‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 61 sur 102 · Livre tournois en franc · texte numérisé non relu

Livre tournois en franc

Franc en livre tournois. 1,01 25

Florin luxembourgeois en francs. 1 ,646ogo55

Franc en florin luxembourgeois. 0,6075

Ecu du pays en franc. 4, 60905349

Franc en écu du pays. 0,21696428

Escaliu en fraim 0,57613166

Franc en escalin. 1,73571428

Sou du pays eu centimes. 8,23046267

Liard du pays eu ceutinies jy0288o658

En 1872, un bichet de froment coûte 5 25 et un bichet de seigle 3 22

214 francs de 1791 en froment valent 525 fr. de nos jours, et 140 fr. de 1791 en seigle valent 322 fr. de nos jours

C'est-à-dire que, avec beaucoup moins de la moitié en argent, on achetait en 1791 la même quantité de blé.

L'argent avait, en 1791, une valeur deux fois et demi de celle de 1872.

Remontons plus haut :

J'ai copié les détails ci-après d'une liste des prix des grains a diverses époques, insérée dans les manuscrits de Pterrel (archives de la société archéologique de Luxembourg) :

En 1600, un bichet de froment coûtait 15 sols luxembourgeois;

1 idem de seigle 14

1 idem d'avoine 7

A raison de 0,0823 pour 1 sol luxembourgeois, on aura:

Froment, le bichet 1 23

Seigle, » 1 15

Avoine, * 0 57

5 bichets ou 1 hectolitre froment en 1600— 6 17

en 1872-26 44 Id. seigle en 1600— 5 75

en 1872—16 11 Id. avoine en 1600— 2 87

en 1872— 6 18 Froment 221 hectolitres 1363 57 5843 24 Seigle 2116 hect. 40 12169 30 34088 76

Avoine 2222 hect. 6377 14 13732 96

Donc, pour moins d'un tiers d'argent, on aurait obtenu, en 1600, la même quantité de céréales qu'en 1872. L'argent avait donc, en 1600, un peu plus de trois fois la valeur d'aujourd'hui.

Voyons pour 1309, c'est-k-dire pour une époque reculée de trois siècles environ.

J'ai sous les yeux une note ainsi conçue que j'ai extraite, dans le temps, sans en avoir indiqué la source :

c Charte de l'abbaye de Sturzelbroun du jour de la Sic-Catherine 1303.

c A celte époque, dans la commune d'Achen, le malter de blé valait 10 schellings, le malter de méteil 4 schellings.

Prix comparés entre 1303 cl 1862 :

En 1303, on avait 234 litres de blé pour 1 fr., 20.

En 1862, on paie 54 frs., 74 ce qu'on payait 1 frs , 20 en 1303.

4 fr., 20 de 1303 valaient donc 54 frs., 74 de 1862. Le blé d'aujourd'hui est donc 45 fois plus cher, et 100 frs. d'alors valaient 4500 frs. d'aujourd'hui. •

Il me semble qu'il y a 1k quelque exagération : l'auteur de la note ne de tromperait-il pas dans l'évaluation des dix schellings en 1 frM 20 de 1862?

Cherchons uu guide plus sûr.

Notice de M. Moke sur la perception régulière dé V impôt en France (Moniteur belge du 17 janvier 1856) :

» Pour mesurer l'élévation de l'impôt à des époques différentes, il est nécessaire de distinguer les valeurs diverses de l'argent. M. Leber, qui a traité cette question avec tout le soin désirable dans son essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen-âge, a montré que ce métal valait six fois davantage au \y* siècle qu'aujourd'hui. De 1525 à 1550, le rapport descend de six à quatre. Il est de trois entre 1550 et 1575, et de deux depuis celte dernière année jusqu'au commencement du siècle actuel.

c J'admets l'exactitude de ces évaluations. Toutefois, en passant d'un rapport à l'autre, le savant français a négligé les nombres fractionnaires ; mais il résulte de ses indications, comme de tous les autres témoignages, que ces nombres laissent encore un intervalle notable dans le prix des choses depuis le temps de Henri III jusqu'à celui de Louis XIV. J'ai donc cru devoir poser un terme intermédiaire entre 1575 et 1630, période pendant laquelle la valeur de l'argent peut être fixée à environ deux et demi.

c II y eut également une période intermédiaire entre les deux derniers rapports reconnus par M. Leber (deux et un) ; mais comme elle tombe entre les années 1790 et 1820, j'ai pu la négliger, les budgets de cette époque ne nous présentant point de termes réguliers de comparaison. »

Ainsi, en s'arrétanl seulement au xve siècle, la valeur de l'argent n'avait que six fois la valeur de nos jours. Mais nous devons remonter un siècle plus haut.

Je reprends la valeur du blé en 1303 à dix schellings le malder. Sckelling est 1k probablement pour escalin. L'escalin peut être évalué en franc

ï 0,576, et 10 escalins feront 5 frs., 76 prix de 200 litres de froment en 1303, ce qui coûte 67,82 frs. en 1872.

Le froment serait donc, aujourd'hui, 11,77 ou 12 fois plus cher qu'il ne Tétait au commencement du xive siècle, et 400 francs d'alors en vaudraient 1200 en 1872.

Les 53663 frs , 96 du revenu calculé sur le prix des grains de 1872, pourraient être évalués, en 1309, h douze fois plus ou 643,967 frs., 52.

Ce chiffre est-il exact ? Non peut être. Cherchons encore d'autres éléments d'appréciation, le problème est assez intéressant à résoudre, pour le scruter davantage.

On lit dans le Magasin universel, année 1833, une dissertation savante sur la solde des armées a diverses époques ; je transcris le passage sui* vant de la page 270 :

En 1271, vingt sous valaient

18 frs., 02

un setier de blé

En 1303, vingt sous

un setier de blé

En 1445, vingt sols

un setier de blé

un mouton

un veau

Les 30 livres tournois que recevait un homme d'armes valaient environ 210 livres d'aujourd'hui (1833).

Une livre avait donc la valeur de sept francs environ, en 1445, ce qui reproduit à peu près le rapport signalé plus haut dans le passage de M. Moke : « l'argent valait six fois davantage au xve siècle. »

C'est un argument en faveur de l'exactitude des autres énonciations de l'auteur de l'article inséré au Magasin universel.

En 1303, un sclier de blé coûtait 0,93, valeur de 1833.

Qu'est-ce qu'un setier de blé en capacité métrique ? Qu'entendait-on anciennement en France par un setier ?

DUCANGE/Glossaire V° Sexlarium dit : mensura liquidorum et aridorum. Un Sexleral d'orge, inter reditus Harmonise, a. 1265. Sextarium idem est quod Boissellus, ad ann. 1254 ex tabulis monasterii Bosonisville : focum seu ignem

in domibus suis alentes, debent abbati et monachis dare aanuatim unum aextariuni vulgo un boisseau fru menti pulchri et boni (1).

Quelle était la contenance du boisseau en litres ?

A Luxembourg, le bichet de 20 litres a été appelé setier.

On doit chercher dans la pensée de l'auteur de l'article du Magasin universel qui écrivait pour Paris et une grande parlie de la France, ce qu'on doit entendre par setier.

D'après le dictionnaire de Litre, le setier de blé contient environ 156 litres.

On trouve la même énonciation de 156 litres pour le setier dans le dictionnaire français illustré par Dupiney de Norpierre. Paris 1867, V° Capacité. D'après le même dictionnaire, le boisseau ne contiendrait que 13 litres, étant une fraction du setier.

Prenons pour base de nos calculs le setier de 156 litres.

Si, en 1303, 156 litres de blé coûtent fr. 0,93, 100 litres coûtaient fr. 0,59. Le prix de 100 litres de froment en 1833 était de 12 frsM 63; il est 21, 42 fois plus cher qu'en 1303. Pour le prix de 22 frs., 50 en 1869, le rapport est 38,13, et pour le prix de 26 frs., 44 en 1872, le rapport est 44,81. Nous revenons au chiffre de la note concernant l'abbaye de Sturzelbroun que j'ai d'abord citée.

Je crois qu'on peut abandonner la valeur du setier à 156 litres et chercher une autre base : la valeur de vingt sous ou une livre tournois en 1303 correspondant à 17 frs., 28 en 1833. La livre tournois de vingt sous équivaut au franc décimal k un centime près, que je néglige, puisque je ne cherche qu'une approximation. J'aurai donc 1 franc de 1303 équivalant k 17 frs., 28 de 1833.

La valeur des céréales délivrées par an au château d'Arlon est, sur le pied de l'année 1872, de 53663 frs., 96. Multipliant ce chiffre par 17 frs., 28, on aura la valeur de 1303 ou 927,313 frs., 22.

Mais 17 frs., 28 est la valeur de 1833.

Quelle augmentation les céréales ont- elles subie depuis 1833? Voyons les chiffres pour un hectolitre :

[i]Ud setier est une mesure de liquides et de matières sèches, un sexterat forge, année ia65 sur les con6ns de P Ha o no nie. Le setter est la même mesure que le àoiesea*. Au née ia54, extrait des tables du monastère de Bosonville : Ceux qui entretiennent un foyer ou un feu, doivent a l'abbé et aux moines un setier, vulgairement un boisseau de beau et bon froment.

Froment.

frs. 12 63

frs. 26 44.

Seigle.

Avoine.

On aperçoit par là que, en quarante années environ, le prix des céréales a doublé à peu près, et vingt sols de 1303 devraient valoir en 1872, 34 frs., 56.

Le revenu en grains du château d'Arlon en 1309, serait alors à peu près de 1,855,636 frs., 44.

Je viens maintenant à la valeur des porcs, des coqs et des poules.

Il est assez difficile de se renseigner à cet égard pour une époque reculée. Les indications qui vont suivre m'ont été fournies par feu M. Kalbersch, curé à Erpeldange, fort instruit dans ces sortes de matières.

Bertels mentionne, dans un manuscrit, un titre qu'il croit être de 1443, d'après lequel il devait être livré annuellement au couvent de Munster (Luxembourg), 21 porcs, chacun de la valeur de 3 à 4 florins.— En 1594, cette valeur est portée à 4 florins. Ce prix indique assez l'âge et la taille des porcs livrés comme imposition.

Le florin dont il est question ici est le florin seigneurial ou d'or à 28 sols luxembourgeois, valant 2 fr. 30. Le prix d'un porc à 4 florins serait donc de 9 fr. 20, et pour la valeur de 1309, huit fois plus ou 73 fr. 60 de nos jours.

Les nombre des porcs à fournir, en 1309, étant de 82 '/2, leur valeur devrait être portée à 6072 fr. de notre époque (2).

Quant aux poules et aux chapons, ils avaient un développement suffisant pour être livrés, lorsqu'ils pouvaient sauter sur le troisième échelon du perchoir, ou lorsque les jeunes coqs, pris en main, dépassaient le poignet, d'un côté par la tête, de l'autre côté par la queue.

Le plus ancien document est de 1635 : le chapon est évalué à 12 stubers et la poule à 6 stubers. En 1711, le chapon vaut 7 7a patars et la poule 4 patars ou gros sol luxembourgeois valant fr. 0,823.

Le prix d'un coq serait donc porté à 0,62 et celui d'une poule k 0,33 ; on aurait, valeur de 1309 (3) :

[i] Ces chiffres sont extraits du Mémorial administratif 'delà province de Luxembourg. [2] Huit fois plus n'est pas assez ; voyez plus loin. [3] Voir plus loin.

Pour 191 et pour 2

chapons fr.

039 poules

Total fr.

Dans un document ancien concernant la chapelle d'Erpeldange (Grand- Duché), la livre de cire est évaluée à 16 stubers ou gros sols luxembourgeois, en monnaie actuelle fr. 1,00. La valeur de 1309 serait alors de 8frs, ce qui, pour 355 livres de cire, procurerait un revenu de fr. 2840 (1).

Il reste à évaluer le revenu en argent du château d'Arlon.

La livre tournois vaut en franc 0,988; ce qui pour les 633 livres tournois donne frs 627 06, et en valeur de 1309, frs 5020,80 de nos jours (2), valeur calculée huit fois plus forte seulement.

[i] Voir plus loin.

[2] Le terme sol désignait pendant les ix, x, xi et xii« siècles, non ane monnaie, mais un poids. Le sol d'argent représentait un vingtième d'une livre d'argeut. Cinq sols répondaient à un quart de livre. Le paiement en monnaies coursahles, généralement de petites dimensions, ne s'opérait jamais, à moins qu'il ne s'agît de sommes minimes, par voit- de comptage, mais au poids. Cest là l'origine de l'expression livre tournois et livre sterling, expressions par lesquelles il faut entendre seize onces de monnaies de Tours ou seize onces de sterlings. On comprendra facilement que la valeur du sol d'argent devait changer d'après celle du lingot d'argent pur, valeur qui, dans le moyen-âge, a varié d'une manière énorme, et qui, dans tous les temps, a été bien supérieure à celle qu'elle a obtenue après la découverte du nouveau monde. [Af. de Lafontaine, notice sur une église mère de Merscb, etc. note page ir, publications de la société archéologique de Luxembourg, i855, XI].

La livre tournois était originairement représentée par une livre réelle ou deux marcs pesant de la monnaie frappée a Tours.

Mais cette monnaie de Tours se composait de grosse et de menue monnaie : ce que l'on nommait grosse monnaie était la monnaie émise en pièces nommées gros du poids normal de 72 grains, la pièce. — Les petites monnaies étaient des sous-divisions du gros jusqu'à l'obole, division la plus infime.

11 paraît que, dès l'origine du système duodécimal introduit en France par St-Louis, la petite monnaie, employée dans les transactions, sinon les plus importantes, du moins les plus nombreuses, recevait plus d'alliage que la grosse; mais dès qu'il s'agissait de faire de gros payements, on abandonnait le comptage des pièces et c'était la balance a la main et par livres, c'est-à-dire au poids que s'exécutaient les payements.

On comprend qu'à raison de la différence dans l'aloi, la livre de petites pièces de monnaie tournesienne, ou de petits tournois, selon que l'on s'en exprimait vulgairement, devint inférieure en valeur à la livre de gros. Cette différence est devenue bien plus sensible et bien plus considérable sous les successeurs de St-Louis, qui ne se firent aucun scrupule d'altérer l'aloi-élalon. Philippe- le- Bel, qui régna de l'an ia85 à i3i4, celui des rois de France qui devint ouvertement et audacieusement /aux-monnayeur, sotxs prétexte des besoins de l'Etat pour la guerre de Flandre, altéra les monnaies au point qu'elles n'eurent plus que un septième de leur valeur intrinsèque nominale, qui demeura celle de St-Louis. Ce procédé occasionna de grands troubles en France, mais on conçoit que, hors

J'ai donné ces renseignements comme de simples indications; nous connaissons le nombre des porcs, des coqs et des poules à fournir en 1309, ainsi que leur valeur vénale moyenne en 1872, savoir: 20 francs pour un cochon de plus de six semaines, 4 fr. 50 pour un chapon et 1 fr. pour une poule.

En faisant le calcul sur 17 frs., 28, valeur de 1 franc de 1303 en 1833, on aura :

Pour 82 »/t porcs, 29,427 68

pour 191 chapons, 4,950 72

pour 2039 poules, 35,233 92

pour 355 # de cire à 3 francs la livre, 18,403 20

pour 633 * de rentes, 10,938 24

98,953 76 pour les céréales, 927,313 22

En prenant pour base le chiffre 34,56 au lieu de celui de 17,28, la valeur devrait être doublée pour 1872, on aurait alors 2,052,533 frsM 96.

Est-ce exact ? Peut être bien.

J'ai dû donner tous les calculs et leurs résultats, pour faire voir toutes les difficultés d'une appréciation véritable ; je crois que, en tenant compte de toutes les circonstances, on sera bien près de la réalité en prenant un terme moyen entre 17,28 et 34,56, ou 1,539,385 frs., 47 (1).

Celte évaluation des revenus annuels du château d'Àrlon, en 1309, ne comprend pas les amendes, c'est-à-dire les profits de la justice locale. Je n'ai aucune indication pour évaluer ces profits.

Le château d'Àrlon avait ses charges indiquées par l'état de 1309. Je n'en ai pas fait le relevé, faute de documents pour quelques unes ; mais ces charges ne pouvaient être considérables. La perception de leurs revenus ne coûtait alors presque rien aux comtes d'Àrlon.

de France et dans les pays où la monnaie française avait cours toléré, celte monnaie n'était reçue qu'au taux de la valeur intrinsèque réelle et nullement de la valeur nominale, avec la valeur intrinsèque forcée, ou soi disant intrinsèque.

La valeur réelle d'une livre de petits tournois eu i3og ne saurait être déterminée qu'en recourant à des traités spéciaux, attendu que les altérations de la monnaie française se sont opérées non instantanément, mais successivement. — Voir la monnaie de Michel Chevalier. Bruxelles. 1861. [Note de Af. Wurt h- Paquet].

(i) Est-ce bien là le chiffre réel? Je n'oserais l'affirmer. Ce qui le précède n'est qu'une étude basée sur des éléments qui peuvent être fautifs et que j'ai dû adopter, à défaut d'autres plus certains.

Ce qui parait plus intéressant à constater, c'est le personnel attaché au château d'Arlon en 1309 :

1 chapelain,

1 écrivain,

2 forestiers,

1 portier k la porte du château, 1 portier à la porte de la ville,

1 veilleur au château ,

2 touremann (hommes des tours), i voiturier.

Comment les payait-on ?

En vêtements ;

en froment ;

en pois ;

en seigle ;

en avoine ;

en viande salée ;

en harengs.

Des harengs à Arlon en 1309 et sans doute auparavant! car l'auteur de Pétat des revenus du château féodal ne fait que relater un fait déjà hieo établi et sans contredit ancien.

Je rapproche celte curieuse indication de ce que des auteurs ont écrit sur la pêche du hareng.

c La première pèche des harengs qu'on ait connue en Europe s'est faite sur les côtes d'Ecosse.

Les Hollandais avaient coutume d'envoyer des vaisseaux sur les côtes d'Ecosse pour acheter ce poisson et Ton peut fixer cette époque vers l'an 836, sous le règne du roi Alfred .

c Les Ecossais s'élant ensuite brouillés avec les Hollandais, ceux-ci allèrent eux-mêmes â la pêche du hareng.

t Les Hollandais trouvant plus de poisson qu'ils n'en pouvaient consommer, prirent le parti de les saler et de les débiter dans les pays étrangers.

L'origine de cette pêche de hareng en tant que commerce, est placée vers l'an 1 320, après que les Teutons se furent établis dans la mer Baltique.

f La manière industrieuse de les encaquer et de les saler pour le goût, la durée et la perfection, fut trouvée, en 1397, par Guillaume Beukels, natif de Biervliet dans la Flandre hollandaise (1). »

[i] Nouveau dictionnaire des origines, inventions et découvertes dans les arts, Us sciences, etc., par MM. Fr. Noël et Carpentier, V° Hareng*

La distribution de harengs aux gens du château d'Àrlon ne peut s'entendre que de harengs salés. C'est donc avant 1320 qu'il faut placer le commerce des harengs salés par les Hollandais, en remontant même plus haut que 1309.

Voilà comment la simple indication d'un acte du moyen-âge peut relever une erreur généralement accréditée (1).

On vient de voir quels étaient les villages qui dépendaient du château tfArlon. Ce n'était pas Ik toute l'étendue du marquisat de ce nom : cette étendue est établie par deux documents postérieurs.

1° Déclaration des tiers mouvants du magistrat d'Arlon, envoyée au mois de février 1479, k Charles le Hardy, duc de Bourgogne et de Luxembourg, par les Prévôt, hommes et eschevins de la ville et prévoté d'Arlon.

Les suivants, savoir : Esch sur la Saur, Wiltz, Useldange, Everlange, Septfontaines,Kœricb, Autel, Differdange, Messancy, Hondelange,NoedUnge, Girsch, Elle, Reynich près d'Igel, Rosport, Egel ou Igel, Contz, Latour devant Virton, Bleid, Chêne, Chastelet près de Bolloigne, Mouhon et Franche ville, les trois Vierges, Schoppach près d'Arlon, Schockweiller, Elvingen, Colpach, Arestorff, Ebly, Bavigne, la dixme d'Eischen, Parrette, Maix le tige en partie, Udange, le moulin de Hachy, Guelf, Wolkrange près d'Arlon, Noedingen, vouerie de Bourscheidt, Post, Bauschleiden, Hartelange, Assenoy, Bondorff, Stockem, Nerenhausen, Bous près de Pratz en partie, et une maison et héritage à Saint Laurent (2).

(i) Les énormes quantités de harengs qui sont, chaque année, depuis un grand nombre de siècles, péchées dans les mers du Nord et sur les côtes des terres baignées par l'Océan atlantique, ont dû de bonne heure engager le commerce a chercher des débouchés pour le placement de cette riche pèche : ces débouchés n'étaient autres que l'intérieur du continent européen ; mais pour pouvoir exposer en vente, dans des régions éloignées de la mer, des parties marchandes d'un poisson frais et mangeable, il fallait faire subir au hareng des préparations qui en assuraient la conservation pendant une année au moins. Cette méthode d'assurer la durée du hareng se nomme leur caçuttge. Les Hollandais attribuent l'invention de cette méthode a leur compatriote B euh eh qui vivait encore en i4i6 ; mais le mérite de cette invention a été contesté à Beukels par les Danois, par les Suédois et autres nations riveraines, qui prétendent avoir caque le hareng de leur pèche plusieurs siècles avant lui. On conserve dans les archives du Grand-Duché de Luxembourg, un écrit original et authentique, qui prouve que le hareng, conservé par la méthode de Beukels ou par une méthode analogue, y était non seulement connu, mais y était devenu un article de consommation usuelle et très-répandu dès le commencement du quatorzième siècle (M. de Lafontaine, notes sur l'usage des harengs et des huîtres dans le Luxembourg. XV vol. des publications de la société archéologique du Grand- Duché de Luxembourg, page an).

[a] Manuscrit de Pierret, a Luxembourg.

284 HISTOIRE D'ARLOll.

2° L'état des seigneuries et biens fiefs, dépendants du marquisat d'Arlon, dressé en février 1480, en vertu des ordres de Charles le Téméraire. Cet état a été publié dans les Annales de la Société Archéologique dCArlon : je me borne à présenter simplement l'indication des localités, en les classant dans un ordre logique.

Arrondissement d'Arlon. Arlon, Stockera, Schoppach, Metzert, Martelange, Wisembach, Attert, Scbockville, Parette, Post, Schadeck, Thiaumont, Almerodt, Liscbert, Louchert et Bousse (inconnu), Habergy, Guelff, Rachecourt, Bebange, Meix-le-tige, Autelbas, Autelbaut, Weiler, Sterpenicb, Bonnert, Viville, Waltzing, Guirsch, Tœrnich, Udange, Hachy, Halanzy, Messancy, Hondelange, Buvange, Wolkrange, Sesselicb ; en outre, Walhusen , village détruit entre Stockent et Freylange, et Rattelois (inconnu).

Arrondissement de Bastogne. Tintange, Straincbamps.

Arrondissement de Virton. La tour, Bleid, Cbatelet (Bologne), Musson, Vance, Villers tortru, Mussy-la-Ville.

Arrondissement de Neufehdteau. Anlier, Tbibessart, Mellier, Neuville, Ebly, Assenois, Behéme.

Dans le Grand-Duché. Esch sur la Sôre, Wiltz, Useldange, Everlange, Septfontaines, Kœricb, Differdange, Oberkorn, Niderkom, Noedlange, EH, Rosport, Solœuvre, Colpach, Brandebourg, Fiscbbacb, Reuland, Elvange, Beckrich, Arsdorff, Neunbausen, Sanera, Oberpallen, Levelange, Gereldange près Messancy, Hollenfeltz, Scbarpillig, Merscb, Larochette, Bereldange, Nœrdange, Boulaide, Donckoltz, Bondorff, Kalcr, Pettingen, Norrenbausen, Redange, Folscbeid, Roode, Clervaux, Meysembourg, Pratz, Grosbous, Lannen, commune de Redange. Localités inconnues ; Wardelingen, Staen.

En France. Longwy, Saint-Laurent.

En Prusse. Igel, Reynich près d'Igel, Contzerbruck sur la Sarre, Layscbe.

Le marquisat d'Arlon avait donc beaucoup d'importance et ce fut un bel accroissement que le mariage de Waleran et d'Ermesinde apporta aux possessions territoriales du comté de Luxembourg.

Appendice au chapitre 131.

1° Charles délivrées au château d'Arlon.

4232. Janvier. Actum apud Arlunum. Ermesinde, comtesse de Luxembourg et de Larocbe et marquise d'Arlon, ratifie la donation faîte par son père Henri au couvent de Himmerode, etc.

4200. Mars. — 4264. Mars. Acta in Castro Arlunensi. César, chevalier d'Arlon, fait donation testamentaire au couvent de Marienthal. Henri, comte de Luxembourg et sa femme, la comtesse, ont apposé leurs sceaux.

1344. 46 mai. Dalum in Arluno. Henri Beyer, chevalier de Boppard, est reçu comme vassal de Jean, roi de Bohême et de Pologne et comte de Luxembourg.

4321. 44 août. Arlon. Tudo de Bacharato et Jean de Lapide se reconnaissent hommes liges de Jean, roi de Bohême et de Pologne, comte de Luxembourg.

4345. 30 décembre. Donné à Arlon. Privilèges des drapiers d'Arlon, par Jean, roi de Bohême, comte de Luxembourg.

4361. 46 mars, à Erlen. Commission par Wenceslas, duc de Luxembourg, ù

Hue, seigneur d'Auteil pour être les gardiens des marches des seigneuries

de Lomprest, Mirwart, etc.

4361. 48 mars. Arlon. Wenceslas promet de garder toutes les marches touchant les hauteurs et seigneuries des terres et chatelleries de Lomprez, Mirouart, etc.

4373. Wenceslas, roi de Bohême, duc de Luxembourg, maintient l'abbaye de Munster dans ses droits et privilèges.

4384. 42 décembre. Henri de Gleblay, écuyer, déclare avoir repris en fief et hommage du duc de Luxembourg et en fief de garde du chastel d'Arlon, son héritage à Linger.

1384. 8 septembre. Arlon. Lettres par lesquelles Wenceslas accorde à tous les habitants et bourgeois de Montmédy, toutes les chartes, libertés et franchises que ses prédécesseurs, seigneurs de Montmédy, leur ont octroyées.

1384. 24 septembre. Arlon. Le roi Wenceslas ordonne au chapitre de Verdun de recevoir Roland de Rodemach pour évéque et de lui remettre les places et forteresses de l'évéché.

1384. 28 septembre. Erlon. Wenceslas, roi des Romains et de Bohême et duc de Luxembourg, confirme aux mayeur, échevins, bourgeois, bourgeoises, manants et habitants de la ville de Virton, toutes les libertés, droits et franchises que leur avaient octroyés ses prédécesseurs, les seigneurs de Virton.

4384. 28 septembre. Erlon. Wenceslas, roi des Romains et de Bohême et duc de Luxembourg, fait savoir que les habitants de Damvillers et dépendances, seront maintenus à la loi de Beaumont, comme cela a eu lieu sous ses prédécesseurs. On ne lèvera aucun droit de tonlieu sur les personnes qui viendront aux foires et marchés.

4384. 29 septembre. Donné à Erlon. Wenceslas, roi des Romains et de Bohême et duc de Luxembourg, promet de tenir les bourgeois de Marville à la loi de Beaumont.

4412. 45 juillet. Erlon. Antoine et Elisabeth, sa femme, reconnaissent que les maire, jurés, échevins et communauté de Marville leur ont prêté serment de fidélité.

4412. 45 juillet. Erlon Antoine, duc de Lotbier, fait savoir que Frédéric, fils atné de Mœrse, et comte de Saerwerden, lui a, sur la volonté de Wenceslas, roi des Romains et de Bohême, consenti le dégagement de Durbuy, de Bastogne et de Marche en Famenne, qui lui avaient été donnés en engagère, pour 48 mille florins du Rhin.

4442. 45 juillet. Apud Erlon. Antoine confirme les lettres de Wenceslas du 9 septembre 1380, contenant approbation de celles du roi Jean, datées des ides d'avril 4320, qui accordaient au couvent des frères prêcheurs à Luxembourg, le droit de prendre du bois mort dans les bois domaniaux de la ville de Luxembourg.

4412. 45 juillet. Erlon. Lettres d'Antoine et d'Elisabeth, duc et duchesse de Lotbier etc. par lesquelles ils reconnaissent que les maire, jurés, échevins et communauté de Virton leur ont rendu foi et hommage,

4437. 20 août. Erlon. Lettre de la duchesse de Bavière et de Luxembourg, comtesse de Chiny, au magistrat de Metz, par laquelle elle lui envoie les dépositions de deux malfaiteurs exécutés à Arlon.

2° Documents divers.

A. Avouerie d'Arlon.

En 4214, Henri, duc de Limbourg et marquis d'Arlon, en vue du mariage de son fils Waleran avec Ermesinde, comtesse de Luxembourg, lui fait don du marquisat d'Arlon, en s'en réservant l'avouerie, advocato tamen excepto.

Déjà, dans des chartes de 4476 et 4495, on lit que Walterus est advocaius Arlunensis.

En 4235, Henri 11, comte de Luxembourg, reconnaît avoir reçu en fief de Henri, duc de Limbourg, son frère, le château d'Arlon et toute la terre.

En 4237, au mois de janvier, Frédéric, avoué d'Arlon, s'engage envers la comtesse Ermesinde, à garder le château d'Arlon, sous peine de la saisie de ses biens féodaux.

Quelles éf aient les fonctions d'un avoué d'Arlon ? On croit que la charge d'avoué d'Arlon était la même que celle de prévôt. En conservant dans sa main la charge d'avoué ou de prévôt d'Arlon, le duc de Limbourg enlendait-il se réserver, outre la nomination, les revenus attachés à la charge et appartenant au seigneur ?

B. Prix des porcs, des chapons, poules, etc. Notes fournies par feu M. Kalbersch, curé à Erpeldange.

4° Porcs.

Le prix des porcs est difficile à déterminer.

Les monnaies ayant cours avaient, pendant la même époque, différentes valeurs pour diverses parties du pays, elles différaient même pour un seul et même endroit et une seule et même époque.

Il y avait également une différence dans les porcs : les uns étaient maigres, les autres à demi ou entièrement engraissés. En règle générale cependant, on devait livrer les porcs tels qu'ils sortaient à l'entrée de l'hiver de la glandée.

Les mayeurs seigneuriaux, les fermiers et meuniers dépendants des seigneurs, devaient ordinairement fournir chacun un porc par année.

Ce qui rend très-souvent difficile les recherches sur la valeur des objets livrés, c'est le partage des rentes seigneuriales. On ne peut souvent pas distinguer si le receveur a porté en compte la totalité ou seulement une partie du prix.

Je vais indiquer celle des années pour lesquelles je crois être sûr de connaître le prix des objets livrés.

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