AU CONSEIL
Très-honorés Seigneurs,
Le Père prieur et couvent des Carmes en la Vfllb d'Arlon satisfaisons trèshumblement à l'ordre de vos Seigneuries du ii« de juin dernier leur délivré passé dix jours, déclarent en très-humble respect qu'il leur est impossible de produire les Lres d'Oclroy d'autant qu'il est cognu et constant que la dte ville d'Arlon ayant par plusieurs fois esté réduite par le feu, tant par les Hollandais qu'autres mes-chefs, les documents et tiltres du Couuent sont aussy péris, et après toute diligente recherche faicte dans leur archiue, ils n'ont trouué que les lettres de licence et permission de l'Euesque dont copie vat cy joincte, ensemble l'Abrégé de leur établissement au moyen de quoy et parmy la liste allante aussy cy joincte, ils espèrent d'auoir satisfait aux ordres de vos grâces et seigneuries....
Frère Martin de l'Annonciation, Prieur des Carmes à Arlon.
Soit gardé au Greffe, fait le 26 juillet 1675.
(Archives de l'État à Arlon.)
Littera licencias Dni arcbiepi Treuirencis de receptione huius loci siue conuentus.
Boemundus Dei gratiâ Treuirorum archiepus, Rcligiosis viris in Cbro sibi dilectis Priori provînciali, et fratribus ordinis Beat» Mari» de monte Carmeli in Alemanîa salutem in Dno sempiternam. Patriae celestis allecti gloriâ,semper ad hanc sub experientia paupertis extremae insiti estis et irgiles, ut illa vobis et proximis proficiat per indulgentiam diuinae pietatis, sic cum dicta sanctitas apud nos vos dignos constituit, ut deuotipnem uestram in omnibus quae ad dei laudes et animarum profectùm desideratis gratiosa exhibitione faooris prosequamini. Cum autem sicut profecto didicimus vobis a viris discretis, praeposito, iusticiario, majoribus, scabinis et universitate oppidi de Arluno nostrae diœcesis quidam locus siue area ibidem ad facîendum mansioaem sit collât us;
Nos, Et dittini nominis cultus augmentetor, huios modi coliationem rata» babentes et gratam vobis ot in pnedicto loco siue areft dummodo feudatissine eeosualis non existât. Monasterium siue oratorium cum campanili ad opus vestrum edificare et construere et inibî diuina officia celebrare, et in dicto campanili, pro conaocandis vestris fratribus, campanam ponereetiuxtaipsum monasterium ses oratorium cimeterium et Mberam habere sepulturan secundnm tenorem indnlgenti» vobis a s. sede aposlolica concess» valealis oanonicâ instiliâ et parocbiali iure parochialinm et decimarum ecclesiarioon in omnibus semper saluis tenore présentions damus licentiam, et liberam concedimus facnftatem, ita ut nostris et subditorum nostrorum excommunicationis, interdicti, et suspensionis sententias, mandata ac statnta teneamint in dieto looo observare sicnt alii nostri subditi, et executioni débite demandât*, in cuius rei testimoniom slgfllnm nostrum pr&sentibus est appensnm. Datun anno Dni M. ducen. nonag. tertio, mense febrnarii (1).
In eadem pagina base subsequuntur ;
Donatio huius loci fecta hit anno Dni M. ducen : nonag. primo in erastiao B. Mari» Magdalense per eonsensnm et voluntatem nobilis Dominas Beatricis comitissae Luxemburgensis, in consilio nobilium nirornm Dni Joffredis de Cvsb. domini Joannis de Listere et dni Frederici de nouo Castre militum, Alderici prapositi Arlnnensis, Lamberti justiciarii, Nicolai de Aqnts, Gestmanni senioris, Gestmanni junioris, Thi fitii quondam Hermani de Porta et Nemerici scabini, nec non communitatis loci.
In cuius in verso folio bi extant versus :
Mille quadringentis bis dexe septem simul ancis Aprilis décima, qui lux nec noscitur erla Ignibus immensis urbs uritur Aralunensis,
Pro extractu ex antiquo libro, operculis rubris, sed sine titulo conventus Carmelitarum Arlunensium, ut plurimum germanico îdiomate conscripta, exceptis paucis ut supra dictum latino conscriptis, per me s. testor.
F. Brimer, N" pubq., 1675,
(Archives de F État à Arton )
Lettre de licence du seigneur archevêque de Trêves, pour la réception de ce lieu ou couvent :
Boemond, par la grâce de Dieu, archevêque de Trêves, aux hommes religieux à nous chers dans le Christ, le prieur provincial et les frères de l'Ordre de-
(i) Berlholet donne le texte de celte charte tome Vf preuves, page LXXVI, mais sous la date de MCCXCH. Le lente n'es! pas non plus tout à fait conforme à la copie tirée des archives de l'État à Arlou.
la bienheureuse Marie du montCarroel en Allemagne, salut éternel dans le Seigneur. Attirés par la gloire de la céleste pairie, toujours tournés vers elle par •l'expérience d'une extrême pauvreté, vous êtes guidés et vigilants, afin que cette gloire vous profite à vous et aux proches par l'indulgence de la piété divine. Ainsi, comme la dite sainteté vous a constitués dignes auprès de nous, pour que, parla faveur d'une gracieuse démonstration, nous voulions satisfaire votre désir d'employer votre dévotion en toutes choses à la louange de Dieu et à la perfection des limes ; comme nous avons appris que, par des hommes discrets, à l'instigation du prévôt, des mayeurs, des échevins et de toute la communauté d'Arlon, ville de notre diocèse, un certain Heu ou place ouverte vous a été accordé en cet endroit pour y bâtir une demeure ;
Nous, afin que le culte du Nom Divin soit justement augmenté, nous ratifions celte concession et l'ayant davantage pour agréable, nous voulons que le lieu susdit soit exempt de droits féodaux et de cens. Nous vous autorisons à édifier et à construire un monastère ou oratoire avec un clocher pour votre usage, afin d'y célébrer les offices divins et de placer une cloche pour convoquer les frères ; et à côté du monastère ou oratoire, vous pourrez ouvrir un cimetière pour y avoir une libre sépulture, suivant la teneur de l'indulgence qui vous a été accordée par le Saint Siège apostolique, selon l'institution canonique et conformément au droit parochial des paroisses et des églises. Dans tout ce qui précède, toujours sous les exceptions des présentes, nous vous donnons toute licence et concédons toute libre faculté, de sorte cependant que vous ayez à garder nos sentences d'excommunication, d'interdit et de suspense, et que vous les observiez dans le lieu susdit, comme le font nos autres sujets, et en témoignage de ces choses, nous avons apposé uotre sceau aux présentes. Donné en l'an de Notre Seigneur 4293, au mois de février.
Sur la même page on lit ce qui suit :
La donation de ce lieu fut faite l'an du Seigneur 1291, le lendemain de la bienheureuse Marie Magdeleine, par le consentement et la volonté de notre dame Béatrice, comtesse de Luxembourg, en réunion des nobles hommes, le seigneur Geoffroy de Cuzh, le seigneur Jean de Lisière, le seigneur Frédéric de Neufcbâteau, chevaliers, d'Albéric, prévôt d'Arlon, de Lambert le justicier, de Nicolas d'Aix, de Getsman le vieux, de Getsman le jeune, de Thy, fils d'un certain Herman de Porte et de Némeric, échevins et ensemble de la communauté de l'endroit.
Dans le verso de ce livre, trois vers sont écrits dont voici le sens :
En 1427, le 10 avril, la ville d'Arlon fut consumée par un immense incendie. Pour extrait d'un ancien livre avec reliure rouge, mais sans titre, appartc-
liant au couvent des Carmes d'Arlon, où Ton trouve écrits un grand nombre de titres en idiome allemand, à l'exception de quelques-uns transcrits en latin, comme cela a été dit plus haut. Ce que j'atteste. Signé F. Brbner, notaire public, 1675.
Cette prétention de remonter à 1291 fut relevée par les RR. PP. Capucins, en ces termes :
c L'an 1342, les RR. PP. des Carmes s'établirent à Arlon et y furent fondés par Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, lequel, ayant été tué à la bataille de Crécy en 1346, sa seconde femme Béatrix de Bourbon, fille de Louis I de ce nom, duc de Bourbon, acheva leur couvent à ses frais et y laissa de belles et considérables fondations. 11 faut par conséquent qu'il y ait bien de l'erreur dans le tableau qui, chez eux, représente l'octroi de leur établissement avec cette inscription : Lettres patentes pour l'établissement des RR. PP. des Carmes à Arlon par Elisabeth d'Avesnes duchesse de Luxembourg, 1291. Car alors il n'y avait pas encore de duc ni de duchesse de Luxembourg, puisque le comté de Luxembourg fut seulement élevé en duché le 13 mars 1356. 11 n'y a aussi jamais eu d'Elisabeth d'Avesnes pour comtesse de Luxembourg, mais bien Béatrix d'Avesnes, fille de Jean, comte de Hainaut, mariée à Henri 111, comte de Luxembourg, mais elle n'eut jamais 1rs rênes du gouvernement de la comtée de Luxembourg pour pouvoir donner des lettres patentes d'un établissement religieux, puisqu'aussitôt la mort du comte Henri III, arrivée en 1288, son fils aîné lui succéda sous le nom de Henri IV, qui, l'an 1308, fut fait empereur, après Albert d'Autriche (1). >
Les historiens semblent aussi parfaitement d'accord à ce sujet.
L'an 1342, Jean, roi de Bohême, Cœnobium Carmelitarum quod in seigneur d'Arlon, érigea le couvent urbe est, erexit anno 1342 Joannes des Carmes qui se trouve en cette Bohemiae rex, Arluni Dominus, cui a ville; les pères Carmes étaient ses confessionibus erant patres Carmeconfesseurs. Sa femme Béatrix, fille litœ : uxor ejus Béatrix, ducis Bordu duc de Bourbon, acheva entière- bonii filia, omnino illud perfecit, couinent cet établissement, après que juge in Cresciaco praelio concidente, son mari eut succombé à la bataille priusquaro extremamonasteriomanus de Crécy, avant d'avoir pu mettre la adhiberetur (Wilh. Willhâm, disquidernière main à ce monastère. sitiones, lib. 2, cap. XI, § 7).
Jean, roi de Bohême et comte de Cœnobium istud Carmelitarum, Jo-
Luxembourg, excité par l'amour de hannes Bohemiae rex, idemque cornes
(i) Extrait des mémoires des archives des Capucins.