Luxembourg, in pago Methingow
Je n'ai rien i retracter de ce que j'ai dit du pays de Melhingowe séparant le pays Mosellan de VAger arlunensis
Les comtes de Umbourg descendent-ils des comtes d'Àrlon, ou les comtes d'Arlon proviennent-ils des comtes de Umbourg ?
Le même débat existe encore entre le P. Berlholet et M. Ërnsl au sujet de la descendance de Waleran, comte d'Arlon, mari d'Adèle de Bar.
Bertholet, tome 3, en tête du volume :
1 !• Liste généalogique des anciens comtes et ducs de Limbourg.
c Henri 1, comte de Limbourg, vivait en 1671, il avait épousé Junthe ou Judith, fille unique de Frédéric de Luxembourg, duc de la Basse-Lorraine. La date de sa mort est incertaine.
348 HI8T01RE u'aRLON,
c Henri 11, son fils, créé dac de la Basse-Lorraine, transmit le titre de doc à ses descendants. Il était marié à Adèle, héritière du comté d'Arlon et par cette alliance, le comté d'Arlon entra dans la maison de Limbourg. Henri 11 est décédé en 4118.
c Waleran I, son fils, fut duc de Limbourg et comte d'Arlon. Décédé en 4440.
c Henri 111, son fils, lui succéda ; il eut pour fils :
t Henri IV, duc de Limbourg et marquis d'Arlon, décédé en 44Î4.
c Waleran II, son fils, fut marié en secondes noces à Ermesinde, comtesse de Luxembourg, à qui il porta en dot le marquisat d'Arlon, qui revint à la maison de Luxembourg et qui n'en sortit plus.
c 1* Liste généalogique des comtes et marquis d'Arlon.
c Waleran I eut deux fils, Waleran et Foulques.
c Foulques mourut sans enfants.
c Waleran II hérita du comté d'Arlon après la mort de Foulques. H ne laissa qu'une fille unique, nommée Adèle qui épousa Henri II, duc de Limbourg. Par cette alliance, le comté d'Arlon entra dans la maison de Limbourg. •
Le système de Bertholet a pour lui un passage des Qesta trevirorum epUeoporum rapporté dans le Prodromus de Hontbeim, p. 759 :
Hujus eomitissae (Adèle de Bar, comtesse d'Arlon, mère de Waleran et de Foulques) neptem filii filiam, Henricus quidam, cujus dxtionis erat castellum quod vulgo Limpurch nominatur, in tnatrimonium duxil (4).
Ainsi, Waleran II, comte d'Arlon, n'aurait laissé qu'une fille nommée Adèle, comme sa grand'mère et qui aurait épousé un certain Henri qui possédait un château appelé communément le château de Limbourg. Adèle lui aurait apporté en dot le comté d'Arlon et ses dépendances.
Dans le chapitre V de son Histoire du Limbourg (au commencement du IIe volume), M. Ernst indique les divers systèmes qui ont été publiés snr l'origine des comtes de Limbourg et il déclare que la simple exposition de systèmes aussi mal combinés en est déjà la réfutation et que ce serait perdre un temps précieux que de vouloir les éplucher davantage.
M. Ernst ajoute :
(i) Browerus et Masenius, dans leur ouvrage : Antiçuitates et Annales trevirenùum, écrivent :
Ai Henriette Limburgius, qui neptem Adelheidis ex fi lia connubio duxisse traditur. Browerus n'affirme pas : traditur, dit-il.
Dom Cul met, Histoire de Lorraine, tome i, livre XX, page n 46 — LXI est plus positif.' « Henri de Limbourg, qui avait épousé une petite-fille d'AdeleiJe. »
La généalogie de Bertholet a été adoptée par <f autres auteurs (Marches des Àrdenues et des Woëpres, tome i, p. 58).
LES PREWBR8 COMTES, M9
Deux sentiments .partagent aujourd'hui ceux qni ont parlé de l'origine des comtes de Limbonrg ; les uns la rapportent aux comtes d'Arlon, en donnant Waleran II» comte d'Arlon, pour père de Henri de Limbourg, créé duc de la Basse Lorraine en 11 01 ; les antres ne font de ce prince que le gendre du même Waleran, fils de Waleran It comte d'Arlon, et d'Adèle de Bar, fille deThierry I, doc de la Haute Lorraine.
Le célèbre généalogiste André Ducbesne adopte le dernier sentiment, partagé par Butkens.
Le père Bertholet, quoiqu'il ait fait entrer dans son Histoire du Luxembourg, lagénéalogie des comtes et des duc» de Limbonrg dressée par Duohesne comme la mieux trouvée, avoue que, malgré ce que ce savant a dit de leur origine, les ténèbres en sont telles qu'on n'y voit gouUe .tome 10, p. 18, tome IV, p. 315).
L'opinion de Ducbesne est dénuée de toute preuve, puisqu'elle est uniquement fondée sur une date dont il n'a pas aperçu la fausseté (Histoire du Limbourg tom. II. p. 7).
Ceci exposé, M. Entât poursuit :
c Le duc Frédéric était fils de Wigeric, comte du palais de Lorraine, sous le roi Charles le simple, premier auteur connu de la maison des comtes d'Ardennes. Tbierri, fils de Frédéric, et son successeur dans le duché de Mosellane, donna le jour à Adèle, femme de Waleran, comte d'Arlon et mère d'un fils du même nom, qui, le premier, porta le titre de comte de Limbourg, peu après le milieu du onzième siècle. •
Des historiens reportent l'existence des comtes de Limbourg auparavant et même dans le courant du dixième siècle. M. Ernst réfute ces assertions, pages 384 et suivantes, et principalement Mantelius, historien du comté de Loss, qui place un comte de Limbourg vers l'an 1050 (Histoire du Limbourg , tome I, p. 379).
Frédéric de Luxembourg fut proprement le premier comte héréditaire de Limbourg, quoiqu'il n'en ait pas porté le nom. H possédait dans ce pays beaucoup de propriétés allodiales qu'il transmit à son gendre Waleran-Udon, avec la supériorité territoriale et les fiefs qu'il tenait de l'empire. On peut croire que l'empereur, à qui il avait rendu des services importants, l'avait autorisé ù les lui donner avec sa fille (Ernst, Histoire du Limbourg, tome I, p. 391).
Précisons. Suivant l'auteur de Y histoire du Limbourg : Waleran 1 et Adèle de Bar eurent deux fils, Foulques, mort sans enfants survivants, et Waleran qui succéda seul au comté d'Arlon. Ce Waleran II, nommé aussi Udon, fut marié à Judith de Luxembourg,
qui loi apporta en dot un territoire aux environs de Liège ; Waleran y fit bâtir le château de Limbourg et devint ainsi premier comte de Limbourg.
Il donna le jour k Henri I, comte d'Arlon et de Limbourg, qui fat le père de Waleran le payen (paganus).
Voici comment M. Ernet établit son opinion :
Il fait d'abord remarquer les contradictions de ses adversaires.
On vient de lire dans les gesla episœporum Trevirensium, que Henri, seigneur du château de Limbourg, épousa une petite fille d'Adèle de Bar, comtesse d'Arlon, la fille de son fils neptem filii filiam, et dans Browerus, annales Trevirenses lib. XII § 104, que Henri de Limbourg épousa une petite fille d'Adèle par sa fille, neptem Adelheidù ex filia.
D'un autre côté, on lit dans l'auteur de la généalogie de S1 Arnoul, évèque de Meta :
Adèle mit au monde Foulques et Wa- AdelagenuU Fukonemet Guakrcmum leran et une seule fille mariée à Henri et filiam vnam quam kabuil Henrim de Limbourg, père du Payen d'Arlon. de Lemborc, pater Pagani de Arluns.
Henri de Limbourg serait donc le gendre d'Adèle de Bar. Le continuateur de la même généalogie dit plus loin :
Gerberge, sœur d'Eustacbe, eut du Gerberga, $oror Ewtaekii, ex Freéeduc Frédéric, une fille Judith. Celle-ci rieo duce habnii filiam Mutam($eu Awdonna le jour ù Henri de Limbourg Iham). Hmcgenml Henricim de Lemborc.
Il s'agit de Judith de Luxembourg ; celle-ci est mère de Henri de Limbourg et nous verrons plus loin qu'elle était épouse de Wateran-Udon, fils d'Adèle de Bar.
Henri de Limbourg serait donc le petit fils d'Adèle de Bar. Ce qui est l'exacte vérité.
Cela est établi parfaitement dans divers passages de la Chronique d'Alberic des Trois fontaines.
An 1052. La sœur de ce Sigefroid, Anno 1052. Soror hujus Sigefridi
Adèle, comtesse d'Arlon, mit au monde Adela comiti$sa de ^relune peperit
Foulques et Waleran, de qui descen- Fulconem et Valerânum a quibus du-
dent tes ducs de Limbourg. ces de Lemborch descendant, v
An 1064. Il a ét^dit plus haut, à Anno 1064. Dictant est supra MLII
l'an 1052, qu'Adèfr, comtesse arlon- quod Adala comitissa Àrelunse vel
Mi
naise, c'est-à-dire du château d'Arlon, qui éttit une ville du temps du paganisme, fut la sœur de Sigefroi et la fille du duc Thierry. Celte comtesse Adèle eut deux fils, Foulques et Wa-
leran Waleran, du chef de son
épouse» obtint la possession d'un domaine au-delà de la Meuse, près de Liège et commença à construire le château de Limbourg.
An 4101. Ce Henri de Limbourg fut le fils de ce Waleran, dont il est fait mention ci-dessus à l'an 4064.
An 4107. Ce Henri de Limbourg, à qui l'empereur ôta le duché de Basse- Lorraine, fut le fils de Waleran l'ancien et le père de Waleran, nommé le payen.
arelensis, id est castrum (le Erlans, quod tempore paganorum fuit civitas, soror Sigisfridi fuit, filia scilicet ducis Theodoricis. Hœc autem Adala comitissa duos habuit filios Fulconem et
Galeranum Galeranus ?ero per
uxorem suam cœpithaberedominium ultra Mosam prope Leodium et incobavit œdificare castrum de Limborch.
Anno 1101. Iste Henricus Lemburgensis filius fuit istius Gallerani de quo supra 4064.
Anno 4107. Iste Henricus Lemburgensis qui ducat uni perdidit (ls duché de Batte-Lorraine), filius fuit antiqui Galerani et filium habuit Paganum nomine.
Le doute n'est donc pas possible : Henri de Limbourg, le père du payen, fut le fils de Waleran, fils lui-même d'Adèle de Bar, comtesse d'Arlon, lequel Waleran, du chef de sa femme, acquit un territoire au-delà de la Meuse, non loin de Liège et y bâtit le château de Limbourg.
Voilà comment les ducs de Limbourg descendent des comtes d'Arlon.
Ce qui a pu faire naître la confusion, c'est que la femme de Henri I, comte de Limbourg et d'Arlon, s'appelait aussi Adèle ou Adélaïde ; on a cru pouvoir faire de celle-ci une fille ou une petite-fille d'Adèle de Bar, comtesse d'Arlon en 1052 et en 4065. C'est une erreur.
On lit dans Y Annaliste saxon :
c Otton, duc de Souabe, eut d'Immengarde cinq filles. La seconde, Judith, fut mariée à Conon, duc de Bavière, et après la mort de celui-ci, au très- noble Bodon, dont elle eut une fille Adélaïde, femme de Henri, duc de Limbourg, qu'elle fit père du duc Waleran, dit aussi Païen. •
Otto de Suinvorde : peperit autem prsedicta ErmengardisOttoni quinque
filias Juditha nupsit Cononi, duci
Bawariorum, illoque defuncto accepit eam Bodo quidam valde nobilis, peperitque illi Adelheidem, ex quâ Henricus dux de Lintburg genuit Walrabonum ducem, qui et Paginus (Paganus), dicebatur et duas filias
' 332 HISTOIRE D'AELOH.
Et dans la charte d'Embricon, évéque de Wurzbourg, de l'an 4 427 k 1 1 44 :
La petite-fille d'Otbon, très-excel- Ex tnelioreet magis honorabiU clien-
lent et très-honorable duc de Souabe, teld dueis Oihonis de Suinfarde et quod
la dame Adèle, fille du comte Bodon, neptis ipsius, domina Adtlheil, filia co-
fut la femme du duc Heori de Lim- mitis Bodoniê et uxor dueis Henrici de
bourg. IAmburc.
On oppose la charte de fondation de l'abbaye du Lac du 5 octobre 1093, où les témoins sont, entre autres, Sigefroi, beau-fils de Henri du Lac, Henri, duc de Limbourg et Guillaume, comte de Lutzellenburg ; Henri dn Lac appelle ses cousins Waleran et son frère Foulques, comtes d'Arlon, et Duchesne, qui cite cette charte, en conclut que Henri, comte de Limbourg, n'était pas fils de Waleran, comte d'Arlon, mais son gendre.
M. Ernst, tome II, p. 22 et suivantes, réfute cette conclusion et établit d'ailleurs la fausseté de la charte de fondation de l'abbaye du Lac, réfutation qu'il serait trop long de rapporter ici.
Les auteurs cités se valent les uns les autres, par rapport au temps où ils ont vécu ; leurs qualités particulières donnent un tout autre poids au témoignage des uns qu'à celui des autres. Les récits de l'annaliste saxon et d'AIberic méritent d'autant plus de confiance, que ces historiens se sont particulièrement appliqués à dresser les généalogies des familles illustres et qu'ils
le* ont puisées à de bonnes sources La généalogie de S. Arnoul n'est pas
tout à fait aussi exacte et l'auteur des gestes des archevêques de Trêves se trouve même en contradiction avec cette généalogie (Ernst, Histoire du limbourg, tome I, p. 20).
M. Ernst conclut :
Il est donc certain, par le témoignage de ces deux historiens (l'annaliste saxon et Alberic de Trois-fontaines) appuyé d'une charte presque contemporaine du duc Henri de Limbourg, que ce prince fut, non pas le gendre, mais la fils de Waleran 11, comte d'Arlon, à qui sa femme apporta le pays qui depuis fut appelé le comté de Limbourg, d'après le nom du château que Waleran y avait fait bâtir, et dont Henri, son fils, peut avoir achevé la construction {Histoire du Limbourg, tome II, p. 34).
A ces raisons que j'ai extraites de l'ouvrage de M. Ernst, j'ajouterai quelques réflexions, principalement dans le but de faire voir dans quelles étranges erreurs est tombé le P. Bertholet.
LES PHBMIBRS COMTES. 223
Le premier diplôme où il soit question de Limburck, est une charte de Louis de Germanie du 10 février 910, où il est dit : in pago Loganahe in comitatu Chuanrato (Conrad) comiti nostro , ... in monte quodam Limburck vocato in Loganahe. >
Il s'agit d'une montagne appelée Limburck située dans le pagus Loganahe soumis au comte Conrad.
Plus tard, ce pays appartint à la maison de Ricuin, et selon toute apparence, il tomba dans le lot de Gislebert, qui eut l'Ardenne de l'Est ; après sa mortf nous voyons son héritage possédé par deux branches issues de Sigefroy, comte de Luxembourg : Henri son fils eut l'Ardenne qui touchait à la Mosellane, et plus tard, Frédéric de Luxembourg, son petit-fils, duc de la basse Lorraine en 4048, eut une boane part des grands biens possédés dans les pays situés sur l'Emblave et sur l'Ourte. Le mont Limburck avec le pays environnant en faisait partie. En effet, avant 1066, Frédéric Gt don de Sprimont k l'Abbaye de Stavelot, ce qui fut approuvé par le pape Léon IX. C'est tout ce pays que Frédéric donna en dot à sa fille Judith, qui épousa Waleran II, comte d'Arlon, fils de Waleran I et d'Adèle de Bar. Le mariage eut lieu avant 1065 (1).
Ce fut ce Waleran qui, voulant tirer parti de la montagne de Limburck, y bâtit un château qui en prit le nom et devint le chef-lieu d'un comté célèbre, duché plus tard (2).
(i) En cette année, Waleran, déjà gendre de Frédéric, reçut en fief l'avouerie de Saint-Trood, d'Adalberon III, évéque de Metz, son oncle.
(a) On lit dans Mantelius, àistoria Lossensis :
Louis de Los. 11 eut deux femmes ; Ludovicus de Los : Illi du» uxores,
la première fut Adélaïde de Limbourg, prior Adeleidis de Lemburch, id est filia c'est-à-dire la fille du duc de Limbourg. ducis Lîmburgi. Ex Adelbeide Limburgil D'Adèle la Lim bourgeoise, est né Baldric, ni tus Bald n'eus bujus nominis secundus second du nom comme évéque de Liège, episcopus leodiensis. Obiit anno 1018. H mourut en 1018.
Ainsi, avant 1018, il y aurait eu un duché et un duc de Limbourg.
Je fais remarquer simplement :
Que le comté de Limbourg ne naît qu'avec la construction du château de Limpurch par Waleran II, comte d'Arlon, de 106 5 à 108a ;
Que son fils Henri I et son petit-fils Waleran II furent simplement comtes de Limbourg et d'Arlon ;
Que ce fut Henri II, fils de Waleran II, qui s'intitula le premier duo do Limbourg et régna de 11 3g à 1167.
Mantelius est donc dans l'erreur quand il parle d'un duché et d'un duc de Limbourg, longtemps avant 1018 ; il n'y avait pas alors d'Adèle, fille d'un duc de Limbourg.
Gilles d'Orval fait mention d'un Henri, comte de Limbourg en 1071.
L'époque de la mort de Waleran II, premier comte de Limbourg, est incertaine ; seu-
284 HIBT01BB D'ARLON.
Arrivons aux erreurs du P. Bertholet.
Cet auteur dit que Henri I, comte de Limbourg, épousa Judith, fille de Frédéric de Luxembourg, duc de la Basse-Lorraine.
Ce Frédéric est décédé avant 1066, et Waleran II en 4082. Henri I, son fils, fut comte d'Arlon et de Limbourg, de 1082 k 1119.
11 est bien difficile qu'il ait épousé Judith, fille de Frédéric, mariée d'ailleurs avant 1065.
Henri I, comte de Limbourg, avait pour femme Adélaïde, fille de Bodon, comte en Bavière. Sa femme était une Adèle ou Adélaïde ; tout le monde, à l'exception du P. Bertholet, est d'accord à ce sujet; seulement quelques-uns prétendent que ce fut Adèle d'Arlon, tille ou petite-fille d'Adèle de Bar, femme de Waleran 1, comte d'Arlon.
Le P. Bertholet marie ensuite Henri H, comte de Limbourg, avec une Adèle qui lui apporta en dot le comté d'Arlon.
C'est une autre erreur plus capitale encore.
Henri II, duc de Limbourg, le fut de 1139 k 1167. Comment aurait-il épousé Adèle d'Arlon, fille ou petite-fille d'Adèle de Bar, femme de Waleran I ? Ce Waleran est mort de 1052 à 1055. — La femme de Henri II fut Mathilde, fille d'Adolphe, seigneur du pays de Rolduc.
Sur quels auteurs le P. Bertholet appuie-t-il son opinion ?
11 cite d'abord la généalogie de saint Arnoul : Gerberga, eoror Eustachu ex Frederico duce habuil filiam Junlham. Hœc genuit Henricum de Lemburc.
Cela est parfaitement exact, mais par ce Henricum de Lemburc, le P. Bertholet entend Henri II, successeur de Henri I, qui alors serait mari de Judith de Luxembourg, tandis que celle-ci est la mère de Henri I et a pour mari Waleran-Udon.
Maintenant, pour faire de Henri II le mari d'Adèle d'Arlon, l'auteur cite le passage rapporté plus haut des gesta Trevirorum episcoporum : Hujus comitissœ neptem filii filiam, Henricus quidam, cujus dilionis erat Castellum quod vulgo Limpurch nominatur, in matrimonium duxit.
Le P. Bertholet prend ce passage comme une vérité démontrée ; mais comme il avait donné Judith de Luxembourg pour femme k Henri I, il applique le passage cité k Henri II, k qui il fait épouser Adèle d'Arlon, lorsque, dans la pensée de l'auteur des gesta, il s'agit bien de Henri I,
lement, il oe vivait plus en ioSj. 11 eut pour successeur Heurt, son fils, qui certes vivait en 1071, et Gilles d'Oi val a pu parler d'un fait de ce Henri en 1071 et le qualifier de comte de Limbourg,
comte de Limbourg. — La seule erreur que commette cet auteur, c'est de faire de Henri I l'époux de la petite-fille d'Adèle de Bar, femme de Waleran I, laquelle petite-fille n'a jamais existé, tandis que Henri est bien véritablement le petit-fils d'Adèle de Bar et avait lui-même épousé une Adèle, fille du comte Bodon.
Pour conclusion, je dirai que les comtes de Limboorg descendent directement des comtes d'Arlon.
La suite des comtes d'Arlon et de Limbourg me parait devoir être définitivement établie ainsi qu'il suit :
Waleran I, comte d'Arlon en 084, marié k Adèle de Bar, décédé avant 1055;
Foulques fils du précédent, comte d'Arlon, décédé .sans postérité et son frère qui suit :
Waleran II, comte d'Arlon, premier comte de Limbourg, du chef de sa femme Judith ou Jutte de Luxembourg, et pour avoir construit le château Limpureh, mort avant 4082.
Henri I, son fils, comte de Limbourg et d'Arlon, duc de la Basse Lorraine, époux d'Adélaïde, fille de Bodon, comte de Potenssem en Bavière, et mort l'an 4119 ou environ. Il laissa un fils :
Waleran II, dit aussi Païen, comte de Limbourg. et d'Arlon, doc de la basse Lorraine, marié à Jutte ou Judith de Gueldre, mort en 4159.
Henri H, fils du précédent, duc de Limbourg et comte d'Arlon, époux de Nathilde, fille d'Adolphe, comte de Saffenberg, mort devant Rome en
Il eut pour successeur son fils :
Henri III, duc de Limbourg et marquis d'Arlon, qui eut pour femme Sophie, comtesse de Sarbruck ; il mourut en 1221 et eut pour héritier :
Waleran III, son fils, duc de Limbourg, marquis d'Arlon, qui épousa en secondes noces, Ermesinde, comtesse de Luxembourg et mourut en
Le marquisat d'Arlon Ont désormais uni au Luxembourg dont il partagea toutes les destinées.
Appeatlee àlsH* qpueetlea i le* ékmem 4e Llaafcewrff preeèéeat-lls 4e* eeoate* 4' Arien?
Arlon, chef-lieu, durant plusieurs siècles, d'un comté, puis d'un marquisat de son nom. Waleran II, qui semble avoir été le premier comte héréditaire
116 fctStfcltlK D'àÙLON.
d'Artou, ayant, vers l'an 1060, épousé Julie, fille tonique de Frédéric de Luxembourg, comle de Limbourg et duc de la Basse-Lotharingie, succède à son beau-père dans ces deux bénéfices et cessa de résider à Arlon. (M. de Lafontaine, estai étymologique sur les nom de tinta du Luxembourg germanique, tome XV des publications de la société archéologique du Grand-duché de Luxembourg, p. 20).
L'auteur de cette note reconnaît donc que Waleran H, comte d* Arlon, est devenu comte de Limbourg, par suite de son mariage avec Judith, fille de Frédéric de Luxembourg; seulement à l'époque du mariage de Waleran II avec Judith, il n'y avait pas encore de comté de Limbourg. Ce comté n'a pris naissance qu'après que Waleran eut construit un château sur une montagne nommée Limburck, située vers Liège. On ne doit pas cesser de le dire.
On lit dans le corps de l'ouvrage du père Bertholet, tome IV, p. 315: c Henri I, le plus ancien comte de Limbourg, vivait en 1071, il épousa Judith ou Junthe, fille de Frédéric, duc de la Basse-Lorraine. •
Et page 411 : c Lorsque Henri, comte de Limbourg* épousa Judith, fille de Frédéric de Luxembourg, duc de la Basse-Lorraine, sa femme loi apporta ea mariage de grands biens situés en Àrdennes, aux environs de l'Ourle et de l'Emblève. •
c Par le mariage de Henri II avec Adèle, le -comté d'Arion et 'tous les -biens que -les 'comtes de ce nom avaient possédés sur la Moselle et ailleurs, furent dévolus à la maison de Limbourg. »
Cette généalogie est adoptée par M. Jeantin, Marches des Ardmnes et âe$ Woëpres, tome I, p. 58 :
c Les comtes héréditaires do Limbourg ne se révèlent d'une manière certaine qu'en 1093, avec Henri II, duc de Basse-Lorraine (f 1118), époux d'Adèle notre barrisienne, qui lui apporta en dot le comté-marquisat d'Arion. >
Adèle, notre barrisienne / Pourquoi? Est-ce comme fille ou petite-fille d'Adèle de Bar, épouse de Waleran I, comte d'Arion? Cela vient de trop loin ;tl*eût été plus exact de aire : Adèle Tartonnaise.
Dans le même volume, page 89, M. Jeantin avait adopté une twtre vers** :
c Citons rapidement ces personnages, sauf à faire plus ample connaissance avec eux : >
1° Waleran (I*' du Limbourg, II* d'Arion), fils de Waleran I, dit le vieux, et petit-fils d'Henri I, comtes d'Arion. C'est ce prince, qui est le premier comte bien connu du Limbourg. Ce fut par sa femme Juthe ou Judith, fille de Frédéric de Luxembourg, duc de la Busse-Lorraine (1018), qu'il devint, vers 1064,
LES PREMIERS COMTfâ. 2 $7
possesseur de ce comté. C'est lui qui bâtit le château de Limbourg. On place l'année de sa mort entre 4070 et 1081.
2° Son fils Henri (I« du Limbourg, 1I« d'Arlon', lui succéda. C'est lui qui, après la mort de Godefroid VI de Bouillon, en 4100, fut établi duc de Basse- Lorraine par l'empereur Henri IVy et dépouillé par Henri V, roi de Germanie : il avait épousé Adélaïde, fille de Bodon, comte de Potenssem, en Bavière, et mourut vers 4449.
3° Waleran (H* de Limbourg, IIIe d'Arlon), dit Paganue, marié kJulh, fille de Girard, cpmte de Gueldres et de Namur, son voisin (f 4439;.
4* Henri (II* de Limbourg, IIIe d'Arlon), marié à MathUde, fille de Rodolphe, seigneur de Rolduc (t 4467).
5° Henri (Hl# de Limbourg, IV* d'Arlon), marié à Sophie, comtesse de Sarebrâck (f4224).
6» Wakran (III* de Limbourg, IV* d'Arlon) (t 4226). 11 eut deux femmes. En premières noces, c'était Cufiégonde (ou Elisabeth), fille de Gomin, seigneur de Fautquemont et de Montjoie. 11 en eut trois enfants : 4° Henri, son successeur ; 2e* Wakran le long, comte de Poilvache, seigneur de Faulquemont, Montjoie, M a mite et Airancy, marié ù Isabelle de Bar, fille de Thibaut Ier; 3° une ftlje, mariée à Frédéric, comte d'Iseroberg. En secondes noces, Waleran 111 épousa Ermeùnde, comtesse de Luxembourg, veuve de Thibaut Ier de Bar, et en eut trois enfants : 4° Henri II, comte de Luxembourg ; 2° Girard, sire de Dqrbuy et de Roussy ; 3° Catherine, femme du duc Mathieu de Lorraine. •
Voilà bien une contradiction qui aura échappé à l'auteur : Henri !!• d'Arlon etl« du Limbourg, aurait épousé Adèle la barrimenne, tandis que, d'un autre côté, il serait l'époux d'Adélaïde, fille de Bodon, comte en Bavière, ce qui est la vérité.
Bertel»* historia Luxemburgensis, page 46, édition de 4856, présente une autre origine des comtes d'Arlon :
c Conrad, second fils dn comte Gi- Conrarius iste.(Conrardnssecundus selbert, fut mis en possession du comté Giselberti comitis filius) comitatum d'Arlon et épousa Gisèlo, fille dn comte Arlunensem possidendum accepit et Ctotinensis. De celle-ci, naquirent suc- Giselam, comitis Castinensis filiam cessivement Henri, Conrad, le fonda- connubiali thoro complexus est, qu» leur du monastère de Munster, près ei successive peperit Henricum, Coude Luxembourg et Marie. Leur père rardum monasterfi Munsteriensis pro<-
Conrad» de qui il est maintenant question, mourut» laissant en vie Frédéric son frère aîné, et Henri» son premier né, lui succéda au comté d'Arlon. Celui-ci se maria avec Adèle, fille de Thierry, duc de Mosellane et en eut deux fils, Foulques et Waleran.
L'aîné Foulques engendra Frédéric et Béatrix ; ceux-ci moururent jeunes et Idi-méme paya son tribut à la mort. Waleran, seul héritier de son père Henri, comte d'Arlon, s'attacha par les liens du mariage à Isabelle, fille du comte de Loos, et reçut & titre de dot un riche pays qu'on appelle aujourd'hui le pays d'Outre-Meuse. Waleran eut de sa femme une fille Isabelle, qui ent pour mari Henri de Lxmbourg, à cette condition que le comté d'Arlon, après le décès des possesseurs actuels, tomberait en la puissance de Henri de Limbourg, du chef de sa femme Isabelle. »
pe Luxemburgum fundatorem, et Mariam. Horum pater ùmr ar due , de quo nobis in praesenti est sermo, vivent!
adhuc majore suo fratre Frederico concessit fatis, eique filius ejus primogenitus Henricus in comitatu Arianensi suffectus est : qui Adelam Th&h dorici ducis Mosellani filiam sibi in conjugem desponsavit, ex qua filios binos Falconem et Walramum suscepit, quorum prier Falco Fredericnm et Beatricem genuit et cum eis, necdum ephebus, mortis exsolvit debitum. Walramus deinde soins Retrm Arlunensi comiti patri superstes filius Isabellam comitis Lossensis filiam m* trimoniali fœdere sibidevinxit, etqjos causa possessiones opimas, quaebodie, voce gallicapoys fOultre-Meuee, bu* cupantur, dotis titulo adeptus est :
genuitque ex ea Isabellam, cui Henricus Limburgensis factus est maritos, eo scilicet pacto, ut comitatus Arianensis, vita functis ejus possessoribos, propter Isabellam uxorem in Henrici hujus Limburgensis, deveniret potestatem.
Bertels, pages 36 et 37.
c Otton, duc de Mosellane, épousa Hélène, fille d'Herman, duc de Bamberg et de Suève, nièce d'Otton I. Il en eut un fils Frédéric, qui succéda & la dignité ducale de son père et eut pour femme Béatrix, soeur de Hugues Capet. (Test ce Frédéric quf jeta les premiers fondements du château de Bar et qui fut communément appelé duc de Lotharingie, ce qui n'est pas exact, il fut seulement duc de Mo-
Otto Mosellanusduxthaiaino conjugal! conjunctam sibi babuit Helenam Hermani Bambergae et Sueviae comitis filiam, Ottonis primi neptem : ex quorum complexu fluxit unions eorumdem filius Fredericus, patris in dncsli dignitate snccessor, cui tenpgw sao nxor obtigit Beatrix Hugonis Capet soror. Hic ille Fredericus est, qui Barrenais castri prima jecit fundamenta, dux Lotbaringiœ communi quidem
sellane, pays situé dans la Lotharingie, vocabulo coropellaku, ac non re ipsâ Il eut de sa femme Adalberon, évéque talis, sed Mosellanus dux in Lotbade Metz et son frère Thierry, duc de ringia existens : haie ex uxore filius Mosellane et comte de Bar; de ce prodiit Adalbcro Metensiura episcopus dernier est née Adèle, épouse de frater Theodoricus dux Mosellanus Henri, comte d'Arlon. » et Barri cornes, ex qup posteriore na-
ta est Adela Henrici comitis Arlu-
nensis conjux.
Je crois devoir me borner à citer ces passages de Bertels, sans m'sttacher 1 les réfuter; je ne pourrais que me répéter; mais je ne puis m'empécher de signaler d'étranges contradictions entre les divers historiens et quelquefois chez le même auteur. Pour sortir de ce labyrinthe, il faut un fil conducteur : M. Emit nous le fournit
J'ai extrait la pièce suivante des manuscrits de Pierret. On verra, en la lisant, comment les erreurs de quelques historiens peuvent être acceptées diflomaliquement.
Je ne relèverai pas non plus toutes les erreurs de cette note : elles sont devenues saillantes par suite de la discussion qui précède.
Mémoire des contraventions faites par la France, etc9 4682, p. 1$5.
La ville et prévoté d'Arlon consiste en la ville et 419 tant villages que hameaux, composés de 15 bans on mayeries.
Celte prévoté est de grande étendue et comprend grande partie de l'Ardenne, laquelle ayant appartenu à Sigefroid, premier comte de Luxembourg, est advenue plusieurs années après, par alliance de mariage, à la maison et famille de Limbourg, et est depuis retournée à celle de Luxembourg, par la même voie d'alliance, depuis quel tems sa Majesté catholique après ses prédécesseurs, en a joui en toute souveraineté, jurisdictionis et dominii, pour éclaircissement de quoi, il ne sera pas hors de propos d'en faire la déduction &ai?ante.
Sigefroid I«, comte de Luxembourg, ayant eu par succession des comtes d'Ardenne, la ville et prévoté d'Arlon, Ta possédée sa vie durant et transmise à son fils Henri, sous le titre de comté d'Ardenne, Frédéric, frère afné dudit Henri, ayant hérité de celle de Luxembourg. Henri a eu pour successeur Conrad, fils de son frère Gisilbert, auquel la ville et prévoté d'Arlon est advenue sous le titre de comté d'Ardenne. Conrad a procréé Waleran, comte d'Arlon, ce fut celuy qui le premier se qualifia par escrit comte d'Arlon. Il épousa Adèle, fille de Théodore, comte de Bar et de Orrie, nièce de Frédéric,
230 HISTOIRE D'AJiLON.
duc de Lorraine, qui bâtit la ville de Bar. Adèle, qui tenait ordinairement sa résidence à Arlon, ayant survécu à Waleran, son mari, laissa deux fils procréés avec ledit Waleran, savoir : Waleran et Fulco et une fille nommée Adèle. Comme Fulco et Waleran n'ont pas laissé de ligne, ledit comté d'Arlon est tombé en succession à leur sœur Adèle, laquelle ayant épousé Henri, comte de Limbourg, lui apporta en dot ledit comté. Henri ayant été créé duc de Lotbier environ l'an 1101, par l'empereur Henri, a retenu le même titre, nonobstant qu'il en ait été privé en 4106. Il laissa pour héritier Waleran, surnommé payen, tant au duché de Limbourg qu'au comté d'Arlon et tout ce que son père avait possédé aux environs de Thionville. Ce Waleran eut trois fils, savoir : Henri, duc de Limbourg, Waleran, comte d'Arlon et Gérard. Son fils, Waleran, comte d'Arlon, donna par acte de 1210, à l'abbaye de Munster, lez- Luxembourg, pour fondation d'un anniversaire, le jour de son trépas, l'église avec le droit de patronage de Kettenhoven, auquel acte il a pris pour la première fois le titre de marquis d'Arlon. Il procréa, entre autres fils, Waleran, second mari d'Ermesinde, comtesse de Luxembourg, à laquelle il apporta en mariage, en 1214, du consentement de ses deux fils, procréés du premier mariage, ledit marquisat d'Arlon, avec les appartenances et dépendances, à condition que l'héritier qui serait issu de ce mariage, obtiendrait ledit marquisat avec le comté de Luxembourg. En conformité de ces stipulations, le marquisat d'Arlon est tombé en partage avec le comté de Luxembourg et de Laroche, à Henri, fils aîné dudit Waleran, procréé avec Ermesinde. Celui-ci a transmis à ses successeurs, comtes et ducs de Luxembourg, ledit marquisat, qui est resté depuis annexé au duché de Luxembourg, et ses successeurs restèrent en paisible possession de tout le patrimoine et de tous les fiefs en dépendant, en y exerçant toutes sortes d'actes de juridiction et souveraineté, même 450 ans avant l'acquêt que Wenceslas, W duc de Luxembourg fit, en l'an 1364,, du comté de Chiny.