AVANT-PROPOS- IX
avec une certaine défiance, lorsque les faits ne sont pas accompagnés d'actes authentiques et irrécusables* .
Le Cantalorium de St-Hubert, écrit vers la fin du xi° siècle ou bien au commencement du xn°, a été publié par M. de Robaulx de Soumoy, qui en a donné une traduction, in-8°, Bruxelles, 1847.
Bertels, qui mourut abbé d'Echternach en 1607, a écrit une Historia Luxemburgensis, dont une édition in-8° fut publiée à Luxembourg, en 1856. Un y rencontre divers passages évidemment empruntés aux gesta Trevirorum, par conséquent suspects. Bertels contient d'autres erreurs qui ont été relevées.
Puis viennent les Antiquilates et annales Trevirensium aucloribus RR.PP. Christophoro Browero et Jacobo Masenio societatis Jesu, in-folio Leodiiapud Matlieum Hoviurn, 1670.
Les auteurs, en ce qui concerne Arlon, citent les Gesta Trevirorum, Bertels , les tables des évéques et les actes de Balduinus; en cela ils n'ont d'autre autorité que les ouvrages qu'ils indiquent : c'est une répétition puisée à une source souvent suspecte, très-controversable.
Entretemps, Wilhelm Wiltheim avait, en 1630, terminé le manuscrit intitulé : Historiée Luxemburgensis antiquariarum disquisitionum libri très. L'original appartient à la bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles. La société archéologique de Luxembourg en possède une copie. Alexandre Wiltheim est décédé, croit-on, vers 1694; il avait dû commencer après 1630, l'ouvrage intitulé Luciliburgensia seu Luxemburgum romanum ; il y parle de monuments découverts en 1657, en 1671 et même en 1682. Cet ouvrage a été publié, in<-4°, en 1852, à Luxembourg, par le docteur Neyen, avec un atlas.
Lorsque les frères Wiltheim parlent de ce qu'ils ont vu eux-mêmes, on peut y avoir une grande confiance, parce que leur érudition leur permettait de bien voir ; mais quand ils parlent de faits historiques anciens non appuyés de titres ou d'actes incontestés, ils s'expriment a la suite des Gesta Trevirorum, de Berlelius, de Browerus et alors leurs récits n'ont pas plus d'autorité que les sources où ils puisent.
J'ai encore à indiquer deux ouvrages d'une grande autorité :
Historia Trevirensis diplomatica par Hontheim, évéque sttflragant de Trêves ;
Et le Prodromus Historiœ trevirensis diplomaticœ du même auteur.
CehnHsi remonte aux sources qu'il cite et qu'on peut discuter, notamment tes Gesta Trevirorum. N'oublions pas sa position officielle et le pen-
X HISM1M WàBUm.
chant qui pouvait l'entraîner à soutenir préférablement les prétentions des évéques contre les comtes et les marquis d'Arlon, ainsi que les comtes et les ducs de Luxembourg.
Un des derniers ouvrages publiés dans le siècle dernier, est Y Histoire de Lorraine de Dom Calmet, dont une édition en trois volumes in-folio, a été imprimée à Nancy en 1728.
Dom Calmet cite les ouvrages qu'il a consultés : leà testa Trevirontm, le Spicitegium des évéques de Trêves, Browerus ; il ne fait que les copier, tout en versant lui-même dans d'autres erreurs capitales.
Appartient également au siècle dernier Y Histoire ecclésiastique et civile dit Duclié de Luxembourg cl comté de Chiny par le R. P. Bcrthotet, 8 volumes in-4°, imprimés h Luiembourg. Le premier volume a paru en 1744 et le dernier en 1743.
Je n'apprendrai rien au monde savant en disant que l'ouvrage de Bertholet est une compilation un peu indigeste de documents qu'il a rassemblés assez confusément et presque sans critique. Ce que l'ouvrage offre de plus intéressant, ce sont les actes et les chartes relatés, par ordre de date, à la fin de chaque volume ; encore ces actes, ces chartes doivent-ils être vérifiés, car les copies fournies à l'auteur, ne sont pas toujours fidèles et les traductions laissent beaucoup k désirer.
Ce n'est donc qu'avec une défiance bien justifiée qu'on doit accueillir les assertions de Beriholel sur les faits anciens.
Cependant, pour être juste, je dirai que l'ouvrage du R. P. Bertholet, pour celui qui veut le consulter avec patience, renferme des documents précieux : seulement, il faut séparer, Caire un triage et choisir ; on rencontre ainsi quelques perles.
Je rangerai aussi parmi les documents rassemblés au siècle dernier sur l'histoire du Luxembourg et de ses localités les Manuscrits dits de Pierret, déposés à la bibliothèque de la ville de Luxembourg. Ces manuscrits en huit volumes sont recommandables à divers titres, mais la partie historique pour les anciens temps laisse infiniment à désirer : l'auteur accueille avec trop de complaisance beaucoup de récits fabuleux que rien ne justifie et qu'une saine critique doit rejeter. La société archéologique de Luxembourg possède une copie de ces manuscrits.
Parmi les ouvrages modernes qui ont traité accessoirement de l'histoire d'Arlon, de ses comtes et de ses marquis, je citerai les suivants :
Les Chroniques de VArdenne et des Woèpres, pour servir à l'histoire de l'ancien comté de Chiny , par M. Jeantin, 2 vol. in-8*. Nancy, 1852.
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Les marches de VArdenne et des Woëpres, par le même, 2 vol, in-8>, Nancy, 1854.
Dans ces deux ouvrage», l'auteur adopte peut-cire trop facilement tes assertions de Bcrtholet, appuyées elles-mêmes sur d'autre» opinions recueillies dans Hontheira, Don» Calmet, Browerus, Bertels, ce qui oblige toujours k remonter aux Gesta Trevirorum et aux chartes.
Je clos cette série d'auteurs par Y Histoire du Limbourg écrite par M. Ernst, et publiée par M. Ed. Lawlkyc, 7 vol. in-8°. Liège, 1837 à 1847.
L'auteur s'occupe beaucoup d'Arlon et de ses comtes, comme souche de la maison de Limbourg. Cette Histoire de Limbourg jouit d'une estime bien méritée, par les documents cités et par la critique savante qui les accompagne. C'est un ouvrage de premier ordre ; il fait le plus grand honneur à la Belgique,
Enfin, on peut consulter quelques articles sur les comtes d'Àrlon et les ducs de Luxembourg, renfermés dans le Bulletin de la Commission royale d'histoire en Belgique.
Je ne dois pas omettre non plus les brochures suivantes où Ton rencontre quelques faits particuliers concernant l'histoire d'Arlon :
c L'ancienne tradîtiou d'Àrlon, injustement attaquée par le R. P. Bertholet, jésuite, mais justement défendue par la ville et magistrat d'Arlon^ fc Luxembourg chez les héritiers de J.-B. Ferry, imprimeur, 1744. »
« Eclaircissements sut l'origine du culte que Fon rend k la sainte Vierge dans l'église des RR. PP. Capucins d'Arh>nY et du chemin royal de la croix orné des stations de la passiou de notre Seigneur Jésus-Christ, qui conduit k la même église. Divisé en deux parties.
c Première partie.
c A Luxembourg chez André Chevalier, imprimeur de Sa Majesté trop. et Cath. et marchand libraire, 1739. *
Ajoutons encore le manuscrit suivant : #i Extrait des mémoires de l'archive des RR. PP. Capucins d'Arlon. »
Mais la source oh j'ai puisé avec le plus de profit, ce sont les Tables chronologiques drs chartes et diplômes relatifs à Vhistoire de l'ancien pays et duché de Luxembourg par M, Vf. J¥, W&rtlt-Poquel, président de la cour supérieure de justice à Luxembourg. Ces tables ont été insérées successivement dans les P*btimlions de la société pour ta recherche et la conservation des monuments historiques émis te Grand-Duché de Lu&mbmrg, k partir de l'année 1858. Ce» taMe» sont le fruit de recherches longues, pénibles et consciencieuses ; elles constituent un vrai travail de
XII HISTOIRE D'Anton.
bénédictin ; je puis les comparer k un fleuve, déjà puissant k son origine, qui se développe et s'étend, k mesure que son cours se prolonge et s'élargit. Les dernières publications ont plus d'ampleur sans rien perdre de l'intérêt historique et démontrent de plus en plus la science et la sagacité de l'auteur dans les plus petits détails. C'est un vrai monument élevé k la gloire de la patrie luxembourgeoise.
M. Wurth-Paquet a fait en particulier pour Arlon ce qu'il a publié pour le comté et le duché de Luxembourg. Ce travail sera imprimé comme annexe k Y Histoire cT Arlon. Je dois k ce savant historien plusieurs autres communications, quelques-unes très-importantes, toutes d'un grand intérêt. Je suis heureux de le déclarer et de l'en remercier, mon travail en acquiert une plus grande valeur.
La ville d'Arlon est des plus intéressantes k étudier : elle existait, elle était florissante, alors que d'autres localités, aujourd'hui dans tout leur développement, ne faisaient que de naître. Si l'on interroge le sol sur lequel elle est bâtie, il renferme des débris de tous les âges. Les monuments romains mêlés k des restes gaulois, sont partout jonchés et cotoyent le casque de fer du guerrier du moyen-âge, la dague espagnole et l'épée castillane. Les médailles impériales du Peuple-Roi sont gisantes avec les monnaies de Trêves, de Luxembourg, de Bar, de Lorraine et de Bourgogne et celles plus récentes des souverains d'Autriche et des Pays-Bas.
L'histoire du pays doit sortir presque toute entière du sol.
Ce n'est donc pas avec les archives locales que l'histoire d'Arlon peut être écrite ; c'est en lisant le peu que des auteurs nous en ont laissé : le récit de quelques événements, la relation de quelques chartes et la description de quelques monuments antiques. C'est en réunissant ces épaves ramassées ça et Ik, que l'on peut, avec quelque peine, essayer de composer un ensemble dans lequel on doit, on le conçoit, rencontrer un certain décousu et nombre d'omissions. .