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raatd et s'agenouillèrent ensemble sur la plaie-forme, L'envoyé du pape, Audoyn, abbé de Clan y, qui célébrait la messe, se tourna vers eux après la consécration , tenant dans sa main h patène avec 1 hostie dessus , et ayant h son côté les évêques de Winchester et de Boulogne, qui soutenaient le mirât. II réca- 1 pitulaen leur présence les principaux articles du traité qu'ils allaient jurer. Alors Edouard, après une courte pause, s'adressa au roi de l rance : — « Beau frère, dit-iî, je vous préviens que « mon intention n'est pas d'être lié par co serment, si, do voire » côté, vous n’observez pas fidèlement tous les articles du traité, » Jean signifia son assentiment , et posant une main sur la patène 1 el l'autre sur le missel, il jura par lo corps du Christ et par les saints Evangiles. Edouard L imita, et on fit prêter le mémo serment à vingt-quatre princes et. barons français eL h vingt-sept princes et barons anglais K
Mais les infortunes de Jean avaient affaibli son autorité, et il vil. qu’il était plus aisé do promettre que de tenir. Après beaucoup de résistance et. des délais multipliés, il était parvenu h remettre a Edouard les divers districts mentionnes dans le traité ; mais telle était sa pauvreté qu’en quatre ans il n'avait pas pavé un tiers de sa rançon j et l'opposition do scs barons était si opiniâtre, qui! n osa jamais faire la renonciation de suzeraineté b laquelle il s 'était engage. Quelle que fût la cause do ce retard, personne ne mil en doute l'honneur du rnï j mais îa Sincérité de son fils parut très-problématique. C’était sous prétexte de mm suzeraineté que les précédents rois de France avaient annexé h leur couronne plusieurs des plus belles provinces du royaume, ci on soupçonna que la répugnance du dauphin venait de L’espoir que lo meme titre pourrait dans la suite lui fournir une occasion d incorporer h ses états celles que le traité assurait à Edouard' et à ses successeurs,
11 faut reconnaître toutefois que le gouvernement français avait aussi de justes raisons de plaintes. Pendant In guerre, la libéralité et la réputation d’Edouard' avaient attiré sous son étendard des soldats de fortune de toutes les nations de r Europe. Ces hommes no pouvaient vivre que du produit do leur opéc j et quand le roi leur ordonna de remettre les forteresses dans lesquelles ils étaient en quartier, ils refusèrent d'obéir, sy maintinrent en dépit des deux monarques, et subsistèrent eu pillant le pays. Ou a calculé
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qu'a une certaine époque, «■ les compagi^s » (e’è lait ainsi qu’on les appelait) montèrent a quarante mille hommes. Ce nombre est probablement exagéré ; mais Slles s’associèrent t reçurent dans leurs rangs tous les non vernis venus, et délirent une forte arniée que le roi de France avait levée et envoyée contre eux, <> fut en ynin qu’Edouard publia des«prÆb1amations menaçantes; les compagnies continuèrent de piller te territoire français, jusqu’à * ce qu'un présent considérable et lu perspective de plus grands avantages les engageassent h rejoindre les années qui étaient en Espagne et en Italie K
Outre les difficultés qui provenaient des hostilités des compagnies, il y avait dans la conduite d’Edouard lui-même bien des choies faîtes pour donner des soupçons. Les particularités n’en sont pas venues jusqu'à nous; maïs nous avons une lettre d'ïniuicenl [13 janvier 13(52], dans laquelle le pontife le supplie, dans l'intérêt. de son honneur et par respect pour son serment , de dissiper toute espèce de doute au sujet de ses intentions, et dobserver le traité dans tous ses articles % Parmi les otages au pouvoir du roi étaient quatre princes du sang royal de France, et pour cette raison appelés les seigneurs des fleurs de lis : le dur d'Orléans, frère du roi Jean ; les duc d’Anjou et de Berry, fils de ce monarque, et le duc de Bourbon, son cousin. Ces princes étaient impatients de revoir leur pays, et Edouard avait accédi;» à leur prière [20 nov.], à condition que certaines parties du traité seraient expliquées on sa faveur, et que certains châteaux sonnent remis entre ses mains. Les explications furent données, et les quatre princes furent tenus de rester à Calais jusqu’à ce que les châteaux fussent livres * [13 mars 1363]. Mais leur remise souleva des difficultés imprévues, et le duc d’Anjou, violant sa parole, se rendit u Paris L Son père résolut immédiatement d’aller trouver le roi (F Angleterre, et répondit noblement à son conseil qui essayait de Ton dissuader, «que si l'honneur était banni rie 1 univers, U devrait trouver un asile dans le cœur des rots, n il avait a cœur de se disculper de toute participation à l’évasion du duc d’Anjou, d’obtenir b modification de quelques articles du t !aité, ot de pourvoir a la s 0 roté de ses états pendant la croisade qu’il comptait entreprendre pour la délivrance de File do Chypre.