CHAPITRE TROISIÈME. ihb
f^3 nov,] Avant do poser cette question a son paiiemenij Edouard avait secrètement conclu deux traités avec Baliol. Par le premier, le nouveau roi reconnaissait que la couronne d'Ecosse était un fief appartenant a la couronne d'Angleterre ; il cédait h Edouard la ville et le château de Bonvick* auxquels étaient ajoutées d’autres terres complétant une valeur annuelle de deux mille livres, en retour de Va vaut âge qu'il avait tiré de « la tolérance dé son dit seigneur et de la bonne assistance do ses vassaux: » il offrait d'épouser la princesse Jeanne, si sou mariage avec David Bruce ne se faisait pas ; et il s’engageait h accorder à co jeune prince tel établissement que le roi d'Angleterre jugerait convenable. Par lesecond, lesdeux monarques s'engageaient à s'assister l'un l’autre de tout leur pouvoir contre tout ennemi domestique. Ces traités devaient être ratifiés dans leurs parlements respectifs ; mais l'expulsion de üaliol en suspendit l'effet, et selon toute probabilité ils Curent dérobés à la connaissance du public 1 ,
Mais les désirs réels du roi d'Angleterre furent bientôt exaucés par l'impétuosité des Ecossais ; et leurs incursions fédérées lui fournirent le prétexte qu'ils avaient violé le traité de paix* et décidèrent le parlement anglais à donner son approbation au renouvellement do la guerre [3 mars], B aboi ouvrit la campagne par le siège de Bonvick, qui fut vaillamment défendu par le comte de Mardi, commandant du château, et par sir Alexandre Seaton, gouverneur do la ville. Deux mois s’écoulèrent avant l'arrivée du roi d’Angleterre [15 mai] ; mais les opérations du siège furent poussées aussitôt avec une nouvelle vigueur ; et dans un assaut général le feu fut mis a la ville. Les habitants, intimidés par le danger, stipulèrent qu'ils ouvriraient leurs portes, s’ils notaient secourus avant un certain jour; èt sir Àrchibald Douglas, le nouveau régent, jaloux de sauver une forteresse si importante, passa la Tweed avec une année nombreuse ét offrit la bataille aux assiégeants [U juilleL]* Edouard se tint dans ses retranchements; eL le régeiit, après avoir jeté quelques chevaliers et dès provisions dans la place, partit le lendemain matin; ravagea le Northumberland, et mit le siège devant le château do Bamborough, oit résidait ia reine Philîppa, Le roi demanda alors que la
sis buruns; la seconde tlt;s iuitrea prélats et barons, et des procureurs* de prêtais <i\ barons, el k troisième des chevaliers, citoyens et bourgeois. Ibid.
L Itvns. it r 5Sn-§8a). D ms cet acte, Bülïcd dit qu'il avait fait hommtige lige et juré fidélité à Edouard pour ta couronne d'Ecusse. 11 rapporte même lés tetmes exprès de sua serment. Cependant il ny a aucune preuve ni probabilité qtt’lk se fussent jamais vus depuis ta comniâticemenl de f expédition de BulioU
\:M nTSTOTllK IVAXGTjETGRHE.
place se rendit; les Rossais répondirent qu'elle avait été secourue ; et les Anglais, par vengeance, pendirent un des otages, le fils du gouverneur* Cet acte de sévérité alarma les parents des otages qui survivaient ; et de nouvelles conventions furent faites par le comte do Mardi et sir William Keith qui avait pris lo commandement de la ville : il y était dit qu'on admettrait les Anglais dans les murs au bout do cinq jours, h moins que Formée écossaise n'eût auparavant fait lover le siège, cm n'eût introduit un corps de trois cents hommes d'armes dans la place entre le lever et le coucher du soleil de ce môme jour K Aussitôt un messager fut dépêché au régent ; et dans Faprès-midi du quatrième jour [19 juillet], on vit Farinée écossaise s'avancer en quatre corps pour attaquer les assiégeants. Edouard rangea son année sur Halidoîihill, d’où les archers incommodèrent l'ennemi* quand il s'efforça do traverser les lorrains marécageux au pied de la montagne et de la gravir* Les Ecossais furent fatigués et en désordre avant d’avoir pu atteindre leurs adversaires, et l'opiniâtreté avec laquelle ils combattirent ne servit qu'à accroître leurs portes- Le régent, six comtes et nombre de barons, furent tués sur le champ de bataille : les fuyards furent poursuivis par Edouard et un détachement de cavalerie d'une part, et par lord Dnrcy et ses auxiliaires irlandais do Foutre ; et le carnage dépassa, dit-on, celui de toutes les défaites précédentes, La ville et le château se rendirent immédiatement [20 juillet] ; et le jeune roi avec sa femme, |b$ur d'Edouard, fut emmené, pour plus de sûreté, de Dunbartüft en France, où il résida plusieurs années à Château -Gai Liard €
Baliol était remonté sur le trône d'Ecosse* et Edouard le requit de remplir ses anciens engagements. Un parlement fut convoqués Edimbourg [9 février liïâ/i] ; les demandes du roi furent accueillies sans opposition : et d'abord Berwidt, puis ton Lie pays à F est d une ligne; tirée de Dumîrîes à Linlttligow, furent, d’un commun accord, séparés de la couronne d'Ecosse et annexés a celle d’Angleterre3* Ce démembrement impoli tique du royaume exaspéra les Ecossais ; et d'un autre côlé, les dissensions dos barons anglais qui étaient rentrés dans leurs biens encourais Compare?, lert documenta dans Jtyrncr ; rv* fiOJr-SflS), ftvec la rçlciLL-mi trèsrirconatan criée du siège! dtins Voniraii" tic la Sonia Chrfrrufa, publié por lord M, 31 fi, H tbins Uv ftrüln Chtonien par Sumnson. 16ü„
i*. Knjght. éijlIO, tfottJ* Ford, s a il h 37, 3#, Heiaing, it. Sttô, 376.
3* Rym. iv, 5 EK), 614. fiaC Stùi. 361-20».
CIIVI'ITHE TtiOISlÈME. l;,:
«ferent lesmiiiellavid. Un nouveau Uiteurou régent tut^Otnnié ; fn couse île l’indépendance triompha de nouveau, cl üaUol tut forcé de se réfugier dans les terres qu'il avait mires n Ldcmnrd. Maia ce ‘.croit fatiguer la patience du lecteur que rtc continuer plus longtemps son histoire. Il trouva moyen pendant plusieurs armées .le lutter contre l’dpinilll relé de ses adversaires et contre la perfidie de ses partisans. Tant qu’il fut soutenu par le roi d An-, nie terre il «e releva victorieux de tous ses désastres: mais du Bf offrent oh Edouard résolut de réclamer la couronne rte b renée, ,m laissa languir la guerre: les forteresses se rendirent lune après l’autre aux adhérents de Da vid : ce prince a la fin se hasarda à rentrer dans son royaume: et llaliol, au lieu de tenir le sceptre de l’Ecosse, s’occupa îi protéger contre tonte insulte les comtes du nord de l’ Angleterre *.
Pour comprendre la politique suivie par Edouard dupant U reste rte «on règne, nous devons nous reporter a la succession îles monarques français. Philippe IV, surnommé le Bel, mourut ,,n 131Ù et laissa trois fils. Louis, Philippe et Chartes, qui tous trois, dans le court espace de quatorze ans, parvinrent successivement au Irène, et tous trois moururent sans enfants milles. A la mort do Chartes IV, le plus jeune frère, il fallut chercher 1 heritier légitime parmi les descend an is do leurs prédécesseurs ;qt il se présenta doux compétiteurs, Edouard d Angleterre et nlippe rte Valois :1e premier comme petit-tils rte Philippe n par saillie Isabelle, le dernier comme pclit-flls du père do ce monarque, Philippe lit, par son fils, Charles de Valois *. Il avait
i Tîiivitfc aborda avec 'sa fetnmet à Imerbome, le 4 ïnims 1341. Ccn* qui i\en- Ti4i de cwmirtUn- uni si. lisait on Ecptec à cette opOQiw, rein lit p n fniiufatantc dans les Aimait* <t beotte-, parlant Haï la, n, lt j. On compremlm ^eüt-éire miçv^uc deftciaidanco par U- uihkm suivant :
PHiLTt?fB 11 ï, 4U te Hardi f 1985-
FHüppt IV, dit le Bel, t 141 J
t’ bâties de Valois.
Philipp* de V ulaîs, compétiteur.
Cbiifle» IV, le: Bel. iM
Dcms fUlus,
Isabelle— E douflrd IL
Edouard HT, catupeâtoùp.
Louis X, Philippe. V, le Hulin, J310* leLrmtf,
Jearcfil, reine Quattp filles, de N a v un e.
On vomi par U qn’F.dmmnl , pour prouver son droit , était oliliRè do maintenir
liitt HISTOIRE (J’A^GLËTEllKE,
bien été décidé en 1316, à la mort de Louis, qui laissait une fille, Jeanne, que les femmes, par la loi fondtàâèniale du royaume, étaient exclues du trône de France ; mais on persuada a Edouard de soutenir que, bien que le sexe de la mère pût être une clause ifexdusion eu ce qui la concernait personncllorneuL Ü nô pouvait être un obstacle à ce que le fils succédât; tandis que Philippe prétendait, au contraire, qu une mère ne pouvaiL transmettre l\ son fils un droit dont elle n’avait jamais été en possession dlemèmo, Cette cause importante fut portée devant les douze pairs et les barons de France. Ils repoussèrent unanimement les prétention^ d'Edouard ^ 1:129], Philippe monta sur le trône, et
le roi d'Angleterre fut sommé de faire hommage au nouveau souverain pour son duché de Guienne.
La jalousie que ces rivalités avaient excitée ne s'éteignit jamais ; et chaque prince eut ou prétendit avoir beaucoup de motifs de plainte contre l'autre. Philippe garda en Gmenne plusieurs forteresses réclamées par le roi d'Angleterre; cl Edouard, lorsque, après bien des tergiversations t U conseil Lit h faire ho mm âgé, le fit eu termes généraux, omettant la promesse lige de foi et loyauté L En lââi, leurs différends furent ajustés en partie : Philippe rendit certains châteaux h Edouard : et Edouard, par un acte public, reconnut que E hommage pour la Guieime n'aurait pas dû être général, mais lige 2 [30 mars 1331]» Les autres sujets de contestation furent renvoyés h la décision d’arbitres; et Ton nourrissait une ferme espérance que la paix serait maintenue, lorsque l’iulérâl opposé que les deux rois prenaient aux affaires d'Ecosse réveilla leur ancienne jalousie, et les en traîna a des hostilités.
Lu politique do la couronne de France était depuis longtemps do soutenir les rois d’Ecosse contre la puissance supérieure de l’Angleterre, Quand David fut chassé du trône, Philippe le prit
trois principes : r Que fi- tu ni es étaient. évolués de la couronne de France ; autrement .H-UTims tille de Louis X, aurait ilii mériter de cette couronne aussi bien que de celle de Navarre; SC ipu» les ctifuuU imites de ces femmes rfétaionl point exfilus, autrement il ïùumrit tu imeuit droit lui-même; et H1 que tu.s enfants indlos, pour hériter de la court) mie( ^uruieuL dù vivre du vivant de leur grnnL père ; autrement les netiu^fiL de Philippe V et du Charles 1Y auraient eu un litre ni oîlleur que celui d1 Edouard.
1. Kym. ivf [ifiu. New Rum* n, 7U7. Four prévenir les discussions futures, il lut convenu que la cérémonie sfhçcompUrrdt de Sa îuatiîëresiiiv tinte * Le roi d1 A ta uletérro met ses mains outre c elles du roi de France, et r officier de la cour lui dit; Siret vous devenez Thomme du roi de France, mon seigneur ici ï^Sspt, (Tomnie duc de Guienue et pair de France, cou formé mont ttüi conventions faite» autrefois entre les ancêtres du roi de France et lés vdtres» Dites voire , c'est-àdire oui. Et ledit roi et duc ditt voir©. Idv îftïL Ryun ITT,