CHAPITRE XIII
ÈRE CHRÉTIENNE
Les lois ont prononcé : Ions ces réduits austères , Ont dépouillé leur deuil , leurs ehatnes , leurs mystères.
(Lbgoutb , la Mélancolie.)
SOMMAIRE. Division d'Argentan en quatre églises paroissiales. — De la prééminencedes églises Saint-Germain et Saint-Martin.— Des dîmes et des décimaleurs.— Eglise Saint-Germain.— L'édifice appartient à des époques diverses. — La Chapelle Monlreuil. — Tableaux donnés par les corporations.— Confréries ayant chapelle et services fondés. — Reliques de Saint- Mansuct. — Des Jansénistes. — M. De Bernières et ses partisans. — Leur pénitence dans l'église Saint-Germain. — L'ostracisme. — La généralité d'Alençon considérée sous le rapport ecclésiastique. — Du diocèse de Séez. — Son étendue , ses divisions administratives. — Les derniers évéqoes. — Nouvelle organisation administrative du diocèse. —Clergé d'Argentan en 1845. — Destruction des cadrans horaires. — Elévation d'un aigle sur le clocher de l'église Saint-Germain. -Eglise Saint-Martin.— Communauté de Notre-Dame de la Place. — Abbaye Saint-Clair. — Les Dominicains. — Les Capucins.
Dans le xvii* siècle et précédemment encore, la ville d'Argentan était divisée en quatre églises paroissiales, Saint-Germain, Saint-
Martin-dcs-Prés, Saint-Marlia-des-Champset Notre-Dame de Coulandon. On ne connaît pas l'érection de ces quatre paroisses. On n'est pas plus instruit sur la prééminence que réclame Saint- Martin sur Saint-Germain, toutes deux dans l'enceinte de la ville; leur origine est également perdue dans la nuit des temps. Un règlement de M. Lecamus, évêque de Séoz, du 8 juin 1029, déclare que ces deux églises iront de pair, et auront les honneurs alternativement; ce règlement fut confirmé par arrêt de l'année 4064 du parlement de Normandie. La même incertitude règne sur le point de savoir s'il aurait ou non existé deux curés, dont un pour chaque paroisse, comme semblaient l'indiquer deux maisons presbyte™ les. ou si ces deux églises étaient réunies en un seul bénéfice, comme Notre-Dame et Saint-Léonard d'Alcnçon t unies en 4243 par Geoffroy Mayet, évêque de Séez. Au reste, de temps immémorial , ces deux paroisses sont gouvernées par un seul curé, cependant elles ont eu jusqu'en 4840 un clergé particulier.
Des difficultés survenues entre les deux fabriques au sujet de l'étendue du territoire de chacune des églises, sur la réclamation de celle de Saint-Martin, la division fut établie par sentence du 43 juillet 4787.
Richard ji , duc de Normandie , ayant fait réédifier l'abbaye do Fontenelle, depuis Sainte- Vandrille, lui aumôna en 4024,1e patronage et la dîme d'Argentan. La charte de donation est le premier titre que Ton connaisse où il soit question des églises d'Argentan.
A la sollicitation de Roger, abbede Sainte- Vandrille, Girard évôque de Séez, confirma, le 8 des calendtsdejanvier 4 435, toutes les possessions qu'il avait dans son diocèse, particulièrement ses droits sur Argentan.
Omniaquœ in ejus episcopata habet in Castro argentomo , eclesias cu-n decimis in omnibus rarum appendiciis integrœ.
Los papes Clément iv, Georges v, accordèrent à la même abbaye deux bulles, aux années 1267 et 4273, en forme de dénombrement de ses possessions. Décimas quas habetis in villa Argentomo, cumjure patronus eclesiœ ejusdem villœ nec non, et décimas quaê ibisdem percipitis et in dioccêi Sagiensi décimai et donariorvm quoi percipitis in Argentomo.
L'abbaye de Sainte- Vandrille ne possédait pas toutes les dîmes d'Argentan. On voit dans une charte de 1279 , que Jean Delatour , chanoine de Coutances, et Richard Delatour, son frère, donnèrent à la maison de Dieu d'Argentan , deux tierces parties dédîmes de blé, et autres choses dans le dimage de celte ville. Une huitième partie de la dime d'Argentan avait été vendue ou donnée à l'abbaye do Saint-André-en-Gouflern, par Guillaume et Henri Delatour. EnGn , Jean Delatour, clerc , et Guillaume Delatour, gendarme, fieffèrent une maison assise en la paroisse Saint-Germain , à Jean Lobon, pour 60 sols de rente qu'ils déléguèrent à l'église paroissiale : cette délégation est du mois de septembre 4280, elle est rédigée en latin ; et par transaction du 23 juin do la môme année 1280 , l'abbé de Saint-André cède le huitième donné à son abbaye, moyennant vingt septiers d'orge par an.
On voit dans un aveu fait à François I er , en 1551 , par l'abbaye de Sainte- Vandrille , qu'en outre la dime des grains, elle percevait des rentes en argent, oiseaux, œufs, oblations et chandelles.
Dans le siècle précédent, une contestation avait existé entre l'abbaye et Jean Demora , curé d'Argentan , pour ta dirao des vignes ; elle fut terminée par transaction, devant Ticrcelin et Cousinet , notaires à Paris : il fut arrêté que le curé aurait la moitié de la grosso dîme et novals , mais qu'il paierait les vicaires. Des sentences du siège d'Argentan, des 27 mars 1656, des arrêts de 1658 et 1672 , ont statué sur les difficultés existant
entre l'abbé de Sainte- Vandrille et le curé de Mauvaisville, sur le point de savoir ce que l'on entendait par grosses dîmes, menues et vertes dîmes etnovals. Les derniers procès ont eu lieu entre M. Louis Loutreuil , curé de Mauvaisville , appelant de la sentence du baillage d'Argentan, du 5 avril 4778 , contre mes sire Louis-Sexlius de Jarente de la Bruyère , commandeur des ordres du roi, évéque d'Orléans, abbé commendataire de Sainte- Vandrille, en présence des sieurs Tocqueville et Valdorne , fermiers des grosses dîmes de Mauvaisville.
Aucune révélation antérieure à 1279, ne nous apprend l'origine des dîmes et patronage de ces églises d'Argentan ; l'acte de cession de la huitième partie, par l'abbaye de Saint-André à celle de Sainte- Vaudrille , est du 22 juin 1279.
Un nouveau règlement de M. Rotrxel, évéque de Séez, du 3 juin 1658, a rappelé et confirmé celui de M. Lecarnus, de 1629, qui déclare les deux églises Saint-Germain et Saint- Martin égales en titre.