‹ Histoire d'Argentan et ses environs comprenant des recherches historiques episodes de la domination des Celtes, des premiers Gaulois, des Romains, des Franks & des Normands dans les GaulesChapitre 12 sur 30 · LÉPROSERIES · texte numérisé non relu

LÉPROSERIES

La lèpre était une gale d'une espèce horrible; les juifs en furent attaqués plus qu'aucun peuples des pays chauds, parce qu'ils n'avaient ni linges ni bains domestiques. Ce peuple était si malpropre que ses législateurs furent obligés de lui faire une loi de se laver les mains.

Tout ce que nous gagnâmes à la fin des croisades , ce fut cette gale; de tout ce que nous avions pris , elle fut la seule chose qui nous resta. Il fallait bâtir partout des hôpitaux spéciaux qu'on appela léproseries ou maladreries, pour y renfermer les malheureux croisés, attaqués d'une gale pestilentielle et incurable. La nature contagieuse de la lèpre isolait ces établissements dans les faubourgs des villes et dans les campagnes, afin de mettre la population à l'abri du contact des pestiférés. On dota parfois les hospices , mais souvent on ne le fit pas ; et les pauvres lépreux furent obligés de mendier. On leur jetait un morceau de pain , parce que l'on n'osait pas le leur mettre dans la main , de crainte

de gagner la maladie en les touchant, ou seulement leurs vêtements. Les règlements de police qu'on fit alors pour garantir la santé publique, nous apprennent que les lépreux étaient tenus

d'avoir à la main une sonnette ou une crécelle, quand ils marchaient dans les rues et dans les chemins; qu'ils devaient, avec ces instruments, avertir de leur approche, et, s'ils voyaient quelqu'un venir vers eux , ils devaient passer de l'autre côté du chemin.

Au commencement du xm e siècle, on comptait en France plus de deux mille léproseries : la ville d'Argentan en comptait trois dans ses environs.

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