‹ Histoire d'ArlonChapitre 32 sur 139 · V. Le moym^ûge · texte numérisé non relu

V. Le moym^ûge

Les règlements de Charlemagne concernant les écoles continuèrent d'être exécutés sous Louis-le-Pieux et sous Charles-le-Chauve. En 853 et 855, des conciles invitèrent les évéques à s'occuper des écoles destinées à l'enseignement des lettres divines et des lettres humaines, et imposèrent aux curés l'obligation de tenir école dans leurs presbytères.

Le démembrement de l'empire de Charlemagne produisit un cataclysme universel pour les études ; vers la fin du neuvième siècle^ l'église à peu près seule avait des écoles, un enseignement, des institutions scientifiques (3).

Dans les cours du \^ et du \i^ siècle, le mouvement vers les études, commencé en 950, sous l'évêque Eracle, avait été contiuué sous Notger en 971 : il y avait à Liège, dès le xi® siècle, des écoles d'internes pour les clercs et d'externes pour les laïques, ainsi que des petites écoles. Toutes étaient célèbres à cette époque et très-suivies.

Dans les monastères du diocèse, l'enseignement ^ tous les degrés était également établi (4).

(i)Idein, p. 77.

(1) M. Léon Lebon p. 97.

(3) M. l<ëon Lebon, p. 108.

(4) M. Léon Lebon, pp. 120, lai.

230 HISTOIRE D*ARL01f.

L'instruction à S^ Hubert acquit une certaine célébrité de i055 k 1086.

A Tabbaye de S^ Hubert, il y avait également deux écoles, une intérieure pour les moines, une autre extérieure pour les séculiers.

Les maîtres étaient chargés d'enseigner les lettres et les sciences tant à Textérieur qu'à l'intérieur.

On trouvait parmi les moines, des littérateurs^ des érudits (1), des écrivains qui copiaient et reproduisaient les vieux manuscrits ; d'autres qui les ornaient et les enluminaient ; des graveurs sur bois et sur pierres fines ; des peintres, des calculateurs habiles, de savants musiciens, un maitrechantre, un organiste, un bibliothécaire.

On y étudiait donc les lettres, les beaux-arts, le dessin, la peinture, la ciselure et la musique.

Il est sorti des écoles de S^ Hubert des hommes très-marquants pour cette époque.

On trouvait encore a cette abbaye tous les corps de métiers nécessaires à une grande i'amille du moyen-âge et à une vaste exploitation rurale, métiers exercés en partie par les serfs dépendants du monastère.

L'abbaye d'Orval avait offert un pareil spectacle.

L'étude n'y était pas moins en vigueur, nous en avons une preuve dans l'ouvrage que Dom Gilles, originaire de Liège et religieux d'Orval, nous a laissé ; il est intitulé : Les Gestes des Évêques de Tongres, de Maestricht et de Liége^ ouvrage rempli d'une certaine érudition, d'autant plus estimable, qu'elle n'était pas commune au treizième siècle et nous avons obligation au savant Chappeauville, chanoine et vicaire-général de Liège, de l'avoir tiré de la poussière des bibliothèques pour en faire part au public.

L'auteur commence par les saints Euchaire, Valère et Materne, disciples de saint Pierre et fondateurs des églises de Trêves, de Cologne et de Tongres. Il continue par une succession non interrompue des évéques jusqu'à l'année 1251.

A part peut-être une trop grande crédulité sur l'article des miracles et quelque inexactitude sur plusieurs faits, défauts qui retombent plutôt sur les mémoires qu'on lui fournissait, son histoire est très-estimable et répaod de grandes lumières sur les événements de son temps, aussi bien que sur les deux siècles antérieurs. On y trouve un détail circonstancié des guerres, des batailles et des sièges, de même que les noms des seigneurs qui y ont pris part, ce qui sert infiniment à faire connaître les familles de ces époques.

(i) Le Cantatorium de St Hubert, écrit vers la On du onzième siècle, est rédigé en la lin avec beaucoup de purelé et d'élégance.

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l'instruction publique. tSi

Après l'émancipation des communes dans riotërieur de la Belgique, pendant la première moitié du xiii^ siècle^ il y avait, dans les villes, les écoles cathédrales pour l'instruciion des clercs ecclésiastiques, et pour les laïques, de grandes écoles chapitrâtes ou municipales pour la bourgeoisie et les petites écoles dites écoles des pauvres.

A la campagne, les écoles presbytérales étaient maintenues plutôt de nom que de fait (1).

Que se passait-il dans le Luxembourg ?

Les premières traces d'école qu'on y rencontre remontent à Henri l'Aveugle, qui accorda aux religieux de Munster le privilège d'instruire la jeunesse de la ville de Luxembourg : aucune école ne pouvait s'ouvrir sans leur permission (2).

Dès i225, l'archevêque de Trêves avait déclaré que nul, \k Luxemboui^, ne pouvait ouvrir une école sans la permission de l'abbé de Munster.

Dans une charte d'Ermesinde de 1331, la comtesse reconnaît que, du consentement de ses prédécesseurs et du sien, les moines de Munster avaient le droit d'ouvrir et de surveiller les écoles.

Henri H, comte de Luxembourg, défendit également, en 1:249, aux habitants de la ville, d'envoyer leurs enfants dans des écoles non autorisées.

Ainsi, on rencontre k Luxembourg, dès la fin du xu^ siècle et au commencement du xiii<^, des écoles placées sous la direction du clergé.

Qu'en était-il ailleurs dans le comté de Luxembourg, dans celui de Chiny, dans le marquisat d'Arlon ?

Le concile de Trêves de 1238 avait ordonné aux curés et aux vicaires ayant huit marcs d'ai^ent de revenu, d'entretenir un maitre d'école lettré pour les servir dans leurs offices et sans doute pour instruire les enfants.

Lettré, ce qui veut dire peut-être sachant lire.

Malgré cette prescription jusqu'au xvi^ siècle, on ne trouve aucune trace d'établissements destinés k l'instruction du peuple, si ce n'est a Luxembourg. C'est seulement dans le dénombrement des feux de 1540, qu'il est fait mention de maîtres d'école résidant dans plusieurs localités du plat pays.

VL Les ducs de Bourgogne.

Au commencement du xv^ siècle et sous les ducs de Bourgogne, on rencontrait, en Belgique, dans les centres d'habitations agglomérées, des

(i) M. Léon Lebon, pp. i65, i66.

U) Bertholet, toro. IV, p. 278.

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281 aiSTOlRB D'ARLOM.

écoles religieuses, des écoles communales et des écoles libres. L'instruction se développait k tous les degrés, en même temps que le bien-être dû k l'industrie et au commerce ; c'est l'époque des chambres de rhétorique, celle d'écrivains et d'historiens célèbres.

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