‹ Histoire d'ArlonChapitre 108 sur 139 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La Bienfajsaxice publique.

A diverses reprises, l'autorité s'était occupée, dans le Luxembourg, de pourvoir aux besoins des classes nécessiteuses.

Elle avait d'abord commencé par faire la chasse aux mendiants valides, aux fajDéants, aux vagabonds, aux égyptiens, aux gens sans aveu. De nombreuses ordonnances édictées entre 1539 et 1789, les punissaient de peines très-sévères et pourvoyaient à la sûreté des grands chemins et à la tranquillité des habitants.

Quant aux personnes du Pays réellement pauvres, diverses mesures les ré

Ordonnance éhi 7 ocîobre 15S1. Les pauvres ne peuvent quitter leur domicile pour s« fixer dans un aulr4\ Pour l'entretien des pauvres malades et autres, on placera, dans chaque église, des troncs pour recevoir les aumônes secrètes. Un honame du lî^u, choisi parmi les officiers Pt g<*ns de loi, se rendra devant les maisons, une fois par semaine, pour demander l'aumâne en faveur des pauvres. Les pauvres vivant d'aumônes seroot tenus d'avoir une marque.

Ordonnance du i^jutUcl 1599. Les personnes léellement pauvres peuvent mendier dans le lieu de leur résidence Les paroisses sont obligée^ de leur donner les secours nécessaires et de pourvoir :i leur entretien.

Ordonnances du H janvier i7S4, lÀjuilkt 1740» 14 décembre 1765. Le soin et les moyens de pourvoir aux besoins des nécessiteux sont laissés aux curés^ aux maîtres des pauvres et aux magistrats qui ne pourront exiger aucun salaire.

Ordonnance du 10 septembre 1781. Le Conseil provincial décide que, en cas d'épidémie, les communautés d'habitants sont t( nues de donner les secours nécessaires et de fournir les médicaments anx malades (I).

(i) On retrouve les mêmes dispo5itioi)9 dans les lois moderuès* a L*a4ipioi9tralioii doit prendre toutes les précautions possibles pour éviter ou arrêter les épidémies (Loi du i6a4 août 1790, tit. 3, art. S).

i^50 HiSTOmi d'arlon.

Ces mesures étaient excellentes sans doute, mais que pouvaient-elles produire dans un pays pauvre, ruiné par les seigneurs, par les guerres, par les pestes et les épidémies ? Le résultat était nul, ce qui le prouve, c'est la fréquence des ordonnances sur le même sujet.

Heureusement, ce qui a toujours sauvé le Luxembourgeois dans les mauvais jours, c'est sa sobriété, le peu de besoins qu'il ressentait, son amour du sol, sa soumission, sa résignation ; ce qu'il le sauvait encore dans one position intolérable pour d'autres, ce sont les secours qu'il trouvait dans les biens communaux, dans des droits d'usage concédés par les seigneurs : le pâturage pour sa chèvre, sa vache, ou son porc, un lot de terrain pour une culture annale, du bois pour sa maison, du bois pour son chauffage, du bois pour ses instruments de culture.

Les pauvres étaient mieux secourus dans quelques établissements locaux, tels que l'hôpital d'Arlon dont je parlerai bientôt plus au long, celui de Bastogne, ceux de Bouillon, dont le plus ancien a été fondé en 1330, l'hôpital de la Hesse, près de Durbuy, l'hôpital saint Nicolas k Uroche, celui de Marche et celui de Virton ; en outre, un hôpital érigé près de l'abbaye de S^ Hubert, sous l'invocation de S^ Eloy. Mais ces hôtels des pauvres malades, trop peu nombreux pour un territoire aussi vaste que le Luxembourg, n'avaient qu'une influence locale assez restreinte. Etablis d'ailleurs par la bienfaisance privée, leurs revenus étaient insufflsants.

Il y avait aussi des œuvres charitables et des aumônes fondées auprès de couvents qui en avaient la libre disposition et faisaient des distributions à des jours fixes dans la semaine. Les secours, plus ou moins considérables, consistaient en pains, en soupes et quelquefois en argent, souvent en bois et en médicaments. Us étaient distribués k la porte des monastères.

Les aumônes de toute nature les plus fréquentes et les plus abondantes se faisaient k l'abbaye d'Orval.

A l'abbaye de S^ Hubert, outre des aumônes en nature, on distribuait annuellement environ 1100 florins.

Les mendiants valides, habitant la localité ou venus de trois lieues au plus, prenaient part k ces aumônes aux portes des couvents. Les vieillards, les malades, les infirmes, qui ne pouvaient se déplacer, étaientrils également secourus? Aimons k croire qu'aucune infortune, autour de ces maisons hospitalières, n'était sans consolation, sans aliments.

On a peu de documents sur les établissements de bienfaisance d'Arlon.

On a pu remarquer dans les deux passages cités de BerkU et de Guil-

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BIENPAI8ANCB PUBUQUB. tt51

laume Wiltheim^ k roccasion de la paroisse de S^ Martin, que, sur remplacement occupé par l'église et le presbytère, il y avait anciennement un petit couvent tenu par des sœurs et oii les malades étaient reçus et soignés. Cet établissement avait été ruiné par les guerres, lorsque, en 1571, sa chapelle qui avait été conservée, fut agrandie et devint l'église paroissiale S^ Martin actuelle.

Dans les notes que nous ont laissées des annalistes, on voit que, lors du sac de la ville d'Arlon, en 1558, l'hôpital Tut détruit. De quel hôpital était-il question ? Est-ce de l'hôpital tenu par les petites sœurs ou de tout autre bâtiment qui l'aurait déjà remplacé ? Dans ce cas, où était situé cet hôpital ?

On rapporte également que. dans le grand incendie de 1660, l'hôpital fut encore brûlé. Où était-il placé ? Etait-ce au même endroit où était bâti l'hôpital détruit en 1558?

Enfin, les relations de l'incendie de 1785 disent que l'hôpital fut épargné. Où était son emplacement?

Il s'agissait de bâtiments situés dans l'intérieur de la ville.

Les documents suivants jetteront un peu de jour sur ces questions.

En 1435, il y avait â Arlon un hôpital de Sainte Catherine. C'est ce qui résulte de renonciation suivante d'actes portant vente d'un moulin k Viville :

1tô5, 8 juin. Michel de Tuntlingen, maire à Âldenhoven et son coécbevîn font savoir qu'à la demande de GgillauDie Scheuffcrs. échevin à Arlon, mambour de l'hôpital sainte Catherine à Arlon, le moulin de Wolckrad a été adjugé à Arnold d'Aldenhoven.

Par un autre acte du 8 mars 1457, Clauss Heck doyen à Arlon et Huwart de Septfon laines^ administrateurs de S<* r;alherinc et de l'hôpital d'Arlon, font savoir qu'en leur dite qualité, ils ont relaissé perpétuellement à Bartel le boulanger et à sa femme^ le moulin sis à Wolckradt, mairie d'Aldenhoven, avec dépendances, poL*r un cens annuel de 3 fl. du Rhin.

An 1464, 1«r avril. Martin de Gitzingen, Meyer Peter de Tontelingen et Conrad de Richembach, échevins, formant la justice d'Aldenhoven, font savoir que Barthel, le boulanger, bourgeois à Arlon, Marichen sa femme, Clesgin, le boulanger, leur fils, Stadelers Entlen d'Arlon et Junrhen, sa temnie, ont vendu à Philippe, duc de Bourgogne et de Luxembourg, le moulin dit de Wolckeradl, avec l'étang y appartenant, dans la mairie d'Aldenhoven, et dépendances, accensés jusqu'ici à l'hôpital de Ste Catherine à Arlon, pour 3 fl. du Rhin. La vente est faite pour un prix de 75 fl. du Rhin, reçus de la part du duc des mains de Pierre de Totterait^ cellerier à Arlon (1).

(i) Arch. Gouvt. Luxbg. Copies des titres, vol. IV^ iol. 488.

KSI mSTOlRB d'arlon.

Sttivdnt arrêt du Conseil d*État de Fronce du 28 mai 1686, il était payé a« maître de l'hôpital d'Arlon, pour la rétribution de pains aux pauvres paasanU S maldres d'avoine à prendre sur le terrage de Clemenci (1),

Extractuft ex actis visitatoriis archiepiscopalibus de anno 171$, p. 151 etlOd, passus concernantes Ariunum :

A. 1712 die 20 may. Pastor modernus dominus Joannes Paulus Meyer, coufraternitas Stse Catharinae, quse est hospitalis, babet in reditibus trecentos florenos aureos monetae luxemburgensis. Florenus copnputatqr pro vigenti octo assibus. Pastor lenetur eatenus cantare vigenti quinque roissas, inde salariuro accipiendo; sexta registra reliquum eccieslae et pauperibus applicatur annue.

In hospitall pauperes habent hospitium et ignem. Si inflrnii ftierint, necessarla accipiunt. Habet domum cum horto, etc.

Pro fidell exlraetu Treviris die 28<> martij 1779 (Signé) Pierson, eononfcus prothonotarius apostolicus et secretarius (2).

On Ut également dans le compte du receveur du domaine ^ Arlon, de 1752, qu'une rente de céréales en nature était délivrée p%r )e domaiae à l'hôpital de Sainte Catherine.

On rencontre encore cette mention dans le règlement du 2 ^m\ 1764 sur l'administration de la yille d'Arlon :

fi Le mambQur de la confrairie de Sainte Catherine aura ^ apécifier dans ses comptes chaque legs ou fondation, en séparant par chapitre le revenu propre à la confrairie et celui propre k Vhôpital (art. 23) > (S).

fi) Archives de Luxembourg, Gart. dom. f. 96a v*.

(1) Arch. Luxembourg, OrîgÎDal en parchemin.

(3) Trouveraît-on l'orîgine de Tbôpital d'Arlon dans Textrait suivant 4'un rappçrtsur les institutions de bienfaisance dans la province de Luxembourg dans le xviii* siècle, par M. Noblora, archiviste à Arlon. Annales de Tinstitut archéologique, tome 5, p. ii9(i8S2i853).

D Une notice d'une écriture ancienne et plusieurs lettres de 1686, reposant aux archives, font connaître que la ville d'Arlon av^it fait, avec Tabliaye de Glairefontaine, l'échange d'un terrain situé près de cette ville, et sur leauel a été élevé, aux frais des bourgeois, un bâtiment pour y loger les ladres ou, en temps de contagion, les pestiférés. Des aumônes n'ont par tardé » y être fondées. Anne de Keencmich, dame de Ouirsch,a légué un florin d'or par an et un demi pain par semaine. Un nommé M. Greisch a fait donation de quatre chariots de bois annuellement. Deux autres voitures de bois avaient été léguées on ne voit pas par qui, et cinq pains étaient accordés par semaine par les dames deTabbaje de Glairefontaine.

9 Ces ressources étaient sans doute bien insuffisantes aux besoins de l'hôpital ; elles ont été augmentées du produit des collectes faites au domicile de chaque habitant de la ville, tvus les dimanches. Ces collectes se faisaient par les chefs de ménage, et à tour de rfUf , sauf ceux qui en étaient affranchis.

x> Une chapelle avait été ajoutée à l'hôpital.On y célébrait le service divin pour la paroisse

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BIENFAIBANGB PUBLIQUE. 593

L'bdpital d'ArlOB reparait dans une correspondanee de 1789, mais tout porte à croire qu'il a été transféré dans an autre bâtiment auquel des réparations considérables ont été faites ^ la fin du siècle dernier, de manière h pouvoir y placer une douzaine de lits.

La confrérie de Sainte Catherine, supprimée par l'ordonnance du 8 avril i786, et remplacée, avec les atitres confréries, par celle de P Amour actif du prochain^ a fourni l'occasion d'augmenter les ressources annuelles de cet hôpital administré par des proviseurs et où le curé d'Arlon a dû être placé pour y maintenir la discipline et le bon ordre {Rappàri de M. Noblofn^ dlé).

Une correspondance s'est engagée à ce sujet :

Lettre du curé d'Arlon du 17 sept. 1788 (I).

• La fondation du Uosaire a été établie par M"« de Betlenboven et elle demande, dans sa fondation, que ses titres ne soieni pas mêlés avec ceux de la confrérie. Les deux autres confréries ont été fondées de différentes fondations particulières réunies en une seule, pour, par ce moyen, pouvoir attacher quelques prêtres à la paroisse. Delà ils sont obligés d'assister le curé dans ses fonctions pour le confessional, les malades, etc. Mais ils so«t amovibles ad ntUum des proviseurs. Pour la messe du Rosaire, c'est M. de Gerden ; pour les deux autiTes, le curé^ le prévôt et l'ancien des synodaux. >

Lettre de M. J. N. Schlim. curé d'Arlon, du 30 ao&t 1788.

c On n'a pu obtenir Tinventaire de la confrérie de S^* Catherine du S' N, Haasroan, baumaitre de la ville, ancien mambourg de cette confrérie; il gère sans vouloir |)&yer les anniversaires, sa raison est que l'hôpital est entreteau de cette condrérie qui ne tombe pas sous l'ordonnance.

Membres de la nouvelle confrérie : sont chefs :

N. Rech, not. prcfet;

Augustin Schwar!/, marchand, et N. Biggel, apothicaire, assistas!, choisis par plus de 40 confrères le 9 mai 1787. >

Rapport de M. du Rieux du 2i septembre 1788.

« La confrérie de N. D. des sept douleurs n'a été fondée que sur les oITrandes reçues à des jours indiqués.

le mardi de Pâques, et les offrandes, reçues par un cenlcnier de la ville, ëuleot employées & Tentretieà de celle chapelle el de la matadrerie.

» De sou côlé, le cuufrërie de S*« Calhérine contribuait également pour une part dans les secours nécessaires.

a Cesl à la ville qu'appartenait l'administration de Téublisseraent. Les Saumeister rendaient annuellement compte des recettes et des dépenses. »

(O Les pièces qui suivent ont été extraites des archives de l'État à sérlon.

c Les revenus annuels des six confréries montenl à 1420 florins 8 sous 6 Ve deniers au cours de celle province el les charges el déboursemenls ordinaires el qui subsislent encore vonl à 1058 fl. 43 sous 7 deniers, en sorle que les revenus clairs el nets se réduisent à d6i fl. 14 sols 11 Vc deniers, si les charges, qui consislenl en grande partie en anniversaires, doivent subsister et ne peuvent être appliquées au soulagement des pauvres.

Confréries supprimées à Arloni

Celle des Trépassés 615 5 0

Outre cela trois jardins dont le revenu n'est pas spécifié 6 15 0

en 0 0

Pour les deux messes, Tune i dix et l'autre à 12 sols dont on dit que celte confrérie était chargée 458 8 00

Celle du Rosaire 541 2 0

Anniversaires 144 11 7

Sermons aux Capucins 7 0 0

Pour messe journalière, lesmarguillers, l'organiste, etc. etc. 260 48 00

Celle du Scapuhire

Anniversaires, processions et rente due aux Carmes

Celle de St-^ébaslien Anniversaires, procession, luminaire

Celle de Ste-Anne

En anniversaires et luminaires

Celle de Si-Adrien et Nathalie En afiniversaires.

Celle de Notre Dame des sept douleurs

164 0 lO'/a

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