PRIMI
PRISSIONIS
ET PRVSS1AE
MARIANAE VX
ORI VIVA VIDV
CVS FILIVS FECIT
Propriété de M. Mersch, au bas des remparts du côté de la caserne, près du chemin allant à Guirsch.
C'est le commencement de l'inscription n° 263 du Luxemburgum romanum.
Cette pierre avait été donnée au Musée provincial ; mais le propriétaire s'était opposé plusieurs fois I son enlèvement ; depuis, elle a disparu, sans que je sache ce qu'elle est devenue.
Autres débris.
N° 49. Une pierre carrée oblongue :
Hauteur 0"58
largeur i 40
profondeur 0 30 Devant un pilastre avec canelures placé à gauche du spectateur, on voit deux cavaliers casqués et cuirassés, tournés à droite, qui frappent de la lance un ennemi qu'on devait apercevoir sur une autre pierre. C'est la reproduction du N° 227 du Luxemburgum romanum plus complète, mais dans l'atlas d'AI. Wiltheim, les cavaliers ont la face tournée à gauche ; ici, le dessin n'est-il pas fautif?
Le pilastre a Q^40 de largeur, ce qui indique, pour le terminer, une hauteur de cinq mètres environ, avec la base et le couronnement. Peut-il être question simplement d'un monument funéraire ?
N° 50. Fragment. Une tête de femme sous une arcature et gracieusement sculptée.
N° 51. Deux autres débris représentant également des tètes de femme, séparées du corps. Ces débris ont disparu, ainsi que je l'ai dit plus haut en note.
N° 52. Pierre incrustée.
Longeur
largeur
hauteur
La niche a 0">40 de hauteur
et 0 30 de largeur.
ISO miToiu d'ablok.
On y a sculpté un homme tourné à droite du spectateur ; il est appuyé sur un bâton ; il porte à la bouche un vase rempli d'eau qu'il vient de puiser à une fontaine enfermée dans un bassin aux pieds du voyageur.
Que signifie cette représentation ? Est-ce une pure fantaisie ?
Rue des Capucins.
Ne 53. Pierre fracturée. Ce qui reste représente le grouin d'un sanglier avec ses défenses.
Longueur O0^
hauteur 0 25
largeur 0 22
N* 54. Pierre d'une forme irrégulière, n'étant qu'un débris. Longueur (MO
largeur 0 55
épaisseur 0 25
Sur le dessus de la pierre est sculptée une patte énorme d'animal posée droite. Cette patte appartient à un corps terminé par une queue qui se recourbe et finit en manière de poisson.
La patte à double articulation et cette queue de poisson font supposer qu'il s'agit de quelque monstre amphibie.
Rue des Capucins.
Dans les murailles anciennes conservées de la ville d'Arlon, dans les jardins en dehors des murs et touchant les remparts soit détruits, soit debout, n'importe où l'on fouille, on découvre des monuments des Romains, des monnaies des consuls ou des empereurs. Ces débris sont nombreux. Les vieilles fortifications arlonnaises en renferment d'autres peut-être plus nombreux encore; quand verront-ils le jour?
C'est donc par centaines que l'on compte les débris romains extraits du sol d'Arlon, & diverses époques ; une question vient naturellement k l'esprit : où tous ces monuments se trouvaient-ils placés ? Je fais abstraction des pierres qui évidemment appartenaient & des édifices publics, je ne parle que des tombes. Je répète ici une observation que j'ai déjà faite : la plupart de ces monuments avaient une face et deux côtés latéraux sculptés, le derrière était simplement taillé au ciseau ; la tombe devait donc être vue par le passant de trois côtés seulement.
Ces monuments étaient-ils placés le long d'une route ? Arlon avait-il sa voie appienne ?Ou bien faut-il admettre que ees tombes ne recourraient pas les cendres des défunts et que, élevées seulement a leur mémoire, elles se trouvaient à l'intérieur du viens , le long des murs extérieurs d'un ou de plusieurs édifices ? Dans tous les cas, leur emplacement ne devait pas être éloigné, car on a dû les avoir pour ainsi dire sous la main, quand on les a enfouis dans les murailles de la forteresse.
Que peut-il y avoir de vrai dans ces conjectures ?
A quelle époque de l'occupation romaine les pierres tombales et les autres pourraient-elles remonter ? Ces monuments n'ont pas été élevés tous en même temps ou bien à des intervalles rapprochés. On peut conjecturer qu'ils appartiennent à tous les temps de cette occupation ; indiquer une date pour chacun n'est guère possible.
Cependant, pour quelques-uns, on pourrait être plus précis et les rattacher aux temps des Antonins, ce qui semble indiqué par les ornements qui décorent les pierres et peut-être par les détails des habillements des personnages.
Un monument porte une date certaine, c'est le numéro 262 du Luxemburgum romanum : il a été élevé sous le consulat de Mamertinus et de Au/tu, c'est-à-dire l'an de Jésus-Christ 182.
Achevons cette nomenclature des objets antiques découverts à Arlon.
AL Wiltheim déclare dans son Luxemburgum romanum qu'on a trouvé à Arlon divers objets en bronze et en céramique, mais il est assez bref à ce sujet.
Une nouvelle série de poteries, de bronzes et de monnaies a, de nos jours, été extraite du sol arlonnais, j'en donne la description et les dessins ; l' Arion ancien se reproduit de toutes les manières (1).
Objets en bronœe* — Céramique.
1° Cimetière du Nord. Année 1842 et 1844, propriété Sancy, sur le chemin
(O Je lis ce qui suit dans un ai ticle de M. //. Scheuermans sur les antiquité* trouvées en Belgique \ et publié dans le bulletin des commissions royales*? art et cfûltàebiogie, onzième année, page 25 :
Collection du comle Ch. Wenceslas de Renesse.
N* 8. Une Venus. Bronze. Trouvée près d' Arlon en 181 8. Le travail en est superbe, d'un beau bronze imitant For.
N« 18. Jupiter armé d'un foudre et d'un petit bâton ayant les deux bouts arrondis. Bronze. Trouvé près d1 Arlon.
N° 19. Même figure, mais placée sur un piédestal adhérant a la 4gure. firetaze. Aussi trouvé près d' Arlon.
allant à Viville. Il s'agit d'un ancien cimetière romain dont une partie seulement a été fouillée pour y fonder des constructions.
5 urnes en poterie grise ;
Débris d'une autre urne ;
4 cruche de forme allongée;
4 lampe funéraire.
Don de M. Sancy.
2° Cimetière du Sud-Est.
Encoignure des routes de Longwy et de Luxembourg, autre cimetière romain fouillé en partie pour y construire une maison. 4 grande urne en poterie jaunâtre remplie d'ossements brûlés ; Débris d'une autre urne plus grande ; 4 sous coupe en poterie rouge ; Débris de ?erre.
Don du propriétaire du terrain.
5° Construction de la muraille du parc.
4 tuile ornée ; Dents de cheval ;
2 crochets d'attelage en bronze ; 4 clef en bronze ;
4 pommeau de glaive romain (bronze) ; Don de M. Jamot, architecte de la ville.
4> Station du chemin de fer.
4 verre k boire entier ;
3 flacons de diverses formes, en verre et entiers ;
4 flacon en poterie noire entier ; Débris d'un autre pareil ;
4 plat en poterie commune.
Don de Messieurs du chemin de fer.
5° Même station.
Débris d'un vase de poterie rouge avec des dessins qui rappellent ceux du Musée secret de Naples.
Don de M. Collignon de Rochefort. >
MONUMENTS RQMA1NS.
6° Une pipe trouvée dans un bloc de ciment romain provenant de la démolition des mors de l'ancienne forteresse. Je consigne le fait sans l'expliquer.
Don de M. Jamot.
Monnaies trouvées à Arlon.
Argent grand bronze moyen bronze
petit bronze.
Nero » > 4
Vespasianus > 4 4
Trajanus * 4 »
Hadrianus > 4 »
Antoninus pius 1 I 2
Faustina Pii » * 4
Commodus » * 4
Gallienus 4 » »
Claudius Gothicus » * »
Victorinus * » »
Tretricus senior » » c
Tre tri eus junior » » »
Constantinus magnus » > »
Constans II > » »
Magnentius » * 1
Valens » * •
Indéterminées » > »
Totalement frustes » 4 5
Les revers de ces pièces sont assez communs.
Endroits où les monnaies ont été trouvées
Jardin du Gouvernement en 4864 ;
Derrière les remparts, maison Lazard ;
Au chemin de fer ;
Derrière les remparts, déblais de l'Athénée en 4863;
Fossés du palais de justice en décembre 1864 ;
Démolition des remparts en 4863, jardins en-dessous des Capucins ;
Chemin des morts ;
134 BISTpiM BfaLOff.
Prairies de M. Hollenfeltz contre le chemin de fer ;
Murs de l'Athénée eu 1856 ;
Escalier des Capucins en 1851 ;
Hôtel de ville ;
Prairies Berger;
Galgenberg ;
Endroits divers.
Donateurs.
MM. Cordier, géomètre, Lood, bourgeois, Tinant, député, Jamot, architecte, Hollenfeltz, bourgmestre, Marette, échevin.
c Maintenant, entrez en imagination dans le vicus Orolaunum ; parcourez ses rues, visitez ses temples, ses édifices publics.
c Quelle circulation, quelle activité dans les rues, quelle splendeur dans les bâtiments, dans les monuments ! Quelle émulation parmi les habitants, dont plusieurs sont éminents par leurs richesses ou leurs fonctions et dignités, pour construire des mausolées et orner des maisons dignes d'abriter leur haute position.
c Et s'il était donné de contempler ces maisons, ces temples, ces monuments détruits dont il ne reste plus que de rares vestiges, quelle magnificence partout 1 Comparez Arlon avec ce qu'était alors Trêves, Metz, Toul et Verdun ou tout autre endroit de la Belgique première et dites si l'on trouvait ailleurs plus d'éclat, plus de splendeur (1). »
Voilà comment l'imagination d'un érudit se figure l'Ârlon romain ; peutêtre n'est-il pas loin de la réalité.
Quantum mutatus ab Mo. Quelle déchéance! Arlon a été réduit à n'être plus en quelque sorte qu'un gros bourg, un chef- lieu de canton, un marché entre le Luxembourg allemand et le Luxembourg wallon. Les événements
(i) Nunc îcstiraalione vicum ipsura ingredere. Qtiae locî fréquenta, qtiîs spleodor? El îoter vicanos, quàm nonnulli opibus et dignitate eminentes, digne Mausolœis capita. Quid jam,si quœmonîmentaeruta nondùm sunt, contemplera? Efficies profectoOrolauno post cîvitatea BeFgfcee Primas ,Treviros, DiTodurumMediomatricorum, TaHum Leucorum, et Virodunum, neque urbem, neque vicum alîum, magnifieeDtiâ et spleodore fuisse parem. (Al Wiltheim, Luxemb. romanum, lib. 6, cap. i4. p. 266.)
de 1830 l'ont relevé : chef-lieu de province, la cité s'est accrue en population, en importance ; quelques beaux édifices modernes l'ont embellie. Les constructions privées rivalisent en élégance et en comfort intérieur.
Je termine ce chapitre par quelques aperçus généraux.
L'aspect des monuments romains d' Arlon doit- il être sans enseignement? Ne devons-nous y voir que des vestiges curieux et respectables, bons seulement à conserver comme antiquités? Les scènes que ces monuments représentent, les personnages qu'ils reproduisent, ne nous disent-ils rien ? Ne devons-nous pas y lire des leçons instructives ?
Je ne veux point parler des dieux de la mythologie ancienne, ni des faits de la Fable sculptés avec plus ou moins d'imagination et de talent ; mais sur ces monuments sont figurés des actes de l'existence privée de nos ancêtres : ce sont ces secrets de la vie intime qu'il convient de mettre en lumière.
Quelles étaient leurs professions? Comment vivaient-ils?. Quelles étaient leurs demeures, leus meubles, leurs repas ? Quels étaient les habillements, les coiffures des Romains à Arlon ? Les auteurs ont savamment disserté sur ces choses; ici, nous avons mieux que des dissertations, nous possédons la réalité, nous pouvons décrire ce que nous voyons.
Pourquoi entrer dans ces détails, me dira-t-on ? Les archéologues les savent; allez-vous répéter ce que les auteurs ont publié sur les antiquités romaines ? Je n'ai pas seulement en vue les savants ; j'écris une histoire d'Arion pour un public qui ignore, ou à peu près, ce qu'a été l'antiquité ; le m'adresse principalement aux Arlonnais modernes pour les initier à l'existence de leurs ancêtres, k leurs mœurs intérieures, à leurs habitudes domestiques.
Je le répète, je consulte moins les livres que les monuments de l'ancien Arlon que j'ai sous les yeux, et je fais voir comment ils confirment ce que les antiquaires ont publié ; c'est de l'archéologie locale.