LÉPROSERIE DE SAINT-MART1N-DES-CHAMPS
Cet hôpital, nommé Grande-Maladrie, fut établi vers la fin du xii° siècle pour les malheureux affligés de la lèpre. Il était a Argentan le principal établissement de ce genre; ce qui nous fait penser que sa création est de la fin du xn 6 siècle , c'est qu'il existe une charte passée en 12BG entre les paroissiens de Saint- Christophe etlesadministrateurs de cette léproserie, par laquelle les habitants de Saint-Christophe s'obligent de payer une gerbe et un denier par chaque feu , pour y faire recevoir leurs lépreux, il fut placé dans les champs , vers le nord , hors de la partie habitée du faubourg, au village de Mauvaisville. Les Lépreux y furent installés et soignés jusque dans le xv siècle; dans le xvu siècle, la Malad rerie fut , ainsi que toutes les léproseries du royaume, incorporée à l'ordre du Mont -Car me) et de St-Lazare, par lettres patentes du mois de décembre 1672.
Le roi ayant jugé convenable de désunir ces maladreries de ces ordres, par arrêt du J 5 avril* 693, les administrateurs de l'Hôtel-Dieu d'Argentan , présentèrent une requête au conseil, et celte Maladreric qui , sans doute, était déserte , puisque la
Lèpre avait cessé, fut, par provision, réunie à l'Hôtel-Dieu ; l'arrêt de réunion provisoire est du «i février 1694. Sur le rapport de monseigneur l'évêque de Séez, et d'un commissaire départi, la léproserie de la Madeleine , située paroisse de St-Marlin-Deschamps, par arrêt du conseil du 14 janvier 1693, et lettres patentes du mois de mars 1696, fut définitivement unie a l'hôpital des malades d'Argentan (l'hospice St-Thomas.) Les biens cl te venus de cette léproserie, jusqu'à ce qu'il en soit fait emploi , aimi qu x il y serait pourvu par sa majesté , suivant l'édit et les déclarations de mais , avril et août 1693 , devaient être régis par les administrateurs de l'hôpital d'Argentan.
L'arrêt de réunion provisoire nous apprend qu'on trouvait dans le rôle des décimes , pour le diocèse de Séez: Decanatus de Escoucheio folio sexto leprosaria de argenthomo. La léproserie de la Madeleine, ou grande léproserie d'Argentan, était donc située dans le Doyenné d'Ecouché . c'est-à-dire que ce doyenné comprenait dans son enclave, la paroisse de Mauvaisville ou de St-Martin-Deschair.ps; nous voyons différents actes d'adjudication des revenus de la Maladrerie, particulièrement celle du 26 avril 1569, dans lequel on lit : Devant nous , Guillaume Delaunay, licencié es-lois , lieutenant en la vicomte d'Argentan, s'est prtsenté honorpble homme , Thibaut Biard , maitre et administrateur de la maison Dieu , lequel nous a fait apparoir , qu'aux fins de procéder à l'adjudication et bannie de deux pièces de pré appartenant à la léproserie d'Argentan, la peemière pièce nommée le pré de Launay , etc.
L'adjudication du 27 juillet 1573 contient aussi les énonciations suivantes : devant nous GuillaumcDelaunay , etc., s'est présenté qui voulussent mettre à prix des maisons, terres labourables, prés et moulin à bié , appartenant à la léproserie d'Argentan. Cet établissement, de fondation bourgeoise, avait donc reçu beaucoup d'aumônes et possédait des biens pour une
valeur assez élevée. J)e plus, il resulle d'un contrat pas** devant les notaires d'Argentan, le 26 juin 1582 , que le curé de la léproserie de la Madeleine., elles administrateurs de l'Hôtel-Dieu, donnèrent le pré Di'launay et le moulin à blé, à M. de Fer vaque», #n échange contre les vingt acres de pré à Baize : o Furent pré- » sents vénérable et discrète personne, M e Gilles Pottier, curé de » la Madeleine, et Léproserie d'Argentan , reincorporé audit Hô- )> tel- Dieu, et M* Thomas Lé Cœ/frel, administrateur de la Mai-
o son-Dieu d'Argentan, lesquels ont donné en échange à.... t ,
d C'est à savoir, le moulin à blé de ladite Léproserie , un lotte- » reau de terre ( le pré Delaunay ) étant derrière ledit Moulin, » et le pré adjacent, dudit Moulin, contenant cinq ou six acres o environ.»
L'établissement , resté vide par la disparition de la lèpre dans nos contrées, fut loué, comme il Test encore de nos jours, avec les autres propriétés de l'hospice Saint-Thomas ou Hôtel-Dieu. Les bâtiments ont à peu près conservé leur forme primitive, sauf quelques changements, pour les employer à l'exploitation des terres.