3 partisans; et elle ne pouvait pallier sa liaison adultèfô avec Morttaer im rétorquant contre son époux l'accusation d'infidélité conjngaW1'. Ati bout de quelques années, sou crime fut puni par l'exécration universelle. Elle vit sou a niant expirer sur uu gibet, • *i passa lu reste de sa vio dans l'opprobre et V obscurité.

Je ne dois pas terminer le règne d'Edouard sans parler de l’aboli Lion des templiers. Cet ordre célèbre fut établi eu 1118 par le patriarche de Jérusalem , et, dans l'origine, se composait de neuf pauvres chevaliers qui vivaient en commun près du lieu était situé l'ancien temple, et s’étaient imposé rohligatiou volonté iro dé veiller sur les chemins des environs de la cité, et de protéger les pèlerins contre les insultes dus voleurs et des infidèles". Peu b peu leur nombre augmenta prodigieusement : ils étaient au premier rang dans toutes les affaires périlleuses ; leurs services milita ires excitèrent la reconnaissance de la chrétienté et chez toutes les nations, chaque aimée voyait faire des legs et donner des terres aux templiers. Mais la richesse ni le pouvoir engendrèrent en eux un esprit d’arrogance et d’indépendance qui exaspéra les autorités civiles el ecélési astiques. Tant que les chevaliers s’employèrent utilement contre les infidèles, leurs ennemis gardèrent le silence; mais après leur expulsion de la .Terre- Sainte, ils s'abandonnèrent ii l indolence et au luxe, et les bruits les plus préjudiciables h la réputation de Tordre commencèrent a circuler et b s'accréditer, Philippe le Bel Ta va il plusieurs fais dénoncé au pape Clément V ; et. enfin, las d'attendre [ 1 2 oet. 1&07 j, il fit. arrêter tous les templiers il e ses états, et leur interrogatoire obtint de beaneoup d'entre eux la confession des pratiques Les pins révoltantes et ïes pins infâmes. Clément fut mécontent de la précipitation du roi: mais arrêter les procédures, c'eût été se proclamer le protecteur des coupables, et eu Conséquence jl réserva la continuation do Tenquête au siège apostolique. Hans différentes bulles adressées aux souverains de la Chrétîèftté, il détailla les accusations de débauche, d’idoliUrie et d'apostasie portées contra l’ordre ; demanda que les templiers, sur leurs territoires respectifs, fussent mis eu prison, et nomma des juges pour examiner s'ils étaient coupables ou innocents En Angleterre et en Irlande, ils furent tous arrêtés le même jour [Ifj jan-

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