‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 63 sur 327 · PAPES · texte numérisé non relu

PAPES

J ait il XXI L 1311. Bttetd t Xll. 1 31 2 C lun icn l V J . 1 352 . 1 un oreut VL 1 36 2 .

Urbaiu V. 1370. Grégoire XI

.CàaE&ngïie conire le* Écossais, p- E&cütitïon du comte de Kent. — Chute H execution dé Mortimer* — ; Ballol recouvre ol perd, l'Ecosse. — Édouard réduit) u lu couronne de Franco. — Ses inutiles eipéditioDs en Flandre* — Victoire sur mer- — Trêve, — Ke prise des hostilités. — Victoire de Crée y. — Victoire de N^vil VCrosa. — Reddition de Qilfiis. Nouvelle trêve. — Éostu. — Les flagellants.

Isabelle et Mortimer jouirent quelques années du fruit de leurs crimes. La jeunesse du roi leur permettait de conserver sur sou esprit l'ascendant quTIs y avaient exercé, et le meurtre de sait père les mettait ît Tabri du ressenti inent <iTun époux outragé. La plus grande portion des biens confisqués sur les Sponsor ei leurs partisans échut h Mortimer avec le litre de comte de Mardi ; et la reine obtint vingt mille livres pour le payement de ses dettes y et un revenu annuel de la même somme pour ses dépenses futures. Le parlement passa [3 février 1327] un acte d’indemnité pour toutes les violences commises pendant la révolution; les jugements rendus contre le feu comte de Lancaster et ses adhérents furent cassés 1 ; les survivants, ou les héritiers des défunts, furent remis en possession de leurs biens héréditaires; la grande charte et la charte des forêts furonl confirmées, et certains abus abolis; ol on nomma un conseil de régence, composé de quatre évêques,

1. Rvm. ivn 2 iû-26-L Rùt> Pari. u, 3-6, 52. Kuyght. 2556. Lit sentence rendue contre lu comte de? Lancaster fut .unntikte . parce qull n'uvuit pas été i induit à la cour dit mi r ni jugé par scs palis, quoique ce fut un tuuips de paix. Cumulent puuvuîi-eu üire, toqué avec dus termes considérable* il avait assiégé te chilien u de Tîekdl ut pris |n ville de Burton ? La réponse fut que * lu chancellerie ci le* cours du justice étaient encore ouvertes , ut que le mi iTuvait pus dénloii 6

bannière. Bot, ParL n, J. 3. N eu Eÿti ». ir5 p. 731.

ms rom n ir Angleterre.

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quatre comtes et six barons, Toutefois, l a plupart de ces membres étaient du parti de la reine, et ceux dont elle ne disposait pas furent graduellement écartés par les menées de celle femme sans principes et de son aman U

Un événement inattendu déconcerta les premières mesures du nouveau gouvernement. Quelques années seulement de îa irêve d 'Ecosse ê l a î en l es p i réos * mais V à ta ! des a fTa i res d ü l1 A ngi e l e ms offrait au roi d'Ecosse une tentation h laquelle il n'eut pas la vertu de résister. Au mépris de ses engagements* il se détermina h arracher, s’il était possible, au jeune roi non renonciation solennelle h la suprématie réclamée par son père et son grand-père. Instruit des intentions de Bruce ? la gouverne ment anglais eut recours a toutes sortes d'expédients pour détourner les hostilités. Les seigneurs des Marches eurent ordre d'observer les articles du dernier traité [15 février] : le nouveau roi le cnn forma soleilnettement [û mars] ; nu entra en négociations avec le monarque écossais; et il fût enfin convenu que les ambassadeurs ^aboucheraient dans tes Marches , et traiteraient d'une paix définitive [23 avril]. Mais Bruce somma ses tenanciers militaires dé le rejoindre au même lieu et le mémo jour; et Edouard, pour être prêt à tout événement, fut forcé de donner les mômes ordres lux tenanciers de la couronne el aux gens des comtés du nord. Les négociateurs eurent une entrevue : les Ecossais insistèrent sur leurs conditions; el lorsque les Anglais hésitèrent, une armée de vingt-quatre mille hommes, sous la conduite do Randolf et île Douglas, passa la frontière [twr juin], et ravagea le comté de Cumberland 1 .

Edouard perdit six semaines h York à attendre l'arrivée de ses troupes. A la suggestion de Mortimer, il avait achète } pour la somme de quatorze mille livres, les services de Jean de Hamàul et d'un corps d'étrangers , qu'on logea dans les meilleurs quartiers, et a qui ou fil faire la meilleure chère. Le dimaru lic de la Trinité [7 juin], le roi traita cinq cents chevaliers] et la reine soixante dames, à leurs tables respectives ; maïs la fêle fut interrompue par l'avis d'un tumulte qui régnait dans la v ille. L'insolence des étrangers avait irrité les archers du Lmcolnshiro,^! . dans un combat qui dura jusqu'à la nuit , plusieurs centaines

i. Voyez Rrtat-r, iv, $50, 270, 371. 380 1 3f??f 393. Lord llmUs Uini.if*, 1145-llRj paraît avoir mal compris ces dbcuiüanïs qui prouvent étà di-minerit qui l’infi’BCtiôii à la trêve dnii être mise h la charge des Ecossais A U même époque, les tribus irlandaises fondirent sur le ytth Anglais en Irlande Ryiii, iv, 295 J , mais on ignore s'il \ avait quelque liaison entre lew deux invasions.

CILUMTItE Tli0iSÈME, m

d'hommes lurent (nés do chaque côté. Les gens du Rama ni réclamèrent r honneur de la victoire; maïs, iî dater de ce moment il- furent obligés d'user des mêmes précautions que dans un pays ennemi, et ils ne se considérèrent en sûreté que lorsqu’ils eurent • quitté l'ile. On nomma des commissaires pour s'enquérir de porifîine de la querelle : quel qu'ait été le résultat, on jugea prudent de te taire L

linim les Anglais, au nombre de plus de quarante mille hommes, marchèrent vers Durham ; mais ils ne purent obtenir aucune nouvdbÉ certaine de Vennemi j [3 juillet]. L ne armée d'Ecossais était particulièrement propre h des incursions do pillards. Elle se composait entièrement; de cavalerie, et net ait encombrée ni de provisions ni de bagages. Leur boisson était Teau de la rivière ou du ruisseau, leur nourriture le bétail du pays, qu'ils tuaient et faisaient bouillir dans sa peau; et ils portaient avec eus une petite provision de farine d avoine dans un sac que chaque cavalier atla- Vhaîl a sa selle* La rapidité avec laquelle ils s’avancaient ou se retiraient était telle, qu’il était difficile, ou de les découvrir, ou de les poursuivre. Le cinquième jour [|8 juillet], le roi reçut l’avis que L ennemi incendiait les village? h nm distance de dix milles de la ville* Aussitôt l'armée se mit en mouvement, ei marcha en trois divisions, dans chacune desquelles l'infanterie occupait le centre, et la cavalerie les ailes* Défense avait été faite à qui qNe œ fut do quitter sa bannière sous peine de mort.

On avança de la sorte pendant deux jours sans atteindre les Ecossais : le second soir, on résolut do gagner a marches forcées la rive gauche de la ïyne, et de couper la retraite h F ennemi* Dans ce hrn , le bagage et les provisions furent renvoyés à Durham, et personne li ent la permission d'emporter plusVun pain attaché à sa ielhu On se mit eu toute è minuit; on alla tout le jour en droite ligne, h travers montagnes et vallées, bruyères et marais, et un peu avant h? coucher du soleil, on passa In rivière à llaydon. On y resta sept jours dans la même ignorance des mouvements de l'ennemi, et souffrant des pluies comi miettes et du manque de vivres* Les soldats murmuraient; des soupçons de trahison circulaient dans le camp , et Edouard , par une proclamation, promit l'honneur de la chevalerie et une pension viagère de cent livres au premier qui lui apporterait des nouvelles jjes Ecossais* L'armée alors repassa la rivière; et le quatrième jour,

1 Rym. tv. Fmii*. c. t, 16. Wafc. 137* Leî, Coth î, 307*

IM HISTOIRE D*ÀN(j L ET El IRE*

vers trois heures de l'après-midi , Thomas île IWkésby, galopant vers le roi . lui dit : « Sire* les Ecossais soûl h une distance de trois lieues j postés sur une montagne , où ils vous attendent depuis Îr semaine dernière. Je les ai vils moi-mème, ayant été fait prisonnier, et relâché afin que je pusse réclamer la récompense* que vous avez promise, » Edouard aussitôt se dirigea vers l'abbaye voisine de Blaneldand, où il passa la mût,, et avec beaucoup do ses amis se prépara par des exercices de dévotion au combat du jour suivant.

Dans la matinée [1er août], Eokesliy conduisit Tannée vers les Ecossais. Us étaient campés dans des huttes au sommet dùiue montagne, sur îa rive droite de la YVear, a une petite distance de Stanhope, À la vue des Anglais, ils se formèrent h pied en trois divisions sur le penchant de la montagne, ayant la rivière entre eux et l’ennemi. Edouard ordonna à ses gens de mettre pied a terre, fit plusieurs chevaliers, et parcourut les rangs h cheval , suivi de ses principaux seigneurs. Après une courte pause , T armée marcha lentement vers le bord dé la rivière; mais les Ecossais restèrent immobiles dans leur position ; et on envoya un héraut anglais proposer quTme des deux nations' se retirât h une certaine distance, et laissât son ennemie passer T eau et se former sur ta rive opposée. Douglas répondit qu’il était venu là contre la volonté du roi , cl qu’il ne quitterait pas la montagne pour lui plaire, Si Edouard n’était pas content, il tf avait qu’a traverser, et h le chasser s’il pouvait. À la réception de cette réponse discourtoise, les Anglais eurent ordre de passer toute la nuit sons les armes. Les Ecossais, laissant une division pour garder la rivière, se retirèrent dans leurs huttes, « où , dit Troisw sort dans son stylo original, ils firent de merveilleusement >i beaux feux, et, vers le minuit, menèrent tel bruit et fracas h » tous leurs cornets, qu’il sembla que les grands diables daTen- >) fer se fussent îllec rassemblés. »

Les deux journées suivantes se passèrent de la meme manière : mais la troisième [4 aoi’it], dès T aube , les Ecossais avaient disparu. Ou les découvrit dans Ta près-midi, postés sur une autre montagne, plus difficile encore d'accès, et tin morne côté de la rivière; et le roi les suivant, planta son camp dans le parc do Stanhope, en face de Temiemï. Au milieu de la nuit, une alarme fut causée par les cris do a un Douglas ! un Douglas \ mort à ces brigands d Anglais ï » Ce vaillant chef avait passé la rivière è distance avec deux cents hommes, et pénétrant par les derrières du

eiÎAPmtE TIUHSUÜ1K. - 1\$

camp t il galopa vers lu tenir- du roi , dont il coupa les cordes do sa propre epée. Il tua environ trois çonls hommes , et se retira avec une perte légère.

Le but de cette visite nocturne fut bieuUH expliqué. Le jour suivant [5 août], Édouard sut par un prisonnier que toute F armée écossaise avait reçu Tordre de s’assembler dans la soirée, et de suivra la bannière du lord Douglas. Craignant une attaque nocturne, il Pu prendre les armes h ses troupes, et leur, désigna leurs positions pendant In nuit. Tout fut Iran quille et silencieux : dans la matinée [G aoft], on amena deux trompettes , qui déclarèrent quci les Écossais avaient quitté leur camp h minuit, avaient passé In rivière, et étaient en marche vers T Écosse. Maïs les Anglais ne crurent pas o ce rapport, et restèrent la plus grande partie de h journée dans la même position . A la fin , le fait fut constaté ; poursuivre un ennemi plus actif, qui était déjà h une distance de trente milles, c'eût été une peine inutile, et Tannée revint à Durham [ U\ août], et de la h York, oit elle fut licenciée [15 août] Ici fut le résultat ridicule de cette grande expédition, dans laquelle les commandants anglais furent vaincus par f habileté et l activité supérieures de leurs en uemis *.

Cette campagne sans gloire fut suivie d une paix qui fut aussi peu glorieuse aux jeux du public. Mais la reine et Mortimer n avaient aucun désir de continuer îa guerre : la proposition qu'ils firent d’un mariage entre David, fils unique de Hubert, et Jeanne, souîr d Edouard , fut acceptée avec joie jdéc.j* et [es conditions diin traité futur furent discutées et arrêtées par les commissaires des deux princes a Newcastle. Ces conditions étaient quïl y aurail une paix définitive et perpétuelle entre les royaumes if Angleterre et d’Ecosse ; que David, le prince ü1 Ecosse, épouserait la stnur iTE drniard , dès que les futurs atteindraient T âge de puberté ; que le roi d’Angleterre emploierait ses bons offices auprès du pape pour faire cesser les procès encore pendants contre Bruce a la cour du pape; et que Bruce payerait h Edouard la somme de vingt mille livres h trois échéances dans f espace de trois années. Un parlement fut immédiatement convoqué h York [10 déc.], et on y décida Edouard h faire un acte de renonciation pour h iimôme et ses successeurs h toute prétention de suprématie sur ia couronne <TEcosse | ler mars 1358] : acte par lequel les deux

L Froiüîïsirt, r, t% 17, 18, Rvnn. jvt JJ I ï vm m $68. Sûa la t 'h rn n . rvi p 1 7 3- 1 f

31$. Î*L CûlL j, 551. Murini. 77

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mSTOIR K D'ANGLETERRE1.

princes étaient placés soi le môme pied de souverains indépendants. Quand celte mesure fut constatée, Bruce, dans un parlement écossais tenu h Edimbourg, ratifia solennellement le traité [1/ mars : ; et ensuite Edouard lit de même dans un parlement anglais à Norlhamploti * [4 mai]. Cependant, on ne saurait dire qu’aucune partie de cette transaction ait eu la sanction de la nation anglaise. Les convocations au parlement d’York , ainsi qu’à celui de NorLliampLon, avaient été méprisées des principaux barons, qui, par leur absence, témoignèrent leur désapprobation de la mesure projetée1; et le peuple maudit hautement la conduite inconséquente do ceux qui conseillaient au jeune roi dé ro noncer à ses prétentions sur la couronne d'Ecosse, quoiqu'ils eussent fait une accusation capitale au jeune Spensôr de nTavoir pas obtenu cette môme couronne pouf son maître. Il est probable qulsabellc et Mortimer avaient leur propre intérêt en vue. La reine conduisit sa fille à Benvtok , où la princesse fui fiancée à David, enfant de cinq ans ; et Bruce paya exactement les vingt mille livres, que la roino — à ce qu'on nous dit — partagea entre elle et son amant 3.

Pour un homme d'une ambition ordinaire, le sort de Gaveston et de Speiiser, sous 3e dernier règne, aurait pu être urio utile leçon : Mortimer ne se contenta pas de marcher sur leurs traces il s'arrogea une autorité à laquelle ils rravaienl point aspiré. Quand le conseil de régence fut nommé, il avait été arrête qu'un évêque > uu comte et deux barons , pris dans son sein, seraient chaque jour de service auprès du rot, et lui donneraient leurs avis sur toutes les affaires d'importance. Mais Mortimer les supplanta ions, s’empara de leur autorité, remplit la cour de ses créatures plaça ses affidés comme espions autour du jeune monarque, et entretint une garde de cent quatre-vingts chevaliers pour* sa propre sûreté L Une toile conduite excita naturellement lu jalon-

1- Ford, iiiij H. Ttym. t v, 937. AW îh/m. ii,M De* ütïditionoels

i pifrro sur laquelin les rois ëcosiÉiÉ avaient eouuhnc A'ijirc cour ohm Elle W W^irwportiû à Berwiok par la reme-mêrc. Cat. aï Atw. Charl lnmd . a* On croyait lu tnute el|éa mtihaïUoiLs licrdus , maïs ils oni élè publiés d après le fônèrAf J&ÿïitsir Q/Jîetï , Auris ÊTew Kym. ns 73^ 740. 1

1 En enrisèqneijii il nv «sut rkui de fuit. - Clam. * Edu\ J U w, 15, d,

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