OU HOPITAL SAINT-THOMAS
Cet hôpital, fondé par les bourgeois d'Argentan, est trèsancien ; on ignore la date de sa fondation. Les titres transportés au château » lors de la guerre contre les Anglais, y furent brûlés en 1556. Charles , duc de Normandie, depuis roi de France , donna, le 24 avril 1511, aux frères, par lesquels l'hôpital était desservi, des lettres patentes pour confirmer leurs privilèges, On
conserve dans le Cbariier , des arrêtés de François I er de 1 544 , de Henri II, du 40 février 4347, des arrêts de confirmation de 4642 et 4667. L'église, primitivement était dédiée à la Sainte- Trinité; depuis, c'est-à-dire en 4475, elle fut dédiée à Saint- Thomas, évêque de Cantorbéry. Le roi d'Angleterre, duc de Normandie , Henri II , fit célébrer cette dédicace. Cinq ans après le martyr, et deux ans après la canonisation du saint prélat, en expiation des plaintes indiscrètes qu'il fil contre saint Thomas au château d'Argenlan, et qui déterminèrent Guillaume de Tracy, Hugues Demoreville, Richard Breton et Régna ult Falsour, à assassiner l'é vêque de Cantorbéry, le 27 décembre 4470, devant l'autel de sa métropole, au milieu de ses ecclésiastiques et au moment où ils étaient assemblés pour chanter vêpres* Dans Tannée 4208, Henri Clément , maréchal de France, gouverneur d'Argentan , y mit deux chapelains. En 4460 les frères Condomnés cédèrent le droit de présenter ces chapelains à Pierre de Valois, deuxième du nom , seigneur d'Argentan.
Robert Deraagny fonda, en 4447 l'autel Notre-Dame-de-lton- Vouloir, approuvé par Mauger, évêque de Séez. Des lettres-patentes, portant date des années 4 24 4 et 4247, autorisent desdroils et des concessions a 1 Hôtel-Dieu ; la première est d'Innocent III, il prend sous sa protection l'enclos du Vivier, le pré de Lisle- Hersent, le droit de prendre chaque jour une charretée de bois dans la forêt deGouffern , et en outre la donation des coutumes des foires Quasimodo etSaint-Pierre-aux-Liens. Jean Clément , fils du gouverneur, aumôna , en 4535, le droit de pacage de soixante porcs dans la forêt. Jean , duc de Normandie, fils de France , donna le droit d'y prendre tous les bois pour construire et entretenir les édifices. Pierre II de Valois confirma ces donations et remit les dixièmes pour les acquisitions par charte de 4375. Ce prince fonda un serviceet- une distribution aux pauvres malades et aux enfants trouvés élevés dans l'hôpital Saint-Jean,
sur le pont d'Orne ; cette charte est datée lïessay. le ^6 avrrf 1588. Le même prince mourut au château d'Argentan le 20 septembre 4405. Marie Chamîllard, sa veUve, quitta te château pour habiter l'Hôtel-Dien avec Marguerite de Valois, sa fille ; élite y mourut le 48 novembre 4425. Sa fille y mourut peu d'années après et fut enterrée dans le sanctuaire, au-dessus du pupitre. Leur mausolée en bois fut enlevé en 4674 ; on plaça? dans l'église un tableau tftft armes de France et des Chamîllard , avec une inscription indiquant le lieu de leur Sépulture. Dans l'année 441 3 , Guillaume Lareonnear , chevalier seigneur de Méda vid , Roisville, Aubry le Panlhon et Ôrelel, éeuyer maftred'hôtel de Jean , comte d'Alençon et du Perche , capitaine de la* ville et château d'Argentan , qui depuis fut tué en la présence et en secourant le duc d'Alençon dans la bataille donnée devant Verneuil en l'année 4 424 , fonda Une chapelle en l'Hotel-Dicude 1 Saint-Thomas d'Argentan , dans laquelle fut enterrée Jeanne' Dagnaux, son épouse, première dame d'honneur de madame la duchesse d'Alençon. Depuis , on s'est servi de celle chapelle pour faire une sacristie. Aux vitres, à la voûte et en plusieurs lieux, se voyaient les armes du duc d'Alençon , à la main droite et à la^uchecelle des Larçonneuret des Dagnaux , en même ecusson. Ces derniers portent pour armes, d'argent à trois agnauœ panant de gueule deux et un. Le 38 septembre 4459, Marie Larçonneur, fille de Guillaume et de Jeanne Dagnaux ayant épousé Jean berouxel , passa contrai avec Jean Hamon, prêtre, chapelain de la chapelle Saint-Thomas d'Argentan, par lequel, entre autres choses, elle le décharge des messes qu'il était obligé de dire dans la chapelle Saint-Thomas , fondée par le père de ladite dame. Elle mourut à son château de Médavid, en l'année 1460. Dans l'année 1459, André Noiset, bourgeois d'Argentan, sommelier de paneierio du duc d'Alençon , seigneur d'Argentan , devenu malade de la lèpre, aumona l'Hôlel-Dieu de la terre de Laillerie,
située à Urou. Les dames do Chamillard , de Valois et LarçonneUr sont les dernières inhumées dans l'églis Saint-Thomas; céttê église a été démolie dans le xtx e siècle ; la reconstruction est récente. L'hospice Saint-Thomas d'Argentan possédait beaucoup de rentes ; les grosses dîmes de Tanques et de Cuigny lut furent confirmées par arrêt du 44 janvier 4 770, et par Jean Debernière, évèque de Séez. L'hospice avait environ 2,500 fr. de revenu. L'usage d'employer des domestiques des deux sexes pour soigner )<*$ malades cessa vers 4662; des filles de bourgnois s'y rendirent et formèrent une communauté. Le règlement de leur état et devoir fut rédigé en vingt-quatre articles. Ces statuts sont enregistrés le 4 flf février 4679,confirmés par Louis XIV au mois d'avril de la môme année. Pendant l'usurpation anglaise, à partir de 4419 l'hospice fut administré par Wingpinthon , Jean Piedpor , Thomas Haulinkton. 1 Vautres administra leurs se sont succédés jusqu'à la révolution de 4789. En 4750 , M. Barbot, prêtre d'Argentan , était chapelain de l'hospice Saint-Thomas; c'était une célébrité du temps; nous avons de lui plusieurs ouvrages : son analyse raisonnée des sciences publiée en 4754 . Il en existe aussi des oeuvres inédites. .
Dans tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 4 795 on s'est beaucoup occupé des hospices. La loi du 49 mars 4793 , place la régie des biens sous la surveillance des corps administratifs. Les lois du 4 « f mai 4793, 23 messidor 4794, 9 fructidor an m , 2 brumaire an iv , 28 germinal suivant , 46 vendémiaire an v , 44 frimaire an vu , ventôse an vin , décrets et ordonnances du 7 floréal an xui , 6 février 4848, 49 novembre 4826 et 22 janvier 4834, prouvent la sollicitude des hautes administrations financières pour ces tristes enceintes. La stricte observation de ces sages règlements préviendrait la malversation des agents comptables , préjudiciable non seulement pour les hospices , mois encore pour le^eitésoù ils sont établis , puisque, en cas d'uisufti-
sance,il leur faut compléter les sommes nécessaires au fond d'entretien des hospices. Depuis 1820 jusqu'à 1836 , deux des receveurs del'hospice Saint-Thomas n'ayant pas rendu compte tous les trois mois, comme le prescrit l'article 3 de la loi del789, il en est résulté un déficit dans la caisse de plus de soixante mille francs. Le premier est mort insolvable, le second a pris la fuite. L'hospice a recouvert cependant, sur ses biens, une partielle la somme dont il est déclaré débiteur par arrêt delà Cour des comptes du 5 septembre 1842.
L'hospice Saint-Thomas a reçu beaucoup de donations. On cite particulièrement celle de M. Moignet Marquet vers 1830, s'élevant à près de quatre-vingt mille francs. Une partie est employée à l'édification de nouveaux bâtiments utiles à l'établissement.