‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 2 sur 31 · EDOUARD II · texte numérisé non relu

EDOUARD II

tout son orgueil et toute son arrogaivpè , et le fit chaque jour de nouveaux ennemis.

On pouvait facilement prévoir que les efforts d'un roi £aible et d'uij favori méprisé seraient sans succès Goûtre \e$ farces réunies de toute la noblésse que la reine secondait secrètement. I^a chiite de Gaveston fiit résolue , dût Edouard lui^niême être enveloppé dans sa ruine. Un pitrlemept tumultueux s'assembla, malgré la défensé ef presse du roi, et une suite nombreuse de gen^ artnés s'y rendit. Là, fut portée la première atteinle.à l'auto* rité royale I. On donna des lois au monstrquequi fut forcé de signer une commission en vertu de laquelle le gouvernement du royaume fut remis entre 1^ mains de douze personnes choisies par les membres du parlement. Slles dea^aient administrer le royaume et ta maison du roi , dresser des ordonnances pour le bien» de l'état et l'honneur du souverain. Cette commission devait durer un aq et démi.

Plusieurs de ces, réglemens furent mi^ à exéeur tion, et quelques-uns paruirent en effet avantageux à la nation; tels, paç èxemple, que ceux qui établissaient Je choix des shérifs à l'avenir parmi les 'propriétaires , excluaient les étrangers des fermas Mu t*oi , défendaient l'altération des mitonaies, et révoquaient tous les dons exorbitâns qde la qoufônne avait faits .depuis peu ^. Le roi, se vpyaht entièrement dépouillé de son au-

' i6 mars de Tan i3io.

^ An de J. C, i3ii.

6 HISTOIRE d'aWGLJKTERRE.

torité , se soumit avec résignation à toutes ces concessions; mais lorsqu'il apprit que Gaveston devait êtrebanîiî po^ur jamais de ses états, il ne hii fut plus possible de dissimuler son' mécontentemènt. Il se t'endit à York; là, délivré enfiiT dé la terreur que lui aVîiit inspirée la puissance des barortà confédét^s , il engagea îmniédiatement Gaveston à revenir de Flandre, où il avait été-banni, et, déclarant que le châtiment qu'ils avaient prononcé contre lui , était ihjuste et contraire aux lois , îl le réintégra ouvertement dans tous ses Honneurs*.

11 n'en fallut pas davantage pour répandre l'alarme dans le royaume. Les barons volèrent aux armes,;* le comtp dé Lancàstre se mit lui-même à la tête de la'confédération; Guy, comte de Warvick, y entra avec faireur, èt le§ comtes de Warennes, de Pembroke et de -Hereford embrassèrent la mêmé causfe, tandis que l'archevêque de Cantorbéry, s'y associant également, entraîna dans ce parti la majorité des ecclésiastiqttes et' par conséquent la grande masse du peuple.

L'infortuné nionarque,Êiu lieU d'essayer de leur opposer de la résîstaucQ, ne songea qu'à chercher sa propre sûreté. Heureux de posséder son favori , il s'embarqua avec lui à Tynèmbuth, et fit voile vers le château de Scarborough* où 11 laissa Ga- . veston , regardant cette forteresse 'comme un asile assuré. De là , il retourna à York , soit qu'il eût l'intention de mettre une armée sur pied et de marcher contre ses ennemis , soit qu'il eût l'èspoir

' Aade J. C. , iSia.

secret d'apaiser le mécQntentement |;éuéral par sa j>résence. Peijdant ce tems , le pointe de Pemhroke se hâta d'aller assiéger Scarborough,^ai eut étç îmjs^^epable. si ta garoîson av^t été st^§aiQmen|: 9PproYisîp0né#. Mais Gaveston , certain,^ d^ vf^u-^ :vais,état ^ coî^ çlace, adopta prompt.temei>t Iç

' parti dei^^iti^^- U stipulaqu'il resterait demLjpc^ prispniiijer entçe les mains de Pembroke /et que, dans cet intarvajle,, pa ferait des efforts ^our obtenir un accominpdeinent. ^

Toutefois Ppmbroke, qui ix'ayait nullement l'int^tioçL de le J^i^ser échapper ao^i facilement 4p mauvais pas, le fit conduire au iihâteau de Ded- 4ûigtoQ, prè§ de Banbu^y, où, s6us le prétexte de quelque^ autres affaires, il fe laissa avec une faible ^[arde^ Le^omte de Wai'vjick, èn ajjaiitété informé, yifit assiéger le château oiwQftyesJon éts^it renfermé, et se rendit promptement^ioaitre^^e^à personne.

Les coîntes de Lancastj'e,^de Hereford et d'Arundel, pyrévenusdu sucçès '^e Warvick-, et avertis que l^Wr ^pnemi commun avait été transféré, au château de Warvick, s'y rendirjent promptement, afln de décider du sort dfe leul- prisonnier. La eonjFjé-

' rence ne fut pas Ippgufe ; iL fut décidé à Vunanino^ité qu*on le . fiçf ait périr comme ennemi du rQys^ume. On ne lui donn^ pas même le tems de se prép;^rer a mourir; on le fit conduire sur-le-champ à un endroit appelé Blacklow-hill, où un bourreau gallois, chargé de tout ce qui était nécessaire à cette exé. cution , lui trancha la tête^

* L* orgueil et Tinsolenct de Gayestou , iléJ4 trop^ erimintl puUqu 'il

8 HISTOIRE dVwGLETERRE.

. II sej;nblequ'à cette époque^ il régnait dans la i^tidn un ' esprit de cruauté plufe odieux encore que dans Içs ^cles de barbarie et d'ignorance» Peut-ét»^ Ips meurtres^ que les chrétiens et les Sar^ raâiàs côfpmettaient continuellement les uns contre les autres 4atis tes crœsades , £siiniliarisèrent-ils le {j^uple avec la vue du sang , et apprirent-ils aux chrétietis À se massacrer avec la même att^gtesse qu'ils éprouvaient en égorgeant les infidiHes auxquels ils fi^àieçt rarement quartier.

Le roi.parut d'abord en proie à tout le ressen^ timent qtie pouvait lui inspirer une telle injin^ ; mais aussi faijjle^àns ses affections que dans ses pro^ jets de vengeance , il s'apaisa bientôt y et pardoilBa aux coupables , dès qu'ils lui eurent donné des marques de scaunissîon et de repentir. La tranquillité parut donci rétablie de nouveau eatre les factieux Ift fureur, qu^ avait animé les Anglais tes uns contre les**autrfs.^ dirigea alors contre les Écossais , regardés 'eoinpftejes ennemis communs.

Les Anglais avaient qurfque tems auparavant, déclaré la guerre à cette ,n{|itioix, ds^s l'intention de recouvrer FautorJté qu'ils avaient eue sur elle, sous le règiie précédent , 'et bieiïtôti après, une trêve avait eu lieu; mais les conditioins du fraité

était étranger, disent les Lettres sur Vhistoiri d* Angleterre ^ avaient excité contre Ini la haine publique. « La haine des Angfids ponr les ■ étrangers date de loin , ajoute Brissot dç Warviile ; on ne voit pas « qu'en France et en Espagne , royaumes qui ont en plus souvent M des ministres étrangers, cette haine ait été poussée si loin. • C'est qn*en France et en Espagne il y a toujours eu moins d'esprit na> tional. C. Y.

* AndeJ. C, i3^3.

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