BI8T0UB D'ARLON
Dieu, à la demande des religieux de Luxemburgensis... Amore in Denm Tordre des pères Carmes, auxquels motus ad petilionera religiosorum il avait coutume de se confesser, <om- ejus ordinis, quîbus sacramentaliter m en ça, en 1342, à jeter les fonde- confiteri solebat, a fundamentis exciments du couvent des Carmes à Ar- tare anno 1342 cœpit : uxor ejus, Deo ton. Sa femme, fille du duc de Bour- devotissima mulier, ducis Borbonii bon, nommée Béatrix, femme très- filia, Beatrix nomine, ipso rege ante dévote à Dieu, le roi Jean ayant perdu ejus perfectionem in bello vita dela vie en guerre, avant d'avoir pu functo, consummare eadem ariimi pieacbever son œuvre, poussée par la tate studutt, nlhil eorum aedificiorum même piété, s'efforça de la terminer, seu offleinarum infeetum relinquens, ne laissant rien d'inachevé ni dans les quod in religiosorum babitationem édifices, ni dans les dépendances accomodam constituendam requin qu'on peut exiger pour établir une posset [BerlelSj historia Luxemburdemeure appropriée à la vie reli- gémis pag. 249). gieuse.
Il faudrait donc, suivant le sentiment commun, reporter k 1342 la véritable fondation du couvent des Carmes et l'attribuer à Jean l'Aveugle et à Béatrix de Bourbon, sa femme.
Jean l'Aveugle régna de 1309 k 1346 et resta simple comte de Luxembourg ; il épousa en premières noces, Elisabeth de Bohême et en secondes noces Béatrix de Bourbon.
Henri IV, comte de Luxembourg, de 1388 a 1309, fut marié à Marguerite de Brabant.
Sans s'arrêter k deserreurs de noms, on peut croire que, k la fin du treizième siècle, les magistrats d'Arlon avaient cédé au* Carmes un terrain pour y bâtir un couvent et que ce ne fut que cinquante ans environ après qu'ils obtinrent de Jean l'Aveugle et de sa femme Béatri* un octroi sérieux et des secours pour la construction du couvent.
Béatrix acheva le couvent k ses frais et y laissa de belles et considérables fondations. Les faits peuvent donc s'expliquer et se concilier. Ce qui le prouve, c'est le testament de Jacques de Lut de 1327 (Cartulaire dïOrval, tome 5, p. 482) ; on y lit :
Item as frères don Carme d'Arlon douze fr. de soile.
Les Carmes d'Arlon existaient donc dès 1327 et leur premier octroi pouvait remonter k 1291 .
Je remarque d'ailleurs que, dans Vextrait des mémoires des archives des Capucins, il est dit que Béatrix, femme de Jean l'Aveugle, acheva le cou-
H18TOIH1 HBUSlItJOT.
vent des Cannés. Cette idée se rtetrouve dans W. Wiltkéini : omnino illud perfecit et dans Bertels : ante ejus perfectionem.
Comment d'ailleurs expliquer les lettres de licence de Boenrond, archevêque de Trêves de l'an 1293 et l'indication dans ees lettres de la cession de terrain faite en 1291, par les magistrats et la communauté d'Arlon.
L'objection présentée par les Capucins d'Arlon peut passer pour nne véritable chicane, En effet, dans l'acte de cession de terrain en 4391, il n'est pas question d'une Elisabeth d'Avcsne, duchesse de Luxembourg, mais bien d'une Béatrix, comtesse de Luxembourg et mère de Henri IV.
Ce n'est pas la comtesse Béatrice qui fait la cession du terrain, maïs celle-ci est faite par les Arlonnais, du consentement et de la votante de la comtesse.
Tout <ceta est jalousie entre maisons religieuses. Les Capucins d'Attoû ne dataient que du 17e siècle et les Carmes remontaient à la fin du 14e!
Le couvent des Carmes a été souvent brûlé et ruiné.
En 1558, il fut, avec le château et la ville, incendié et détruit par les Français, qui portèrent, dans tout le Luxembourg, le fer, la flamme et la dévastation.
Après les incendies d'Arlon de 1562 et 1568, il ne restait plus que les murs de l'église et quelques autres construits plus solidement. -Le couvent demeura quelques années dans cet état de ruine, parce que les religieux manquaient de ressources. Enfin, à la sollicitation du R. P. Tbenbn, les donations, et les aumônes de quelques hommes pieux vinrent à leur aide et le couvent put être rétabli dans son ancienne splendeur (1).
(i) Ce monastère fut, en même temps que le château et la ville, entièrement et misérablement détruit par le feu, lorsque, en l'an i558, les Français ravageaient le pays luxembourgeois par le feu, par le fer, par le pillage, ne laissant partout que la désolation.
Après les incendies de i56a et i568, il ne restait du couvent des Carmes que les murailles de PégHse et quelques autres d'une consti action plus solide; mais par l'habileté singulière et par les soins infatigables des religieux qui y vivaient et principalement par les prières incessantes du révérend père Jean Thenen, homme remarquable par sa religion et sa connaïs-
Fuît monaslerium istud simul cuin Castro et urbe miscre inceitdîo absurnptum perFrancos,dum aimo 1 558, agrum Luxembnrgensem igno, ferro, prœdts popularentur, vastarent et per omnia désola tum redderent.
Cœnobium Carmelitanum, quod nihil prêter terapli parietes, et altos quosdam solidioris facturas muros retinuerat, so» fertia singulari et indefesso studio religiosorum inibî degentium, prasertim vero sollicitudine indesinenti reverendi patris Jeanis Theneusfe viri reUgione et sacra* rum litterarom doetrioa uouspicui, pio* rura htmnnam ckmattonitas et elamosy-
Après la ruine du château, les reliques de la chapelle de Saint-Biaise furent transportées aux RR. PP. Carmes, avec les revenus de cette chapelle ; et afin de conserver la mémoire des trois anciennes tours du château, les pères Carmes prirent trois tours pour cachet de leur couvent.
Saint Biaise avait donc une chapelle dans l'église des Cannes ; mais les habitants d'Arlon y avaient érigé un autel à saint Sébastien, martyr, dont, par préférence, ils adoptèrent le culte (1).
Le couvent des Carmes avait également une confrérie ; c'est ce qui ressort d'une brochure avec ce titre : c Abrégé des règles, des dévotions, indulgences de la confrérie érigée en l'église des révérends pères Cannes d'Arlon, en l'honneur du grand Saint Jean Népomucène, i vol. in-12, Luxembourg, héritiers d'André Chevalier, 1753. »
Le 26 juillet 1675, les Carmes, en vertu d'ordres reçus, avaient envoyé copie de leur titre de fondation et en même temps la liste des religieux. Voici cette liste :
FAMIL1A CARMBL1 ABLUNENSES.
Sacerdotes.
Pater Marti nus ab Annuntiatu, prior Arlunensis. Fulgentius a Sto Claudio, Wallonnensis.
Theobaldus a Slo Maurilio, ex Tillet.
Adolphus a Sta Euphrosina, Arlunensis.
Basilius a Sto Joanne, Arlunensis.
Theodorus a Sto Philippo, Wallonnensis.
Foargimus a Sto Chryslino, Arlunensis.
Valdutinus a Sta Elisabetha, Arlunensis.
Thibaltianus a Sto Theodoro, Wallonnensis. Marcus a Sto Adriano,]Arlunensis.
Gabriel a Sla Magdalena, Wallonnensis. Alexius a Sta Brigitla, Wallonnensis.
Tfaimotheus a Sto Anyelo, Wallonnensis.
sance des lettres sacrées, aidés par les naruin subsidio coadjuli restîlulum et om-
donatioos, les aumônes et les secours nibus ferme uumeris absolu luin cernitur,
d'hommes pieux, le couvent fut rétabli eu ubi et fratres numéro circiter deiiark»
son entier, tel qu'on le voit aujourd'hui, coadunati, divîtiis laudibus diu noctuque
ou les frères, réunis au nombre de dix intendunt (Bertels, bistoria Luxembur-
environ, ne cessent, le jour et la nuit, de gensis, 24g~25o/. chanter les louanges du Seigneur.
(1) Bertels, historia Luxemburgensis, pag. 249.
Anastasius a Sto Andréa Cirfino, Wallonnensis. Ludovicus a Sta Theresia, Duarensis.
Damianus a Sta Barbara, Flandrensis.
CUrici philosophiœ studentes.
Frater Mauritius a Slo Francisco, Philippopolensis. Bernardus a Slo Fod Bapta, Montensis.
Cclestinus a Sto Albdito, Marchiensis.
Natalis a Sto Carolo, Quieranensis.
Amatus a Sto Placido, Duarensis.
Richardus a Slo Philippo, Wallonnensis.
Dyaslanydlus a Sta Anna, Brugeletensis.
Dyonisius a Sto Joanne, Marchiensis.
Hermandgildus a Sta Maria, Tornacensis.
Leopoldus a Sto Osia, Vallenrenensis.
Fratres laïci.
Frater Eligius a Sto Bertholdo, Burrionensis. Luicinus a Sto Bernardo, Cambracensis.
Andetanus a Sto Joanne, Bastoniensis.
Josephus a Sto Valenlino, ex Styria.
Martiales a Sto Spiritu, Huensis.
Horlulanus a Sto Hyeronimo, Wauriensis.
Claudius a Sto Angelo, propè Atsnoy.
Polycarpus a missione propè Bellomontium. Vallenlimus a Sto Adriano, Vallenremensis. Matheus a Sto Evrardo, ex Lofftaimont.
Dominions oblatus, ex Obange.
(Archives de l'Étal à Arlon.)
Le 24 février 1676, une ordonnance du Gouvernement général statua que le nombre des religieux Carmes à Arlon, serait limité à vingt (1). Cette décision devint l'objet de la protestation suivante :
15 avril 4676. Le prieur des Carmes écrit au Gouvernement et gens du Conseil de Luxembourg qu'il a reçu copie d'une ordonnance donnée à Bruxelles, le 24 février 4676 au sujet de la multiplication des cloîtres et maisons des ordres mendiants dans la province de Luxembourg, qui véritablement nous a surpris
(i) Archives de Luxembourg, Eoreg. V. g4 verso. Con. liist.
406 BISTIftftB *' JALON.
et affligés fort, voyant notre couvent d'Arlon compris dans la diminution qui s'y fait du nombre des religieux, sans que nous en sachions la raison; vu que nous n'avons donné aucun sujet de plainte à l'État, n'ayant prétendu aucune multiplication de couvent ; nonobstant nous nous mettrons en devoir d'exécuter . l'ordonnance de Sa Majesté conformément aux autres ou de lui en demander grâce. (Archives de F Étal à Arlon.)
Voilk comment, sous le Gouvernement de l'Espagne, on comprenait la liberté d'association : on demandait en vertu de quel octroi du souverain une maison religieuse existait, et on fixait arbitrairement le nombre des religieux qui pouvaient y résider.
Le couvent des Carmes a produit des docteurs et des prédicateurs célèbres. On met de ce nombre : Pierre Cusanus mort en 1449, Félix Wayer, Jean Jongelain, Pierre Hoezem, Gilles Hitnbergius, Jean Nozemius, Henri Nosbatius et Jean Walencena. Mais celui qui l'a le plus illustré, se nommait Nicolas, originaire d'Arlon, évéque d'Azot et suffragant de l'archevêché de Trêves. Pour conserver sa mémoire dans sa ville natale, on avait placé dans l'église son portrait avec une épitaphe.
Qu'est devenu ce petit monument élevé à la mémoire de l'évéque d'Azot? Il a péri comme le couvent lui-même.
M. Eischen, chanoine k Cologne, Ci faire un maître autel pour l'église des Carmes d'Arlon et fonda, en outre, chez ces religieux, 4es adversaires pour lui et ses parents du nom d'Eyschen, à «hanter aux quatre temps de l'année (1).
La notice suivante m'a été communiquée par le R. P. Prurest, de la société de Jésus à Arlon :
La bibliothèque de la maison de Saint-François-Xavier à Arlon, possède un ouvrage d'un religieux Carme le P. Pacifique de la Croix, qui avait été prieur du couvent de son ordre à Arlon. Ce sont deux volumes de sermons écrits en allemand.
Le premier est intitulé : Sylva SîttnTtjÀLis Montai, Oder : Geistticher Sîtten- Wald (..... Durch F. R. P. Patrfctrni a cruce, Cartnditer-Oréens) unâ des Convents der Marquiser-Stadts Arle Exprioren und Definitoren der Walloniséhen Provint* .... Augsptirg (in Verlegung Johann Veith) Bnchhandlern, anno 4719, in-folio, pp. 408, sans les lim. et les fin.
Ce volume contient deux sermons pour chaque dimanche de Tannée ecclé-
(i). M. Neyen, biographie luxembourgeoise etc., V°. Eischen.
siastique et plusieurs sermons sur la dédicace des églises et sur les fidèles trépassés.
Le second volume a pour titre; Sylva spiritualis florum, Oder Geisllicher Blumen-Wald, in-folio, pp. 548, sans les lim. et les fin. Il renferme des sermons sur les fêtes de N.-S. Jésus-Christ et de3 Saints, ainsi que pour diverses circonstances.
L'ouvrage porte plusieurs permissions ou approbations. Ce sont : 1° l'autorisation du général de Tordre du Carme l le R. P. F. Charles-Philibert Barberi, donné à Rome le 30 janvier 4703; S° celle du R. P. F. Anselme de Saint-Joseph provincial du Carmel Wallon, donnée à Arlon, le 10 novembre 1703; 3° l'approbation du R. P. F. Edouard de Sainte-Thérèse, professeur émérite de théologie, donnée à Arlon, le 17 février 1706; 4° celle du R. P. F. Marcellin de Sainte-Thérèse, aussi professeur émérite de théologie, donnée à Arlon, le 10 juin 1705 ; 5° l'autorisation de l'évéché d'Augsbourg.
L'ouvrage est dédié à Jean-Guillaume Hoffmann, curé des paroisses de Haiiberg et de Buschdorf, ami de l'auteur et protecteur du couvent des Carmes d' Arlon.
Le P. Pacifique de la Croix nous apprend, dans sa dédicace, qu'il avait, pendant l'espace de trente à quarante ans, évangélisé diverses contrées.
Les détails qu'on vient de lire nous permettent de croire que le couvent des Carmes d'Arlon possédait, au commencement du xviii* siècle, plusieurs hommes recommandables par leur science théologique et leur zèle pour le salut des âmes.
Ceux qui ont lu les sermons du P. Pacifique s'accordent à y reconnaître un vrai mérite.
Vie du vénérable frère Basile du Saint-Esprit (Gaigneur), de l'ordre des Carmes réformés, décédé en odeur de sainteté au couvent de Marche en Famenne (Luxembourg), le 4 janvier 1470; par le R. P. Célestin de Saint- Simon, Provincial du même ordre, édition refondue par l'abbé A. I, D
H. Casterman, Tournai. On y lit:
c Basile ayant appris que ce père (Barnabe de Saint-Paul) revenait du couvent d'Arlon, l'une des dépendances de Marche, lui demanda d'abord si les jeunes étudiants en philosophie de cette maison faisaient des progrès dans les études. Le Père lui répondit affirmativement, et ajouta qu'ils avaient parfaitement soutenu leurs thèses dans la conférence à laquelle il venait d'assister. »
c A Douai .... ce sont assurément les meilleurs entre tous les frères étudiants. »
Le couvent des Carmes n'est plus qu'un souvenir dans la mémoire des
Arlonnais.
A la fm du siècle dernier, comme il advint de beaucoup d'autres propriétés ecclésiastiques, le couvent, sous la domination française, fut réuni au domaine national.
J'ai trouvé, dans les archives de l'Étal à Arlon, quelques documents curieux sur les Carmes h cette époque.
3e jour complémentaire an 4, inventaire dressé par les Français :
Sacristie. Linge et chasubles, etc.
Église. Cinq autels, huit grands tableaux, un bas jeu d'orgue complet.
Bibliothèque. Un tas de livres assez nombreux ne présentant aucun ordre.
Les religieux déclarent que l'armée française les avait dépouillés de toute leur argenterie et de leurs effets les plus précieux.
Leurs revenus consistaient en une multitude de petites redevances, qui se réduisaient, vu la suppression des dîmes, de douze ù treize cents florins et U maldres de grains tant de seigle que d'avoine.
11 y avait aussi des dettes.
Le 3 vendémiaire an V, il n'y avait plus au couvent des Carmes que huit religieux et quatre frères laïcs. Cette réduction était-elle une conséquence des mesures prises par le gouvernement en 1676, ou s'explique-telle par la fuite d'un certain nombre de religieux, après la conquête du Luxembourg par les Français ?
Il résulte d'une lettre du commissaire Jacquier, datée de Luxembourg du 13 nivôse an 5 :
c Que le mobilier des Carmes et des Capucins est de si peu de valeur que leur estimation ne va pas à 300 livres, et qu'au lieu de les transporter à Luxembourg, il serait préférable de les vendre sur place.
c Quant aux tableaux, le plus grand nombre ne sont que des ex voto, trois ou quatre au plus sont capables de fixer l'attention, mais précisément ceux-là portent des marques de la guerre (1). Le commissaire désigné pour la vente les enverra à Luxembourg.
f La maison des Carmes est, depuis la guerre, dans un état de délabrement affreux ; elle a été mise en cet état : \{ par le pillage ; 2° par le placement de l'ambulance. On y a mis une garde de huit hommes. Le bâtiment renferme le magasin de grain et d'avoine, celui du pain pour la distribution journalière et la boucherie militaire. »
(i) C est-à-dire les marques de coups de fusil ou de coups de sabre des soldats français.
On a parlé souvent des grandes richesses des abbayes et des couvents au siècle dernier. Celte opinion n'est pas entièrement exacte pour le couvent des Carmes d' A ri on.
État des biens et revenus des Carmes dressé par le Sr Rob illard, directeur de l'enregistrement du 21 vendémiaire an Y :
Le couvent, l'église, le jardin et dépendances, deux houblonnières. Puis viennent 32 articles, terres, jardins, prairies, denrées.
Les terres, les jardins et les prairies produisaient, en location, 381 florins, 16 sols.
Les denrées que recevaient les pères, par suite de bail, consistaient :
En froment 2 malders
en seigle
id.
6 '/» bichets
en orge
id.
8'/» id.
en métillon
id.
4 id.
en avoine
id.
1 id.
en pois
id.
i id.
en paille
150 bottes.
Les religieux faisaient valoir eux-mêmes :
3 prairies au Hunebour et St-Jean, rapportant, année commune, dix voilures de foin ; 1 étang à Sesselich ; 1 idem à Stockem ; 1 idem chemin de Vance à Habay ; 1 grand idem entre Yillez et Vance ; 1 réservoir au neuf moulin ; 1 haie à Lingenthal ; 7 baies à Sesselich ; 3 haies à Bonnert de 14 à 15 arpents.
(Archives de VÊlal à Arlon.)
En l'an V, en suite d'ordre du ministre des finances, il fut procédé k la vente du mobilier provenant des Capucins et des Carmes.
Plus tard, la république fit vendre les bâtiments et l'église des Carmes.
MM. Thyss et A'Antin achetèrent les bâtiments pour 2000 francs et le mobilier pour 1000 francs. Les bâtiments furent démolis et les matériaux vendus.
Le mobilier a été cédé à M. Gaspar père pour le prix d'achat; celui-ci s'en rendit acquéreur sur les instances du père Anselme de Waltzing, dernier père gardien. Ce mobilier fut dispersé.
Le* cteux petits autels de l'église de Saint-Martin d'Arlon proviennent de l'église de* Carmes. M. Gaspar les vendit avec deux confessionnaux pour 200 francs en 1804. Les stalles du chœur de l'église paroissiale appartenaient également à l'église des Carmes; en cette même année 1804, elles ont été achetées pour deux couronnes.
Le maitre autel a été transporté k Virton et vendu ; il a orné longtemps l'église de Meix-devant-Yirlon ; comme il était trop grand, on l'avait coupé et amoindri. Où est-il maintenant? peut-être dans une église voisine.
L'église des Carmes avait plusieurs statues : quelques-unes conservées se voient dans les églises des Capucins et de Saint-Martin d'Arlon, les autres ont été brisées.
L'église des Carmes était un édifice élevé, à trois nefs de style ogival, garni de plusieurs autels, de huit confessionnaux et d'une chaire à prêcher, avec des statues et de riches ornements. L'ensemble avait un caractère majestueux.
La ville d'Arlon n'avait alors et n'a encore pour paroisse principale que l'église actuelle de Saint-Martin, édifice peu remarquable et devenu insuffisant. Les magistrats d'Arlon pouvaient, avec un léger sacrifice d'argent, conserver l'église des Carmes toute meublée et ornementée, et en faire l'église paroissiale, ou du moins dans la simple vue de laisser debout un bel édifice que recommandaient de pieux souvenirs. Pourquoi ne le firent-ils point? Partageaient-ils l'esprit de spéculation et de destruction de ceux qu'on a appelés la bande noire et dont la pioche a détruit tant de monuments splendides ? On ne sentirait pas aujoud'hui la nécessité de construire une paroisse nouvelle plus ample, plus convenable, comme édifice publie, que l'église dédiée k Saint-Martin, construction différée par manque de ressources et qui le sera longtemps encore.
Le couvent des Carmes fat remplacé plus tard, vers 1816, par une caserne d'infanterie, détruite elle-même par le feu en 1838.
Le terrain est occupé aujourd'hui par les bâtiments de l'Athénée royal et appartient à la ville d'Arlon.