‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 78 sur 102 · RÉCIT FRANÇAIS. RÉCIT AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

RÉCIT FRANÇAIS. RÉCIT AUTRICHIEN

Le général Hatry avait été laissé à Les forces des Français à Arlon Arlon avec sa division qu'il plaça dans étaient composées de 22 à 25 mille divers postes (victoires et conquêtes); hommes.

c'est-à-dire avec 6 à 8 mille hommes ; Les forces des Autrichiens ne s'élepeut-étre avec 10 ou 12 mille fantas- valent pas à plus de sept à huit mille sins, cavaliers et artilleurs. hommes.

La perte des Français fut de 200 prisonniers, 900 hommes tués t)U blessés.

Un bataillon entièrement détroit dans les bois de Clairefontaine.

Les Autrichiens perdirent 200 hommes tant tués que blessés.

Quelles pouvaient être les forces en présence dans la nuit du 30 avril 1 794?

Les Français ne pouvaient guère dépasser 12,000 hommes, disséminés dans les trois camps et à Arlon.

Le récit autrichien reconnaît que l'armée du général Beaulieu était de sept à huit mille hommes. Ce chiffre n'est pas exact. Le 16 avril, ils étaient 12,000 hommes h Arlon ; ils avaient subi peu de pertes dans les combats devant cette ville et ils s'étaient retirés peu entamés par les routes de Luxembourg et du fond de Mersch. A Mersch, le général Beaulieu rassembla son armée et reçut le renfort d'un bataillon. Dans sa marche de nuit par la vallée de l'Attert, il commandait au moins à dix mille hommes. Avec ce corps d'armée compact, il attaque les Français mal gardés, trop confiants dans leur victoire du 17 et ne pouvant s'attendre à un retour offensif de l'ennemi ; disséminés en quatre postes assez éloignés, ils étaient, dans

chaque position, très-inférieurs à leurs ennemis. Qu'on ajoute la surprise d'une attaque de nuit, l'inconnu, et l'on comprendra aisément l'issue delà lutte. Tout cela n'excuse pas la honte d'une défaite d'un côté, et de l'autre, n'enlève rien aux talents militaires du général Beaulieu, k la valeur de ses troupes ni au mérite de sa marche et de sa revanche victorieuse.

Quels étaient les emplacements qu'occupaient les Français dans la nuit du 30 avril 1794?

Ils avaient un avant-poste ou grand'garde au haut de la Côte de sable, sur la route de Bastogne, en avant de la Belle vue d'aujourd'hui. Cette grand'garde fut surprise et enlevée.

Le premier camp devant Arlon était placé sur cette route, aux quatre vents, croit-on, point culminant en avant d' Arlon. Ce camp fut attaqué par les Autrichiens, à la fois de front par la grand'route et de flanc par Bonnert.

Le deuxième camp des Français se trouvait placé vers Seymerich et gardait plus immédiatement Arlon. 11 fut attaqué impétueusement aussi et pris ; les Autrichiens entrèrent en ville des deux côtés .

Le troisième camp était assis sur la route de Luxembourg, avant la descente du Wolberg ; il fut attaqué le dernier et enlevé comme les autres.

On ne sait pas précisément quelle fut la perte des Français au milieu de cette nuit de surprises et de terreurs. H faut s'en rapporter au récit autrichien.

Cependant il y eut quelque résistance du côté des Français, car les Autrichiens avouent une perte de deux cents hommes tués ou blessés.

Le retour du général Beaulieu à Arlon, devint l'occasion d'une manifestation publique qui eut ses divers épisodes intéressants. La presse de cette époque en rend également compte. Je continue d'emprunter ses récits.

Gaz. polit, et lût. de Luxembourg, 3 mai 1794, p. 145.

A la première nouvelle qui s'est répandue dans notre ville de cet heureux événement, les esprits ont été dans la joie la plus vive. Nous partagions bien sensiblement les maux de nos compatriotes des campagnes et nous souffriions du voisinage impur des ennemis de l'humanité et de leur trop long séjour sur une terre habitée par des hommes adorant Dieu, qui aiment leur souverain et qui respectent les lois. 11 n'est personne qui n'ait pris part à l'allégresse publique et qui n'ait témoigné sa reconnaissance au général Beaulieu, le libérateur de cette province et à sa brave armée. Les députés des Etats, le magistrat

FAITS HI8TOWQUB8 POSTÉRIEURS A i 809. 881

de Luxembourg ont été les organes des sentiments de tout le peuple dans les deux lettres qu'on trouvera ci-dessous :

Monsieur,

c La victoire signalée que votre Excellence vient de remporter sur nos féroces et barbares ennemis, va répandre la plus douce consolation dans l'âme de tous les fidèles habitants de cette province de Luxembourg et y faire renaître l'espoir d'une tranquilité durable que les grands talents militaires très-connus de votre Excellence sauront déjà maintenir contre toutes entreprises ultérieures.

c Ce retour de bonheur bien propre à couvrir derechef votre Excellence d'une gloire immortelle, ces brillants succès n'étant dus qu'à vos savantes dispositions et par suite à la prompte exécution qu'y ont apportée les braves et valeureuses troupes qui sont sous votre commandement.

c Permettez, Monsieur, que nous témoignions à votre Excellence toute la part que nous prenons à ses hauts exploits et que, comme une faible marque de notre juste reconnaissance, nous lui offrions les deux foudres d'eau-de-vie et les seize foudres de bière que nous faisons transporter d'ici jusqu'à Arlon pour être, ensuite de ses ordres, distribués aux vaillants et intrépides soldats qui ont si bien secondé les opérations guerrières de votre Excellence.

c Nous avons l'honneur d'être avec les sentiments de ta plus haute considération, Monsieur, de votre Excellence, les très-humbles et très obéissants serviteurs.

Les Députés des Etats du Pays et Duché de Luxembourg et Comté de Chiny,

signé, Nicolas, abbé de St-Hubert, de Pfortzhbim, J. Huart.

Luxembourg, le 5© avril 1794»

Monsieur,

c A peine avons-nous appris ici l'heureuse nouvelle des brillants succès de votre Excellence, que la bourgeoisie de cette ville de Luxembourg s'est empressée à faire une collecte, dont les premiers effets ont déjà produit un foudre de vin, un foudre et demi de bière, une pièce d'eau-de-vie avec une voiture chargée de viande et de pain, que j'ai l'honneur de faire passer à votre Excellence, à son quartier général à Arlon, pour être distribués à vos braves et valeureuses troupes, Agréez, Monsieur, cette faible marque de dévouement de notre bourgeoisie ; comme ce ne sont là que les prémices de quelques particuliers, j'espère que, sous peu, je serai à même de pouvoir transmettre à votre Excellence quelque chose de mieux de la part de la généralité des bourgeois qui se sont assemblés cet après-midi pour prendre une résolution à l'effet de

S8t BfSTOlU D'ARM*.

témoigner aux intrépides soldats de votre Excellence toute la part qu'ils prennent à la mémorable victoire que vous venez de remporter sur nos féroces ennemis. J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, Monsieur, de votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur,

signé, J. Hoart, Échevin, haut Justicier de la ville de Luxembourg. Gaz. polit, et Utt. de Luxembourg, n° 38 du lundi 5 mai 1794, p. 157.

Luxembourg, le 5 mai 1794. L'entreprise heureuse et brillante de S. E. le général f. ml. Baron de Beaulieu sur un ennemi qui avait une force si supérieure à la sienne, la fuite précipitée d'une horde de pillards, l'exemple des Etats, ont tellement électrisé les habitants de cette ville, qu'ils se sont disputé l'honneur de contribuer au soulagement des braves troupes si dignes d'être commandées par leur habile chef. Plusieurs individus de notre bourgeoisie se sont chargés de faire une collecte qui a tellement répondu à leur vœu qu'à l'époque du 1er mai, 13 voitures attelées chacune de quatre chevaux, étaient chargées de comestibles consistant en 24 quintaux de farine blanche, 7 quintaux de riz, quatre quintaux de sel, un foudre d'eau-de-vie, un foudre de vin, 8 foudres de bière, pain cuit, lard, jambon, viande fraiche, millet, etc., etc. Ce convoi, escorté par une trentaine de chasseurs volontaires de Luxembourg, est arrivé à Arlon, le 3 au matin. Par ordre du général, ces voitures ont été déchargées devant la ville. Le détachement s'est rendu ensuite au quartier général de son Excellence, pour lui faire, au nom des habitants de la ville de Luxembourg, l'offre des denrées susdites et pour la prier de les faire distribuer aux vaillants soldats qui ont efficacement contribué à purger notre province. Le général a daigné recevoir les officiers du détachement avec une affabilité touchante et qui caractérise cet excellent officier. Après leur avoir dit les choses les plus obligeantes et les avoir priés de remercier, en son nom, tous les particuliers bien intentionnés de la ville qui ont si généreusement soulagé son armée exténuée par des fatigues incroyables, son Excellence a passé en revue le détachement entier, auquel elle a témoigné toute sa satisfaction. Une quatorzième voiture, fournie par les propriétaires de la faïencerie, chargée d'un foudre de bière et d'une grande quantité de pain, avait accompagné cet envoi.

Le lendemain 4 mai, 10 voitures également attelées chacune de quatre chevaux et chargées d'un foudre et demi de vin, de 5 foudres de bierre, de quatre quintaux de lard, d'une quantité considérable d'orge, de riz, de pain, de tabac, etc., sont parties pour la même destination. Ce convoi, escorté par une vingtaine de chasseurs volontaires, a été présenté le même jour au soir à M. de Beaulieu qui l'a reçu avec la même affabilité que le premier. Chaque fois, au départ des volontaires d'Arlon, le général baron de Beaulieu (pour épargner une fatigue

à ses soldats) s daigné leur conter quelques prisonniers qu'ils ont conduits à Luxembourg.

Gaz. polit, et litt. de Luxembourg, n° 40 du 10 mai 1794, p. 195.

Voici la lettre que S. Exe. le Comte de Metternieh Winnébourg, ministre plénipotentiaire de S. M. 1. et R. à la cour de Bruxelles, a daigné adresser à Messieurs du magistrat de Luxembourg.

Messieurs,

Je viens d'apprendre que la bourgeoisie de Luxembourg, ayant fait une collecte entre elle, a envoyé un secours en vivres aux braves troupes qui sont sous les ordres de M. le lieutenant général baron de Beau lieu. Cette conduite, si digne d'éloges» m'a causé une véritable satisfaction, et je vous prie, Messieurs, de la témoigner de ma part à votre bourgeoisie, en y ajoutant que je ne manquerai pas d'en rendre compte à sa Majesté qui en sera sans doute également satisfaite.

Je suis avec une parfaite considération, Messieurs,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

(signé) Mbttbhnjch-Winwebourg,

Son Excellence M. le général feld maréchal lieutenant baron de Beaulieu a boooré de la lettre suivante un de Messieurs les capitaines des chasseurs volontaires de Luxembourg qui avaient escorté et présenté, au nom des habitants de cette ville, les convois de denrées destinés pour l'armée de ce général.

Arlon, le 8 mai 1794.

A Monsieur le baron de Botond et au corps des volontaires Luxembourgeois.

J'ai tardé à remercier votre brave et beau corps de volontaires Luxembourgeois qui se sont empressés à soulager nos soldats, en leur amenant des vivres en abondance, dans un moment où tout manquait. Si je n'avais pas été occupé à assurer ma troupe contre une nouvelle attaque, je n'aurais point tardé & témoigner à vous, Monsieur, ainsi qu'à tous ceux de votre corps de volontaires, combien f ai été sensible aux soins qu'ils ont eus de ma troupe ; je vous prie, Monsieur, de leur dire de ma part, que je les remercie du plus profond de mon cœur, pour mes bons soldats ; j'espère que, si l'occasion se présente, ils se montreront toujours dignes de vos soins et de ceux de tos volontaires ; mais il seroit & désirer que vous voulussiez tous, Messieurs, unanimement coopérer

384 HI8T0IRB D'ARUM.

à une levée de troupes dans le pays de Luxembourg» pour par là nous mettre dans le cas de renvoyer en lout temps ces meurtriers, ces incendiaires dans leur pays de scélérats, où les hotreurs et tous les crimes des enfers ont établi leur siège. Réunissons nos efforts pour faire disparaître le germe de ces scélérats de la surface de la terre ; ne donnons point de repos jusqu'à ce qu'ils soient exterminés.

J'ai l'honneur d'être avec la considération la plus parfaite, Monsieur et Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur,

(signé) B. Beaulieu, lieutenant général.

La suite des faits n'a pas répondu aux espérances du baron de Beaulieu.

Extrait du Moniteur universel du 25 mai 4794, 6 prairial an 2.

Le général Jourdan, commandant en chef l'armée de la Moselle, au comité de salut public.

Au quartier général de Wolkringen, le 2 prairial an 2 (24 mai 4794).

Citoyens représentants, nous sommes arrivés aujourd'hui à ArUm sans difficulté. Le peu d'ennemis qui y était ne nous ont pas attendus. Notre avant garde est bivaquée en avant de Heuschling, sur la route de NeufchAteau, et elle a ordre de se porter demain à Anlier, où elle recevra de nouveaux ordres, c'est-à-dire qu'elle passera plus avant si elle ne trouve pas de trop grands obstacles. Je marcherai avec elle et le corps d'armée nous suivra. Je laisserai à Arlon la division du général Hatri pour qu'elle s'oppose à ce qui pourrait venir de Luxembourg ou du pays de Trêves et pour qu'elle protège nos convois.

Gazelle politique et littéraire de Luxembourg, du mercredi 44 mai 4794:

c Depuis quelques jours, le général Beaulieu a fait un mouvement avec son armée, mais le dessein est un mystère. »

Le mystère était l'approche de l'armée française qui arriva à Arlon, le 24 mai et y resta jusqu'au 28. Le général Beaulieu, qui ne se seutait pas en forces, battit en retraite.

Le rapport du général Jourdan du 24 mai 4794 prouve clairement que la position d' Arlon avait été évacuée par l'armée française, après la victoire du 47 avril. Par suite de quel événement? Sans doute l'attaque nocturne des Autrichiens du 30 avril. Cette attaque est certaine, quoique les

FA1T8 HISTORIQUES POSTÉRIEURS A i 809. 385

Français n'aient jamais parlé de leur défaite, laquelle, au fond, a été peu

honorable, tout en faisant la part de la surprise (1). Quelques mots sur Clairefontaine, monastère situé presque aux portes

d'Arlon.

Le 48 avril 1794, le couvent fut réduit en cendres par les Français,

sans que rien pût justifier ou excuser cet acte odieux. Le 17, vers la nuit, après la défaite des Autrichiens devant Ârlon, les

dames gagnèrent leur refuge à Luxembourg, où elles vécurent deux ans

dans une grande pauvreté.

Une loi du 1er septembre 1796 supprima les couvents des départements

réunis. Les dames de Clairefontaine se dispersèrent le 4 décembre suivant. Le couvent fut vendu le 27 nivôse au Y pour 40100 livres. Il en fut de

même du refuge à Luxembourg (2).

La Belgique entière fut conquise par les Français. Sa réunion définitive

k la République fut prononcée par la loi du 9 vendémiaire an IY. Ainsi disparurent le duché de Luxembourg, le marquisat d'Arlon et le

comté de Chiny.

Dès le 14 fructidor an III, le Pays avait été délimité en cantons- Cette délimitation fut maintenue par la loi du 23 ventôse an Y.

(iJ.On a souvent parlé 'des déprédations commises par les Français dans le Luxembourg en 1793 et 1794. Voici un échantillon curieux du sans -gène que les généraux de cette nation apportaient dans leurs relations avec la province autrichienne.

Extrait du Moniteur universel du dimanche 11 mai 1794.

Séance de la convention nationale du ai floréal. Un secrétaire lit la lettre suivante :

Le général de division Debrunau président de la convention nationale.

Au quartier général à Yvoy, le 17 floréal, Tan a de la république une et indivisible.

Persuadé que, dans une république, le pain et le fer sont des denrées de première nécessité, j'ai recueilli tant que j'ai pu les subsistances que l'ennemi a laissées à ma portée. J'espère bien aussi, dans quelques semaines, l'aider à récolter les superbes moissons qui se préparent ; mais en attendant je continue a emprunter dans les forges d'Empire de quoi fabriquer des bayonneltes. Ma dernière sortie avait produit a la République cinq cents mQIers de fer; dins une autre, que j'ai faite le 1a floréal, tandis que j'inquiétais l'ennemi sur les hauteurs de Floren ville et d'Izelle, le citoyen Debeaume, commandant temporaire de Montmédy, occupait avec un petit corps de troupes les hauteurs de Mont- Quentin et de Jerou ville et faisait évacuer sans bruit la forge de la Soie. Il en a tiré en trois jours et fait passera Montmédy cent cinquante sept voitures de fer battu, ce qui fait un peu plus de trois cents milliers.

11 en reste encore une assez grande quantité qui n'a pu être enlevée faute de voitures et à cause de la difficulté de le retirer d'une mare d'eau où on l'avait caché ; mais c'est partie remise. Salut et fraternité.

Mention honorable, insertion au procès verbal.

(a) Publications de la société archéologique de Luxembourg, 1869-1870, p. 269.

Une loi du 28 pluviôse an VIII créa les départements et les arrondissements.

Le département des forêts comprit une partie du duché de Luxembourg, du marquisat d'Arlon et du comté de Chiny ; il eut la ville de Luxembourg pour chef-lieu.

Le deuxième arrondissement, celui de Luxembourg, renferma les cantons de Arton, Bascharage, Hesperange, Remich, Luxembourg, Roodt, Mersch, Grevenmacher.

La ville d'Arlon fut donc, sous la domination française, réduite à ne plus être qu'un modeste chef-lieu de canton.

A la suite de guerres heureuses pour les armes françaises, la Belgique appartint définitivement à la France par suite du traité de Campo-Formio.

1804. L'empire succéda bientôt à la République.

Je trouve la relation d'un fait assez curieux dans la lettre suivante écrite en 1803, parle maire d'Arlon de cette époque :

A ri o », le 19 fruclidor au XI (i8o3).

Citoyen préfet,

Si le souvenir d'une bonne action est cher à l'homme vertueux, la ville d'Arlon a bien des droits sur votre cœur, puisqu'elle vous doit la conservation de son existence : Au milieu des horreurs de la guerre, votre générosité l'a préservée de l'incendie ; veuillez aujourd'hui la sauver de la misère, en appuyant de votre crédit la demande que je fais au Gouvernement, par la pétition ci-jointe, d'une sous-préfecture pour notre ville; elle n'a d'espérance que dans vos bontés et celles d'un père ne se lassent jamais, c'est encore à ce titre que je les réclame de votre bienveillance. Salut et respect.

(signé) RÉSiBOis (4).

Il parait donc que, à une époque qui n'est pas précisée, la ville d'Arlon courut le risque d'être pillée, incendiée et détruite, sans doute par les Français. Ce fut à la suite de la conquête de 1794 et après l'organisation administrative du Pays. De quel fait voulait-on la punir? Y avait il eu révolte des habitants, massacre de quelques Français ? Toujours est-il que la cité était vouée à la destruction et qu'elle ne fut sauvée qu'à l'intervention du préfet d'alors.

(i) Archives d'Arlon.

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La requête fait encore connaître que, en 1803, il était question de gratifier Arlon d'une sous-préfecture.

La demande du maire d'Arlon fut adressée au Gouvernement. Dans sa lettre, le préfet laisse au Ministre de l'Intérieur le soin d'en apprécier le mérite et de la mettre sous les jeux du Premier Consul, si elle lui parait susceptible d'être accueillie (1).

La réclamation n'eut aucune autre suite. Peut-être ne psyrut-il pas opportun alors de changer la démarcation des arrondissements.

Aucun autre fait particulier intéressant n'apparaît depuis la réunion d'Arlon à la France.

L'union fut rompue en 1814, lors de l'invasion de la France par l'Europe coalisée.

La ville d'Arlon, avec tout le Luxembourg, fut d'abord placée sous l'administration de Gouverneurs généraux, pour le compte des alliés.

Plus tard, le grand-duché de Luxembourg fut constitué et réuni aux autres provinces pour former le royaume des Pays-Bas.

Je relate quelques faits, quelques actes concernant cette constitution d'un nouvel état.

2 février 1814. Le département des forêts est réuni au gouvernement général du Moyen-Rhin, dont le siège, d'abord placé k Coblence, fut ensuite transféré à Mayence.

M. Juste Gruner était gouverneur général du Moyen-Rhin.

14 mai 1814. L'administration du département des forêts fut remise k M. le baron Schmilz- Grollenbourg, commissaire général.

30 mai 1814. Le Moyen-Rhin est joint au Bas-Rhin, pour ne former qu'un seul gouvernement général, confié à M. Sdck.

21 juillet 1814. Par décision du congrès de Yienne, la Hollande, la Belgique et le pays de Liège furent réunis sous le nom de royaume des Pays-Bas.

Par acte du même congrès, le pays de Luxembourg fut élevé à la dignité de grand-duché et donné au roi des Pays-Bas. La partie que les Français en avaient détachée vers les provinces de Namur et de Liège, fut de nouveau adjointe au grand-duché, avec une partie de l'ancien duché de Bouillon, mais environ un tiers du quartier allemand fut cédé à la Prusse.

Le grand-duché fut d'abord placé sous l'administration d'un commissaire général résidant a Liège.

(i) Archiva d'Arlon.

16 mars 1815. Proclamation du roi Guillaume qui prend possession du grand-duché de Luxembourg.

24 mai 1815. H. Willmar est nommé gouverneur du Luxembourg, à titre provisoire.

Il le fut plus tard définitivement ; il conserva ces fonctions jusqu'après la révolution belge de 1830; il continua de résider à Luxembourg que les Prussiens occupaient et avaient conservé au roi des Pays-Bas, il y est décédé, le 1er janvier 1831.

1815. A cette époque se rattache le projet de fortifier Arlon, pour opposer une forteresse k la forteresse de Luxembourg, où le roi Guillaume était obligé, d'après les traités, de recevoir une garnison étrangère.

Les plans ont été dressés. Les approches d' Arlon devaient être défendus par des forts détachés construits sur les hauteurs avoisinant la ville.

La dépense était évaluée alors à dix-sept millions de francs.

Cette idée est restée à l'état de projet. On ignore les motifs qui l'ont fait abandonner. Peut-être fut-on effrayé par l'élévation de la dépense, ou bien y eut-il quelque opposition de la part des alliés du roi Guillaume?

1816. La construction d'une caserne d'infanterie à Arlon fut adjugée le 22 juillet. Elle fut construite sur le terrain occupé jadis par le couvent des Carmes (1).

1817. Relation de la tournée de S. M. le Roi des Pays-Bas dans le Grand-Duché de Luxembourg.

Le 1er janvier 1817, S. M. est entrée dans le Grand-Duché, par Néofchâteau ou elle a couché.

Le lendemain, 2 janvier, le maire et les membres du conseil municipal d' Arlon, escortés de la milice bourgeoise du lieu, se sont transportés aux portes de la ville pour complimenter S. M.; les chasseurs et les musiciens de la milice bourgeoise de Luxembourg, arrivés spontanément de cette ville, se sont mis en bataille sur le même point.

Vers onze heures et demie du matin, S. M. est entrée dans la ville d 'Arlon, accompagnée de S. A. R. le prince Frédéric des Pays-Bas, du prince d'Arenberg et du comte de Heerdt, grand écuyer de S. M. Le cortège marchait dans Tordre suivant :

Un détachement de la milice bourgeoise d 'Arlon, à cheval ;

Un détachement de la maréchaussée royale, à cheval ;

(i) Mémorial administratif du grand-duché de Luxembourg, 1816, p. a3.

Le corps de la milice bourgeoise d'Arlon, précédé de ses tambours et de sa musique ;

Les chasseurs de la milice bourgeoise de la ville de Luxembourg, précédés des tambours et de la musique de cette milice ;

La voiture de S. M. dans laquelle Elle se trouvait avec S. A. R. le prince Frédéric, M. le général baron Capellen, commandant du Grand-Duché, l'accompagnant à côté de la portière droite ;

La voiture de la suite de S. M. ;

Un second détachement de la maréchaussée ;

La marche s'est opérée au son de la musique, ainsi qu'aux acclamations de Vive le Roi t continuellement répétées par la foule d'habitants et d'étrangers qui s'étaient accumulés sur toute la ligne du passage*

En descendant de voiture, S. M. a été reçue par M. le Gouverneur provisoire du Grand-Duché, ainsi que par la députation des États, le sous-intendant de l'arrondissement de Luxembourg, une députation du tribunal civil du même arrondissement, la commission municipale de la ville de Luxembourg et les différents chefs de service et officiers de la milice bourgeoise, arrivés de cette ville, pour lui rendre leur hommage. Tous ont été admis aussitôt et successivement à son audience, de même que les autorités et le clergé de la ville d'Arlon, à la tête duquel se trouvait le vicaire général du Grand-Duché, arrivé également de Luxembourg.

. Le soir, les habitants ont illuminé ; la musique de Luxembourg et d'Arlon ont donné des sérénades devant le palais de S. M. et ont traversé les rues aux acclamations réitérées de Vive le Roi t La fête s'est terminée par un bal auquel s'est rendu S. A. R. le prince Frédéric, accompagné du prince d'Annberg.

Le lendemain, 3 janvier, à 6 heures du matin, S. M. est partie pour retourner à Bruxelles, par Malmaison et Marche, ne voulant ni cortège ni escorte quelconque. Cependant les habitants des communes voisines de la route qu'elle a parcourue, sont accourus avec plusieurs détachements de la milice bourgeoise, qui se sont rangés sur divers points pour la saluer à son passage.

Tel est le récit de ce qui s'est passé dans cette tournée intéressante et imprévue de S. M.; tournée qu'elle avait voulu faire sans le moindre éclat, l'ayant entreprise dans la vue seule de recueillir des notions locales sur les moyens de subsistance dans le Grand-Duché et nommément dans la partie la moins productive, celle des Ardennes (1).

(i) Mémorial administratif du grand-duché de Luxembourg, année 1817, i«rvol. no 2. L'année 1817 a été marquée par une grande disette des subsistances qui se fit sentir davantage encore dans les contrées ardennaises de la province.

390 H18TOIRB D'ARLON.

27 mars 1817. Arrêté royal relatif à la nouvelle délimitation du grandduché de Luxembourg, englobant une partie de l'ancien duché de Bouillon.

13 août 1818. Arrêté royal fixant la circonscription du grand-duché du côté des provinces de Liège et de Namur.

Que devint Arlon au milieu de tous ces changements ?

La loi fondamentale de 1815, art. 132 et suivants, distingua les villes des communes rurales.

Les villes avaient une administration k part; eiUs correspondaient directement avec l'administration provinciale. Un règlement du 12 mai 1817 a été pris pour l'organisation et l'administration des régences dea villes. Ce règlement Tut remplacé pli» tard par celui du 22 janvier 1824.

Arlon fut une des villes du grand-duché. En 1815, il n'y avait, dans l'ancien département des forêts, que quatre cercles : Luxembourg, dont le canton d' Arlon faisait partie, Neufchâteau, Diekirch, Bitbourg.

En mai 1815, la dénomination ^arrondissement fut substituée à celle de cercle.

Après la cession de l'arrondissement de Bitbourg à la Prusse, la province ne conserva plus que trois arrondissements ; ce ne fut que quelques années après, qu'un quatrième arrondissement fut créé, celui de Marche.

Un arrêté royal du 2 janvier 1823 approuva une nouvelle circonscription des communes rurales ; elles furent divisées en huit quartiers ; le huitième fut celui $ Arlon avee 34 communes.

Un règlement royal du 23 juillet 1825 Ait publié peur l'organisation et l'administration des conseils des communes rurales.

Un arrêté royal du 11 août 1825 nomma les prévôts 4e* quartiers. M. de Feller, membre de la députation des États, fut le prévôt du qnartier d'Arlon (1).

Aucun fait remarquable ne se produit k Arlon durant la domination hollandaise ; c'est un simple chef-lieu de quartier, centre d'un commerce assez important entre le Luxembourg allemand et le Luxembourg wallon.

En 1830, la révolution du mois de septembre à Bruxelles a son contrecoup à Arlon : la bourgeoisie se soulève, la garnison capitule, abandonne la ville, est arrêtée a Neufchâteau et faite prisonnière.

Ces faits généraux sont demeurés dans la mémoire des habitants, mais le* détails sont oubliés. J'ai déjà dit qu'il ne reste rien des archives de cette époque.

(i) Mémorial administratif du grand-duché de Luxembourg.

Une administration provinciale ne tarda pas k s'organiser à Arlon, sous la direction de M. Thorny avocat et membre des États à Luxembourg, bientôt nommé gouverneur pour la Belgique, qui se reconstituait sous un gouvernement provisoire.

Arlon devint alors provisoirement aussi chef-lieu de province, avec un tribunal de ire instance et une cour d'assises.

La constitution de 1831 fait du Luxembourg une province belge.

1836. En exécution de la loi provinciale du 30 avril 1836, en octobre, installation à Arlon du Conseil provincial composé alors des conseillers de tout le grand-duché.

1838. On commence la construction de la nouvelle caserne d'infanterie.

1839. Exécution du traité des 24 articles, du consentement du roi de Hollande.

Séparation du Grand-duché en deux parties. La ville d'Arlon, avec quelques communes allemandes, est laissée à la Belgique, à laquelle on abandonne en entier la route de Longwy à Bastogne.

Constitution légale de la province de Luxembourg avec Arlon comme chef-lieu. On y établit définitivement un tribunal de première instance, le siège de la cour d'assises et les administrations centrales de la province.

Reconstitution du conseil provincial réduit aux conseillers de la nouvelle province de Luxembourg.

1842. Construction des bâtiments de l'Athénée rayai sur l'emplacement de l'ancienne caserne d'infanterie.

1843, 28 août. Acquisition de l'hôtel-de-ville.

1843. Première arrivée k Arlon de Léopold 1er, roi des Belges, avec Ja reine Louise. Le Roi venait par la route de Neufchâteau. Leurs Majestés furent reçues par les autorités sous une tente richement décorée et élevée vis^à-vis de la fontaine. M. Orban, gouverneur provisoire et M. Hotlenfeltz, bourgmestre, eurent l'honneur de les haranguer et de leur souhaiter la bien-venue dans une province toute dévouée au Roi et à son Auguste Famille. Après ces discours, le cortège royal se dirigea vers 1a ville, la garde civique et l'armée formant la haie, au milieu d'une population accourue de tous les points de la province et qui, par des vivat enthousiastes, prouva rattachement qu'elle portait au Prince à qui la Belgique avait confié ses destinées.

A l'entrée de la ville, au-dessus de la réunion des deux routes, un w

de triomphe colossal avait été dressé et les rues étaient pavoisées de guirlandes de verdures et de banderolles aux couleurs nationales.

Le Roi et la Reine descendirent à l'ancien hôtel provincial occupé aujourd'hui par le Casino.

Dans la soirée, le Roi reçut les autorités.

Le lendemain, continuation des têtes auxquelles la population, restée compacte, prit une large part.

Le surlendemain, le Roi et la Reine quittèrent la ville en se dirigeant sur Bastogne.

Partout, les Luxembourgeois se trouvèrent sur le passage de leurs Majestés, les accompagnant de leurs acclamations.

1845. Construction de l'hôtel du Gouvernement provincial qui dura plusieurs années. Ouverture de la rue Léopold, création de la place Léopold et du parc.

1847, septembre. D'après un arrêté de M. le Gouverneur de la province, avec l'agrément de M. le Ministre de l'Intérieur, un concours horticole a été ouvert à Arlon, dans le bâtiment du Bock. Un compte rendu de celle exposition a été publié au Mémorial administratif de la province de 1847, n° 78.

1851, novembre. Arrivée à Arlon du roi Léopold 1er à l'occasion d'une exposition des produits agricoles de la province. Cette exposition occupa les bâtiments de l'Athénée royal d'Arlon et leurs dépendances.

1854. Première invasion du choléra à Arlon, du milieu du mois d'août & la fin de septembre.

1856. Arrivée à Arlon de Léopold Ier, à l'occasion de l'anniversaire de son inauguration. Sa Majesté est reçue par les autorités aux limites de la commune, sur la route de Neufchâteau.

1858. Inauguration à Arlon du chemin de fer du Luxembourg, par le roi Léopold 1er, accompagné du duc de Brabant et du comte de Flandre. Réception à la station. Ce fut une grande fête pour la ville, pour la province entière accourue remercier le Chef du Gouvernement pour ce grand bienfait. Aussi la reconnaissance de la population fut-elle entière et enthousiaste, dans les réjouissances respectueuses qui entourèrent sa Majesté et ses augustes enfants.

Voici comment M. Dubois, Gouverneur, appréciait ce grand acte réparateur dans son discours d'ouverture de la session du conseil provincial, en 1859:

c Le chemin de fer du Luxembourg complète l'œuvre nationale commen*

cée en 1834. Bientôt enfin, dans quelques semaines, la ligne Luxembourgeoise, soudée au réseau grand-ducal, mettra notre province et la Belgique entière en communication directe avec l'Allemagne du centre et la France de l'est. Ainsi tomberont les dernières barrières qui nous retenaient dans l'isolement. »

1859* Construction de l'abattoir public.

1860. Construction de l'école primaire des filles et appropriation du bâtiment de l'école moyenne des filles et de l'école normale des institutrices. Ce bâtiment avait été acheté par la ville quelques années auparavant.

1869. Construction du couvent des Jésuites.

La même année, on bâtit la synagogue des Israélites.

1863. Construction du pensionnat de l'Athénée royal et des écoles primaires des garçons.

1866. On commence la construction du palais de justice sur la place Léopold.

1866. Seconde invasion du choléra à Arlon, de la fin de juin â la fin d'août.

1866, septembre. Grande exposition organisée par la société agricole de la province, comprenant les chevaux, les bestiaux, les moutons, les porcs, les volailles, les produits agricoles et forestiers, les légumes, les fruits, les fleurs et tous les instruments servant a l'agriculture et à l'exploitation d'une ferme.

Les étrangers furent invités à concourir, et ils répondirent en assez grand nombre à cet appel.

Cette exposition fut un événement pour la province. Le Roi Léopold II et la Reine vinrent à Arlon pour en faire l'ouverture. L'accueil réservé a nos souverains fut ce qu'il avait été pour le Chef de la dynastie.

Cette exposition fut très-remarquable par le nombre et la beauté des chevaux, du bétail et de tous les produits exposés. Les animaux occupaient l'emplacement entre la caserne d'infanterie et les remparts. Ils étaient renfermés dans plusieurs rangs de loges élevées exprès. Les instruments d'agriculture étaient distribués dans la cour du pensionnat et dans les bâtiments de l'Athénée et ses dépendances.

Daus les vastes salles du rez-de-chaussée et de l'étage du pensionnat, dans les vestibules et les galeries, on pouvait admirer les produits des champs, des forêts, de la culture maraîchère, les fruits et les fleurs. Tout était admirablement disposé, partout le coup d'œil était enchanteur.

Le Roi et la Reine firent la visite de l'exposition le 13 septembre, visite qui fut un peu contrariée par le mauvais temps. Le lendemain, 14,

3M mSTOlKS B'tttLOlt.

le Réi et là Reine daignèrent présider la cérémonie de la distribution des récompenses.

Dans l'après-midi, le convoi royal ramena Lenrs Majestés à Bruxelles.

•L'exposition de 1866 fut assez extraordinaire pour qu'il dût en rester d'autres traces que dans le souvenir fugitif de ceux qui en ont été les témoins. Plusieurs articles écrits avec quelques traits humoristiques ont paru, à cette époque, dans un journal de la localité ; ils n'ont pas été continués. Cela est regrettable, car il y avait lit la matière d'un bon livre et la source de plus d'une leçon à l'usage de nos éleveurs, de nos cultivateurs.

Les six années qui suivent ne présentent aucun fait saillant pour l'histoire locale, si ce n'est quelques luttes sur le terrain électoral, le ne fais pas l'histoire de la politique de nos jotors.

La ville d'Arlon poursuit ses destinées de chef-lieu de province. Ce changement dans une situation longtemps tnodeste, lui avait imposé de grandes obligations et, par suite, des dépenses considérables. Dans d'autre* chefslieux de province, dans d'autres villes de l'intérieur du paya, on trouvait, potir tbus les services publics, des bâtiments de construction ancienne ; il n'y avait qu'à jouir des legs d'un pasfcé souvent glorieux. À Arlon, il n'y avait rien, c'était un simple chef-lieu de canton élevé subitement aux honneurs d'une capitale de province. Tout était donc à créer, à improviser pour ainsi dire. On vient de voir comment une administration intelligente « comblé tous les vides et a pu, avec l'aide de l'Etat, pourvoir à ces charges nouvelles si écrasantes. Ce qui a été créé en établissements publics nombreux est devenu la source d'avantages directs pour la généralité des habitants, large compensation des sacrifices qui leur ont été imposés. Laissons l'avenir développer de plus en plus les fruits de ces sacrifices.

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