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Histoire d'Angleterre, Volume 2

La joie que le peuple éprouve, eu général, à Ta* vènement d'un nouveau prince , efface la douleur causée par la mort du monarque précédent; on se rappelle les fautes du premier avec ressentiment et mépris , tandis que le charme dç la nouveauté prête au second tout le mérite qu'on lui désire»

Le jeune prince offrait donc de .brillantes espé^^ rances ; on attendait beaucoup de lui , et tous les ordres de l'état s'empressèrent de lui jurer fidélité* Il était âgé alors de vingt-trois ans ; sa figure était agréable , son caractère doux , et«qen en lui n'annonçait de penchant pour le vice ; mais il ne tarda pas à laisser voir combien il étaiC peu propre à remplacer un monarque aussi graifd,que son père. Plus désireux de jouir dç son pâuvoir que de l'affermir, et aveuglé par la flatterie de ses courtisans , il crut avoir assez fait pour la gloire que d'avoir accepté le trône. Au lieu de poursuivre la guerre contre l'Én. 1

2 HfSTOIRK d'a^NGLETEARE.

cosse , comme le lui avait recommandé son père au lit de mort^ il ne fit aucune démarche pour arrêter* les progrès* de Bruce. Son voyagé dans ce pays fut plutôt une promenade fastueuse qu'une expédition militaire ; et Bruce , n'ayant plus à craindre un conquérant redoutable, sortit hardiment de sa retrsrite et obtint même un avanta:ge considérable sur Aymar dfeiYalence, qui commandait les troupes angl^sîfes.

Le jeune Edouard contempla cette défaite avec uafc tâch| indifférence ; loin de réprimer Taudacè de l'ennemi^ il se hâta d'en venir à un accom- Ébodemeni:? Les barons anglais , qui avaient été constaimneat tetius assujétis sot» le régné précédent /virent alors \ue le !*ceptre était tombé en des mains feiblès, et quils pouvaient sans crainte tenter, de rejprehdré leur ancienne indépetidance. ^ ' Pour confirmer les conjectures fimestes que l'on tirait déjà sur ce règne, Édouard rappela l'un de ses fa>fori<î, ^ui avait été banni sous le règne de son père , ^omme ayant cherché à corrompra les mœurs du jelme prince. Le nom de ce favori était Pieiî-re Gaveston ; il était fils d'uii chevalier gascon , qui avai^sem le feu roi. Ce jeune homme, possédant l'esprit ht les agrément personnels qui peuvent sédniré, %'fnsinuà dans l'affection du prince; malheure^tsement îl était totalement privé des Qualités et du jugement qlîi font naître l'es* time. Il était beau, brave , spirituel et actif, mais, èti même tem§ , efféminé , débauclhé et frtVcJe. Cês vices n'étaient qiife trop éti harmonie avéc lés goûti

ÉPOUÂBD IJ. 3

du jeune monarque qui 5 sentant bientôt qu^ ne pourrait vivre sans son fevori, le rappela pronap* tement, et, momietnt, vécut avec Jui'^njf

une intimité par^culière aucune récompensé ne parut à JÉdouard digne du mérite de Gaves ton ,-«1 même , avant son retçur de l'exil , il lui avait donné le comté deCornoujiâlle^qyi depuis peu était échu à la couronne. Il le maria à sa propre nièce, et jui fit présent d'une somme de trente -deux mille livres sterling que le. feu roi . avait réservée pour défrayer cent quarante chevaliers qui s'étaient eij-; gagés à portef son cœur àJérusalem.. ,

Ces faveurs accumulées JCie manquèrent pas d'ei^-^ citer la jalousie et même l'indignation des barons. Gavestop n^ cherchait nullement à adoucir lell/^:^s-^ sentiment ; énorgueilU de son pouvoir, il devint fier et impérieux. 11 traitait avec mépris et dérisioR la, noblesse angl^ise^ dont probableipent il recevàit des marques de dédaip., Lorsqu'il s'agissait de .déployer du luxe et de la magnificence , il éclipsait toujours les plus grands seigneurs du royaume, et s'efforçait de mortifier ses rivaux, non*nseulement par sa splendeur*, mais ^ndore par son in-« solence, /. .

La haine des barons fut poriée,à^son comble, lorsqu!iïs virent ce fayori présomptueux , nommé réfii^nt ^u royaunie,jpendartt un voyage que le roi fut c^l^é delaireaPanSypopr épouser la princesse Isabelle, à laquelle il était- fiancé depuis long-tQms', Ils ne négUgèrent pas , à l'arrivéede cette princesse ,

' Ande J. C, i3dé.

4 HISTOIRE p'aNGLETERRE.

quf étàh impérieuse et intrigante, de la mettre de letnr parti et s'efi6e)ircèrent de diriger son anîmosité cont?e Gaveston qui parut s'en inquiéter fort peu. Il saforma bientôt une conspiration contre lui, à la *fte de laquelle se mirent la reine Isabelle et le comte de Lancastre, gentilhomme qui jouissait d'up grand crédit. Ils s'engagèrent par serment à cfafetssër Gaveston , commencèrent à dépouiller tout l^espect pour Fautoritè royale , qu'ils voyaient aVpc indignation entre les mains d'un favori si méprisarble.

te roi, forcé enfin de <:éder à leurs clameurs , éloigna Gaveston du royaume, en le nommant ler^-lieutenant de l'Irfande. Maisr cette complaisa»cé de sa part n'eut qu'une courte durée : le faible mpnarque, habitue depuis long-tems à la sodété de son favori, sentit bientôt l'impossibilité ^ vivre sans lui ; et ayant obtenu du pape qu'il relevât Gaveston du serment que celui-ci avait été forté 'de faire , de ne jamais reparaître en Angleterre,' il ï^ppela ce mignoli, généralement détesté. Il alla ùiêmfe jusqu'à Chester le recevoir à son retour d'Irlande. • .

'Bientôt âprè^, le /oi assembla un parlement * ou il eut enfcorë as^ez dlnflueiice pour faire approuver >a conduite f ce qui servit à augmenter son attachement ridicide età r^ndre Ga>^ston plus odieux que jamais. Infatué de'hij-mêmej oubliant ses infortunes passées , êt incapable dé prévoir celles que l'avenir' pouvait lui réserver, il reprit

» An de J.C.,l3o9.

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