‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 4 sur 102 · TOPOGRAPHIE »>ARLON · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE »>ARLON

Les géographes sont très-concis sur la situation topographique d'Arlon : ville de cinq mille âmes, bâtie sur une éminence, k cinq lieues de Luxembourg, quatre de Longwy, seiie de Metz, vingt-cinq de Liège, vingt-huit de Namur.

AVAffT-FROFOS. Il»

C'est bien peu : cherchons à y suppléer.

Le voyageur venant de Baslogne, traverse le fond encaissé de Marlelange, puis le vallon plus riant d'Attert, et par montées successives, arrive enfin au point culminant de la Belkvue ; de là, s'il continue sa marche, qu'aperçoit-il ?

A gauche, sur un plateau élevé, le village de Guirsch et plus au fond, dans un lointain bleuâtre, le territoire du Grand-Duché, où l'on distingue les villages de Levelange, d'Ell et d'Osperen.

Beaucoup plus près, au milieu des bois, apparaissent les premières maisons de Bonnert, chef-lieu de commune. Toujours à gauche, le long de la route, des bois et des champs couverts de moissons.

A droite, l'aspect change complètement : le terrain diversement cultivé, descend doucement vers le fond de la Vallée ; celle-ci s'élargit et se clôt, dans le lointain, par des côtes assez élevées, chargées de forêts et de bruyères. Dans l'intervalle, se découvrent, dans une position supérieure, les villages de Freylange et de Stockem dont les maisons blanches se détachent vivement sur un fond sombre ; et plus bas, au milieu des prairies, le village de ViviUe. A droite et à gauche, les côtes tendant à se rapprocher au lointain, convergent vers Arlon, qui semble fermer l'horizon avec ses maisons étagées construites sur un mamelon élevé.

Par intervalle, on entend le sifflet des locomotives, c'est un convoi qui arrive ou qui part : les trains allongés traversent la vallée dans toute sa longueur, lançant au ciel leur panache de vapeur d'un gris bleuâtre. L'œil a peine à suivre leur course précipitée et contemple avec plaisir ce mouvement au milieu de la nature stationnaire.

A mesure que le voyageur descend vers Arlon, le paysage devient plus net et s'accentue davantage. Sur la gauche, des champs couverts de riches moissons, montent doucement vers le haut de la montagne ; à droite, c'est un fond de prairies qui s'étend jusque contre le mamelon arlonnais ; on y distingue mieux Viville avec ses rideaux de verdure. Je connais peu de sites qui puissent lutter avec cette vallée, vue de haut, qui sert d'avenue à Arlon et, dans un espace assez court, renferme autant de variétés.

Voilà pour un côté d' Arlon.

En arrivant par la route de Luxembourg, l'aspect de la ville et de ses alentours est à peu près le même : des bois, des champs, des prairies, quelques vallons plus encaissés et des constructions étagées.

Du côté de la route de Mersch, ce qu'on apercevait de la ville, il y a peu de temps encore, c'étaient les restes des remparts de Vaubau et, dans une

XIV HISTOUK ft'AftLOK.

position élevée, l'ancien couvent des Capucins avec le clocher aigu de son église.

L'aspect change encore en venant de Virton. La montagne cache la ville, il n'y a, pour ainsi dire, de visible que l'hôtel du Gouvernement provincial couronnant une suile de jardins, le vaisseau de l'église de Saint-Martin et le pensionnat des soeurs de Notre-Dame ; dans le bas, sur la droite, la station du chemin de fer avee son mouvement continuel d'arrivée et de départ, avec ses flots de voyageurs allant et venant.

Entrons en ville ; il faut monter de quelque côté qu'on se présente, un seul excepté : les rues sont larges et bien percées et les maisons bâties avec élégance. Arlon possède quelques belles places et un petit parc pour promenade publique. Ses monuments sont modernes et ne remontent pas au-delà de l'époque où le chef-lieu -provincial y fut établi. Les plus remarquables sont l'hôtel du Gouvernement provincial et le palais de justice sur la place Léopold, l'athénée royal avec son pensionnat, la caserne d'infanterie, l'école des garçons, la prison construite tout récemment, le pensionnat des sœurs de Notre-Dame, et plus en dehors, le couvent des Jésuites.

C'est lk F Arlon moderne. Que devait être l'Arlon ancien ? Bertels, qui écrivait vers la fin du xvie siècle, s'exprimait ainsi dans son Histoire du Luxembourg, p. 137 :

c La ville d' Arlon est située dans un lieu très-agréable k cause non seulement de sa position plus élevée que le sol environnant, mais encore k raison de champs fertiles, de prés et de bois fournissant avec abondance des pâturages et toutes les autres commodités de la vie (1). »

Cette description d' Arlon semble flattée et écrite par un auteur trop complaisant. Des forêts et des prairies, c'est une situation ancienne qui a persisté, mais des champs fertiles ! La ceinture cultivée devait être bien restreinte vers 1580. En 1832, on rencontrait encore des terrains vagues et couverts de bruyères entre les routes de Longwy et de Luxembourg ; sur la route de Bastogne, k peu de distance d'Arlon, les dernières landes ont disparu, il y a seulement quelques années et des deux côtés de la roule de Virton, la montagne n'offre-t-elle pas encore des bruyères que la charrue n'a pas entamées ?

Quç devait être Arlon et son territoire dans les siècles antérieurs au xvi* ? Ce que le site présentait de plus remarquable, c'était la forteresse

(î)Situra habet Arlunura oppidum loco valde amœno, non nihil prse circum jacente solo élévation, agris fertilibus, pratis et sîlvis, pascua et alias vitœ comrooditates abunde ministrantibus, perfruens »

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