‹ Histoire d'ArlonChapitre 38 sur 139 · IX. Gouvernement de la France · texte numérisé non relu

IX. Gouvernement de la France

La révolution française mit k néant tout l'ancien système d'instruction. Un décret du 19 décembre 1793 proclama la liberté de l'enseignement et l'instruction fut déclarée obligatoire pour tous. Nombre d'essais pour organiser un enseignemenl furent tentés.

Enseignement primaire.

Voici ce qu'écrivait un instituteur entré dans l'enseignement vers 18<2: c A l'époque de l'avènement de Napoléon I®% le pays était dans une espèce de barbarie; le culte était aboli et les prêtres persécutés et dispersés; il n'existait presque plus d'établissement d'instruction primaire.

c Depuis l'assemblée des États généraux jusqu'à la chute de l'empire, qu'a-t-on délibéré en France en faveur des instituteurs primaires? Condorcet se souvint d'eux à la tribune et déclara leurs fonctions respectables. Le député Lakanal les gratifia d'une médaille portant ces mots : V instituteur est un

(i) M. Léuii Lehoa, page 34 1.

(3] Extrait du rapport sur l'instructiou pukHque en HoUande, par M. Victor Guiisin.

Qoo^<z

sec<m4 pare- Or, souvent ce «ecopd père, paré de la Qoble macription, hittait avec la Taim et eut préféré à la fastueuse plaqqe le plus chétif assignat,

< Ou multiplia les décrets sur les rapports de Chénier^ de Barrère^ dé Bouquier ; après celui-ci, il en fallut encore sur les rapports de Lakanal et de Daunou. A la suite de ces décrets, Tœuvre de renseignement primaire fat reprise sous le Directoire : le Consulat eut encore à s'en occuper et l'Empire dut aussi y mettre la main. »

Toutes ces mesures n'ont été que des jalons plantés à de grandes distaices, conduisant k un désert. En effet, elles n'aboutirent à rien, parce qu'elles étaient toujours partielles, supplémentaires et jamais fondatrices.

Prenons la loi du il floréal an X. Les instituteurs n'avaient droit k aneao traitement des communes, pas même pour l'instruction des enfants ifidigents; ils ne devaient recevoir, pour tout salaire, que les rétributions à fournir par les parents et un logement par la commune. C'était bien peu et cependant la loi ne fut pas même exécutée.

 la fin de l'an XIII (i805), le préfet du département des forêts, écrivant au Ministre de l'Intérieur au sujet de la situation du nouveau système des poids et mesures, disait que la plupart des instituteurs ne savaient que lire, écrire et enseigner le cathéchisme.

Plus tard, parurent les décrets impériaui du 17 mars 1808 et du 15 mars 1811 sur l'université de France.

Les écoles primaires pour apprendre k lire, à écrire et les premières notions du calcul, étaient placées sous la surveillance de l'Université. Des écoles normales furent créées afin de former des maîtres assez éclairé^pôur communiquer facilement et sûrement les premières connaissances nécessaires Il tous les hommes. Le décret de 1811 ne s'occupa des écoles primaires que pour se borner k dire que, jusqu'à ce qu'il ait été ultérieurement statué sor les moyens d'assurer et d'améliorer l'instructian primaire, les préfets continueront k exercer leur surveillance sur ces écoles et le grand uaitre continuera d'instituer les maîtres.

Quelle pouvait être la situation de l'enseignement primaire dans nos Ardmnes k la fin de l'empire français ?

Dans la plupart des localités, on engageait, au meilleur marché possible, an homme sachant peu, qui se chargeait, de la Toussaint k Pâques, d'enseigner k lire, k écrire, une sorte de calcul pratique et le catéchisme ; et encore ce programme n'était pas celui de toutes les écoles. Dans un grand nombre, l'enseignement se bornait k la lecture, k un peu d'écriture et au catéchisme.

Googh

Pour tout salaire, cet homme recevait de 15 k 20 frs. par mois payés parfois en denrées ; il avait, en outre, le droit d'aller, k tour de rdle, de maison en maison, pour recevoir sa nourriture, k côté du pâtre ou du porcher de la commune.

L'année suivante, k Tissue de la messe paroissiale, un peu avant la Toussaint, si Ton trouvait un maître k meilleur marché, l'autre était éconduit ; il rentrait dans la vie privée et devenait, pendant l'hiver, ou bûcheron ou batteur en grange.

Quant aux capacités, on exigeait peu de ces soi-disant instituteurs; il y en avait qui savaient k peine lire; un homme qui avait une bonne voix pour chanter k l'église, était considéré comme un très-bon maître d'école.

Alors aussi c'était le règne de la méthode individuelle pure; les livres de lecture étaient un Ange conducteur^ la Clef du cabinet et même un Almanach. Les enfants les plus instruits sortant de ces espèces d'écoles, allaient achever leur instruction chez les curés qui, k cette époque, ont rendu de grands services k l'enseignement primaire.

On avait construit quelques salles d'école, mais peu convenables, le mobilier classique était nul. A la fin de l'empire, la plupart de ces bâtiments mal entretenus tombaient en ruine.

Enseigneme^it moyen et supérieur,

La loi du 3 brumaire an IV créa des écoles centrales dans les chefs-lieux de département.

Le décret d'organisation de l'Université impériale (17 mars 1808) établit les facultés, les lycées, les collèges communaux, les institutions privées, les pensionnats appartenant k des particuliers.

Dans le département des forêts, la ville de Luxembourg eut un collée de quelque importance ; quinze autres écoles k ériger successivement, devaient porter le titre d'institutions ou pensionnats, sans doute k Bouillon, k Virton, k Marche,, peut-être k Arlon.

Les facultés embrassaient le haut enseignement des lettres, des sciences, du droit et de la médecine.

Page 1